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Guide

Assurances à prévoir pour la création d'une entreprise en Suisse

Raison individuelle, Sàrl ou SA : quelles assurances prévoir quand on crée son entreprise en Suisse ? Un parcours chronologique, de l'affiliation AVS à la prévoyance de l'indépendant, avec l'exemple d'un graphiste qui engage.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre d’assurance.

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Dans cette page
  1. Le parcours d'une création en un coup d'œil
  2. Choisir sa forme juridique : ce que cela change pour les assurances
  3. Étape 1 : s'annoncer à la caisse de compensation AVS
  4. Étape 2 : protéger les biens de l'entreprise
  5. Étape 3 : couvrir la responsabilité civile
  6. Étape 4 : engager du personnel, le tournant des obligations
  7. Étape 5 : organiser sa propre prévoyance d'indépendant
  8. Exemple : un graphiste qui se met à son compte et engage un premier employé
  9. Cas particuliers à examiner
  10. Check-list de création
  11. Les pièges fréquents
  12. Comment comparer sans se tromper
  13. Questions fréquentes

Les assurances d'une création d'entreprise en Suisse ne se choisissent pas toutes le même jour, et c'est précisément ce qui rend le sujet déroutant. Certaines sont dictées par la loi dès que l'activité démarre, d'autres deviennent obligatoires seulement le jour où vous engagez quelqu'un, d'autres encore relèvent de votre appréciation du risque. Ce guide suit l'ordre réel d'une création, qu'il s'agisse d'une raison individuelle, d'une Sàrl ou d'une SA : d'abord s'annoncer aux assurances sociales, puis protéger le personnel, ensuite les biens et la responsabilité civile, enfin votre propre prévoyance.

L'objectif n'est pas de vous faire tout souscrire, mais de distinguer l'obligatoire (la loi) du facultatif (le contrat), de vous montrer où les oublis coûtent cher et de vous donner les questions à poser avant de signer. Ce texte est une information générale : la bonne réponse dépend de votre branche, de votre canton, de votre forme juridique et de votre équipe.

Le parcours d'une création en un coup d'œil

Avant le détail, voici la chronologie. Elle sert de fil rouge : à chaque étape, une assurance ou une démarche à traiter, et un renvoi vers la page qui l'approfondit.

Les étapes d'une création et l'assurance à traiterChoisir la forme juridiqueRaison individuelle, Sàrl ou SA, avec desconséquences sur la prévoyance et laresponsabilitéS'annoncer à la caisse de compensationAffiliation AVS de l'entreprise et del'indépendantPrévoir les couvertures des biensChoses, inventaire, éventuelle interruptiond'exploitationCouvrir la responsabilitéRC d'entreprise et, selon le métier, RCprofessionnelleEngager un premier employéAccidents, perte de gain maladie, caisse depension, allocations familialesOrganiser sa propre prévoyancePilier 3a, perte de gain individuelle, accidentfacultatifRevoir chaque annéeAdapter sommes assurées, effectif et contrats àl'évolution de l'activité
Les étapes d'une création et l'assurance à traiter

Cet ordre n'est pas figé : un artisan qui travaille chez ses clients pensera à la responsabilité civile avant les biens, et une société qui démarre avec des salariés traitera le personnel dès le premier jour. Mais le fil reste le même : on s'occupe d'abord de ce que la loi impose, puis de ce qui protège la survie de l'entreprise.

Choisir sa forme juridique : ce que cela change pour les assurances

Raison individuelle, Sàrl ou SA : le choix se fait surtout pour des raisons de responsabilité, de fiscalité et d'image. Il a pourtant des conséquences directes sur les assurances, parce qu'il détermine si vous êtes considéré comme un indépendant ou comme un salarié de votre propre société.

Dans une raison individuelle, vous et l'entreprise ne faites qu'un : vous répondez de vos dettes sur l'ensemble de votre patrimoine et vous n'avez pas de caisse de pension obligatoire. Dans une Sàrl ou une SA, la société est une personne juridique distincte. Si vous en êtes aussi salarié, vous êtes en principe soumis aux règles du personnel, comme n'importe quel employé de l'entreprise. Selon les cas, cela ouvre ou ferme des portes : couverture accidents obligatoire, affiliation à une caisse de pension, indemnités journalières.

Point à vérifier Raison individuelle Sàrl ou SA
Statut du dirigeant Indépendant Souvent salarié de sa société, parfois indépendant selon la situation
Affiliation AVS Comme indépendant, à titre personnel Société comme employeur ; dirigeant selon son statut
Assurance accidents du dirigeant Facultative, à organiser soi-même Souvent obligatoire s'il est salarié
Caisse de pension (LPP) Pas d'obligation pour l'indépendant Obligation pour les salariés qui atteignent le seuil légal
Responsabilité financière Illimitée, sur le patrimoine privé En principe limitée à la société, avec des exceptions
Assurances de choses et RC Souscrites à titre personnel Souscrites au nom de la société

Le statut exact d'un dirigeant (indépendant ou salarié) est examiné par la caisse de compensation sur la base de la situation concrète, pas de l'étiquette que vous choisissez. Il vaut la peine de clarifier ce point tôt, car il décide de la moitié des assurances qui suivent. Pour un panorama plus large de ce qui s'applique à chaque statut, consultez le guide sur l'assurance pour indépendant en Suisse et la page sur les assurances obligatoires d'une entreprise.

Étape 1 : s'annoncer à la caisse de compensation AVS

C'est la première démarche et la plus souvent négligée, parce qu'elle ressemble à une formalité administrative plus qu'à une assurance. Pourtant, l'AVS est le socle de votre protection : elle ouvre les droits à la rente de vieillesse, à la rente de survivants et, avec l'AI, à la couverture en cas d'invalidité.

Dans quelle caisse s'affilier ?

La loi distingue deux grandes situations. Les employeurs et les indépendants qui sont membres d'une association fondatrice d'une caisse de compensation sont affiliés à la caisse de leur association professionnelle. Si vous êtes membre à la fois d'une association professionnelle et d'une association interprofessionnelle, vous choisissez l'une des deux caisses.

Les employeurs et indépendants qui ne sont membres d'aucune association fondatrice sont affiliés à la caisse de compensation cantonale. Il s'agit de la caisse de votre canton de domicile ou du canton dans lequel l'entreprise a son siège. La règle vaut aussi pour les personnes sans activité lucrative et pour les salariés d'un employeur qui n'est pas soumis à l'obligation de cotiser.

Deux principes pratiques à retenir :

  • vous ne pouvez être affilié qu'à une seule caisse de compensation, et les succursales rejoignent la même caisse que l'établissement principal ;
  • l'affiliation de l'employeur à une caisse entraîne celle de tous les employés pour lesquels il doit payer des cotisations.

S'annoncer : à quel moment ?

Les employeurs, les indépendants et les personnes sans activité lucrative qui ne sont pas encore affiliés doivent s'annoncer auprès de la caisse de compensation cantonale. À cet endroit, la loi ne fixe pas de délai précis, ce qui ne signifie pas qu'on peut attendre : tant que vous n'êtes pas annoncé, les cotisations ne sont ni fixées ni facturées correctement, et un retard se traduit par des rattrapages et des complications. La règle de bon sens est de vous annoncer au moment où l'activité commence, ou avant l'engagement du premier salarié.

Comment cotise un indépendant ?

Les indépendants paient leurs cotisations chaque trimestre, sous forme d'acomptes. Le montant se calcule sur le revenu de l'activité indépendante. Pour déterminer ce revenu, on déduit du revenu brut les frais généraux nécessaires, les amortissements admis, les pertes commerciales comptabilisées et l'intérêt du capital propre engagé, entre autres éléments prévus par la loi.

Deux conséquences concrètes pour une création :

  • la première année, la caisse se base souvent sur une estimation, puis régularise quand les chiffres définitifs sont connus ; prévoyez une réserve pour une éventuelle correction ;
  • si vous peinez à payer, la caisse peut accorder un sursis, à condition que vous rendiez vraisemblables vos difficultés financières et que vous vous engagiez à verser des acomptes réguliers, avec un premier versement immédiat. Ce sursis tombe de plein droit si vous ne respectez pas les conditions de paiement.

Notez aussi que ceux qui n'exercent pas durablement une activité à plein temps peuvent être traités comme des personnes sans activité lucrative lorsque leurs cotisations, ajoutées à celles de leur employeur, n'atteignent pas la moitié de la cotisation due. Un lancement en parallèle d'un emploi salarié mérite donc un examen attentif de votre situation.

Le compte individuel : pourquoi tout se joue là

Un compte individuel est établi pour chaque assuré tenu de cotiser. Les revenus sur lesquels l'employeur a retenu les cotisations y sont inscrits, même s'il ne les a pas versés à la caisse. C'est protecteur pour l'employé, mais cela ne vous dispense pas de payer : le défaut de versement reste de votre responsabilité d'employeur. Les employeurs ont d'ailleurs l'obligation d'inscrire de manière continue les salaires et les autres indications exigées par la tenue des comptes individuels. Une comptabilité salariale propre dès le premier mois évite des reconstitutions pénibles. Pour comprendre la mécanique d'ensemble, voyez le guide sur l'AVS et le premier pilier.

Étape 2 : protéger les biens de l'entreprise

Une fois les affiliations faites, vient la question des biens : local, machines, ordinateurs, marchandises, stock. Ici, rien n'est imposé par la loi sur le plan fédéral, sauf cas particuliers liés au bâtiment ou à votre bail. Le choix relève du contrat, donc de votre analyse du risque.

Assurance de choses

L'assurance de choses couvre le patrimoine de l'entreprise contre les événements usuels : incendie, dégâts d'eau, vol avec effraction, bris, éléments naturels, selon les modules choisis. Chaque contrat définit ses événements et ses exclusions : la liste est le premier critère de comparaison. Détaillez le contenu des garanties dans la page sur l'assurance de choses d'entreprise.

Inventaire et somme assurée

Le piège principal est la sous-assurance : si la somme assurée est inférieure à la valeur réelle des biens, l'assureur peut réduire l'indemnité proportionnellement. Au démarrage, les entrepreneurs sous-estiment le matériel, les stocks et les aménagements. Dressez une liste simple, pièce par pièce, et précisez si vous assurez à la valeur à neuf ou à la valeur actuelle : la différence peut être importante après un sinistre. Pour vous y aider, consultez la page sur l'assurance de l'inventaire d'entreprise et le calculateur de somme assurée pour l'inventaire.

Interruption d'exploitation

Un incendie qui détruit un atelier ne coûte pas seulement le matériel : il stoppe les revenus pendant la remise en état, alors que les charges fixes continuent. L'interruption d'exploitation couvre cette perte, selon les conditions du contrat. Elle est facultative, mais elle compte pour une activité qui dépend d'un local ou d'une machine précise. La page Interruption d'exploitation explique ce qui est pris en charge, et la comparaison assurance choses ou interruption d'exploitation aide à trancher.

Étape 3 : couvrir la responsabilité civile

Dès que vous avez des clients, vous pouvez causer un dommage : un outil qui tombe, un conseil erroné, un produit défectueux. La responsabilité civile (RC) prend en charge les prétentions de tiers justifiées et contribue à repousser celles qui ne le sont pas.

RC d'entreprise et RC professionnelle : deux logiques

La RC d'entreprise répond aux dommages corporels et matériels causés à des tiers par l'exploitation : un client qui glisse dans votre local, un dégât causé chez lui par un collaborateur. La RC professionnelle vise surtout les dommages purement financiers liés à un conseil, une prestation intellectuelle ou une erreur d'exécution. Certaines branches combinent les deux, d'autres les dissocient. Selon votre métier, vous aurez besoin de l'une, de l'autre ou des deux. Voyez le guide sur l'assurance RC d'entreprise, celui sur la RC professionnelle et la comparaison RC entreprise ou RC professionnelle.

Est-elle obligatoire ?

Pour la plupart des activités, il n'existe pas d'obligation générale de souscrire une RC d'entreprise. En revanche, certaines professions réglementées, certains cantons, certains clients ou propriétaires de locaux l'exigent comme condition d'une autorisation, d'un mandat ou d'un bail. Même sans obligation, le risque de supporter seul un dommage lourd justifie la plupart du temps de s'assurer, surtout dans une raison individuelle où votre patrimoine privé répond de tout. La page La RC entreprise est-elle obligatoire en Suisse ? détaille ce point.

Les critères qui comptent dans un contrat de RC

  • L'étendue de l'activité déclarée : une activité non déclarée peut ne pas être couverte.
  • La somme assurée et les sous-limites par type de dommage.
  • Les exclusions : dommages à des biens confiés, travaux sur un chantier, sous-traitance.
  • La franchise : ce qui reste à votre charge à chaque sinistre.
  • La validité territoriale : indispensable si vous livrez ou travaillez hors de Suisse.
  • La durée de couverture : pour la RC professionnelle, la réclamation peut intervenir longtemps après la prestation, d'où l'importance de la règle de déclenchement du contrat.

Pour savoir comment l'assureur fixe sa prime, la page sur les facteurs de prix de la RC entreprise explique les critères, sans chiffre.

Étape 4 : engager du personnel, le tournant des obligations

Le premier salarié change tout. Tant que vous travaillez seul, la plupart des couvertures sont à votre libre appréciation. Dès que vous employez quelqu'un, plusieurs obligations légales s'enclenchent en même temps. Elles protègent l'employé, mais engagent la responsabilité de l'employeur si elles sont négligées.

AVS, AI, APG : les déductions

L'employeur retient une partie des cotisations sur le salaire, ajoute sa part et verse le tout à la caisse de compensation. L'affiliation de l'employeur entraîne celle de tous ses employés pour lesquels il doit des cotisations. Certaines cotisations de l'employeur ne sont pas comprises dans le salaire déterminant : celles versées à des institutions de prévoyance exonérées fiscalement, aux assureurs maladie et accidents ou aux caisses d'allocations familiales (pour ces dernières, si tous les salariés sont traités de la même manière).

Assurance accidents obligatoire (LAA)

L'employeur doit assurer ses salariés contre les accidents professionnels et, pour ceux qui travaillent suffisamment, contre les accidents non professionnels. Il choisit parmi les assureurs autorisés ou s'adresse à l'organisme public prévu par la loi selon sa branche. La page LAA : l'assurance accidents obligatoire de l'employeur décrit le cadre, et la LAA complémentaire montre ce que l'obligation légale ne couvre pas, par exemple la part de salaire au-delà du maximum assuré ou les prestations d'hôpital.

Perte de gain maladie : obligation ou pas ?

La loi n'impose pas à l'employeur de souscrire une assurance perte de gain maladie, mais elle ne le libère pas pour autant de son devoir de verser le salaire pendant une période en cas de maladie. L'obligation de verser le salaire existe selon les règles du droit du travail, et sa durée dépend de l'ancienneté et de l'échelle applicable. Sans assurance, l'entreprise supporte seule ce coût. C'est pourquoi la plupart des employeurs souscrivent une assurance collective d'indemnités journalières. Lisez la page L'employeur doit-il assurer la perte de gain maladie ? et celle sur l'IJM collective.

Caisse de pension (LPP)

Les salariés qui atteignent le seuil d'entrée légal doivent être affiliés à une institution de prévoyance. L'employeur choisit la caisse, la collectivité qui lui convient et le plan, dans le respect des minimums légaux. Ne choisissez pas sur le seul critère de la contribution : regardez la gouvernance de la caisse, ses plans, sa situation financière et ses conditions de sortie. Notre page LPP pour l'entreprise vous guide dans ce choix.

Allocations familiales

Les employeurs doivent s'affilier à une caisse d'allocations familiales, en principe liée à leur caisse de compensation. C'est une obligation sociale souvent oubliée à la création, car elle apparaît comme une simple case sur le formulaire d'inscription.

Assurance du personnel Statut À régler quand ?
AVS, AI, APG Obligatoire À l'annonce à la caisse, avant le premier salaire
Allocations familiales Obligatoire À l'engagement du premier salarié
Assurance accidents (LAA) Obligatoire Avant le premier jour de travail du salarié
Caisse de pension (LPP) Obligatoire pour les salariés qui atteignent le seuil Au moment où le seuil est atteint
Perte de gain maladie Non imposée par la loi, mais le salaire reste dû Idéalement avant le premier salarié
LAA complémentaire Facultative Selon la politique de l'entreprise

Étape 5 : organiser sa propre prévoyance d'indépendant

C'est l'angle mort de la plupart des créations. Vous protégez vos biens, vos clients, vos employés, mais vous-même ? Un indépendant n'a ni employeur qui cotise pour lui, ni assurance perte de gain automatique, ni assurance accident obligatoire.

Perte de gain individuelle

Si vous tombez malade, votre revenu s'arrête, mais vos charges (loyer, assurances, salaires) continuent. Seule une assurance perte de gain individuelle ou l'assurance collective qui vous inclut peut y répondre. La question du délai d'attente est centrale : plus il est long, plus la protection est faible au début, mais plus elle est accessible. Voyez la page Perte de gain pour indépendant et la comparaison IJM collective ou individuelle.

Accident : l'assurance facultative

Un indépendant n'est pas obligatoirement couvert par la LAA, mais il peut s'y affilier à titre facultatif. À défaut, la couverture accident repose sur l'assurance maladie de base, avec ses limites en matière d'indemnités journalières. L'assurance accident de l'indépendant explique les options.

Pilier 3a : un levier ouvert aux indépendants

Sans caisse de pension, l'indépendant peut déposer dans le pilier 3a un montant plus élevé qu'un salarié affilié à une caisse. Le plafond du « petit 3a » sans deuxième pilier est de CHF 36'288 en 2026 et de CHF 36'864 en 2027. Cette règle vise les indépendants non affiliés à une institution de prévoyance. Le communiqué officiel ne mentionne pas ici la limite de 20 % du revenu, que vous devez donc vérifier dans les dispositions applicables à votre cas. Le choix entre compte bancaire et assurance dépend de ce que vous cherchez : épargne seule ou couverture décès et invalidité. Poursuivez avec le guide du pilier 3a et 3b et le comparateur banque ou assurance.

Décès et invalidité

Si vous avez une famille ou un crédit professionnel, le décès ou l'invalidité d'un indépendant crée un trou financier que le premier pilier ne comble que partiellement. Estimer le besoin est un exercice à part : le calculateur du besoin de couverture décès et invalidité donne une base de réflexion.

Exemple : un graphiste qui se met à son compte et engage un premier employé

Prenons une illustration, avec une personne fictive. Léa, graphiste établie à Lausanne, quitte son agence pour se lancer seule en raison individuelle.

Au démarrage. Elle s'annonce à la caisse de compensation, en précisant qu'elle sera indépendante. Elle n'appartient à aucune association professionnelle qui possède sa propre caisse : elle est donc affiliée à la caisse cantonale. Ses cotisations seront payées chaque trimestre.

Les biens. Léa loue un petit bureau et possède un ordinateur performant, une tablette graphique et une imprimante. Elle dresse la liste de ses équipements et choisit une assurance de choses qui couvre le vol et les dégâts d'eau. Elle vérifie que la somme assurée correspond au coût de remplacement, pas à la valeur comptable, car une panne de matériel l'arrêterait quelques jours.

La responsabilité. Son risque principal n'est pas un dommage corporel, mais une erreur : un visuel livré avec une licence non réglée, une charte graphique qui contrevient aux droits d'un tiers. Elle choisit donc une RC professionnelle adaptée aux prestations de conseil et de création, en vérifiant qu'elle couvre les dommages purement financiers. Elle regarde aussi si la protection des données et le risque informatique sont inclus, ou à ajouter via une cyber-assurance.

La prévoyance. Seule, elle souscrit une perte de gain individuelle et ouvre un pilier 3a. Elle choisit l'assurance accident facultative, car son contrat d'assurance maladie ne lui verse pas d'indemnité journalière.

Le premier employé. Quelques mois plus tard, elle engage un assistant à temps partiel. Immédiatement, plusieurs démarches s'enchaînent : déclarer le salarié à la caisse de compensation, souscrire l'assurance accidents LAA avant son premier jour, vérifier s'il atteint le seuil de la caisse de pension, s'affilier à la caisse d'allocations familiales, et décider d'une assurance perte de gain collective. Elle commence aussi à tenir une comptabilité salariale rigoureuse, comme la loi l'exige pour les comptes individuels.

Ce que cet exemple montre : le moment décisif n'est pas la création, mais l'engagement. Beaucoup d'entrepreneurs ont bien préparé le démarrage, puis découvrent à l'arrivée du premier salarié que trois ou quatre obligations s'ajoutent d'un coup. Anticipez-les.

Cas particuliers à examiner

Employer un frontalier

Si votre premier collaborateur habite en France, l'enjeu des assurances sociales change : règles de coordination, choix de l'assurance maladie, prévoyance. Reportez-vous à la page Employer un frontalier : assurances à prévoir avant de signer le contrat.

Métiers à risques spécifiques

Un restaurateur, un électricien ou un plombier n'ont pas les mêmes besoins qu'un graphiste. Consultez la check-list des assurances selon votre métier et, pour un premier tour d'horizon adapté à votre situation, l'outil Quelles assurances pour mon entreprise ?.

Start-up et levée de fonds

Une start-up qui prévoit des investisseurs doit anticiper des assurances que ses partenaires exigeront : RC, cyber, D&O. Sur ce dernier point, lisez la page sur l'assurance D&O et celle sur les assurances d'une start-up.

Check-list de création

  • Clarifier la forme juridique et le statut du dirigeant (indépendant ou salarié)
  • S'annoncer à la caisse de compensation compétente
  • Vérifier si une association professionnelle propose sa propre caisse
  • Dresser l'inventaire du matériel et du stock
  • Définir l'assurance de choses et la somme assurée
  • Déclarer précisément l'activité exercée à l'assureur RC
  • Contrôler si votre branche ou votre bail exige une RC
  • Prévoir l'assurance accidents avant l'arrivée du premier salarié
  • Choisir une caisse de pension si le seuil légal est atteint
  • Décider de l'assurance perte de gain collective et individuelle
  • Ouvrir un pilier 3a et évaluer le besoin décès-invalidité
  • Noter les échéances de chaque contrat dans un calendrier

Pour rassembler les informations dont un assureur aura besoin, consultez la page Documents à réunir pour une offre d'assurance entreprise.

Les pièges fréquents

Confondre démarrage et fin des formalités. L'inscription au registre du commerce ne dispense pas de s'annoncer à la caisse de compensation. Les deux démarches sont distinctes.

Sous-estimer la somme assurée. La valeur d'un atelier, d'un stock ou d'un parc informatique augmente avec l'activité. Un contrat fixé à la création devient vite insuffisant. Revoyez-le chaque année.

Déclarer une activité trop étroite. Si vous ajoutez des prestations ou une nouvelle clientèle sans l'indiquer à l'assureur, un sinistre peut être refusé ou réduit. Chaque évolution d'activité mérite une information écrite.

Oublier l'indépendant lui-même. On assure les biens et les clients, rarement le dirigeant. Pourtant, c'est lui qui génère le revenu.

Signer sans lire les exclusions. Les conditions générales contiennent l'essentiel : événements couverts, délais d'annonce, franchises, obligations de prudence. Lisez-les avant de signer, pas après un sinistre. Le guide sur la lecture des conditions générales donne la méthode.

Négliger le calendrier. Les contrats ont des échéances et des délais de résiliation. Une résiliation hors délai est sans effet. La page Résilier une assurance d'entreprise liste les points à vérifier.

Comment comparer sans se tromper

Comparer des assurances d'entreprise, ce n'est pas comparer deux chiffres. Deux offres peuvent sembler équivalentes alors qu'elles couvrent des activités, des sommes ou des événements différents. Voici une méthode en quatre temps :

  1. Décrivez votre activité de façon identique pour tous les assureurs consultés.
  2. Fixez vos besoins : quels risques voulez-vous vraiment transférer ?
  3. Alignez les garanties : mêmes sommes assurées, mêmes franchises, mêmes extensions.
  4. Comparez ensuite les exclusions, les conditions de résiliation et l'accompagnement en cas de sinistre.

Le bon choix dépend de votre situation. Une analyse individuelle permet de ne pas payer pour des garanties inutiles ni de rester découvert là où le risque est réel. Vous pouvez demander une comparaison gratuite pour connaître les conditions applicables à votre activité.

Questions fréquentes

Quelles assurances sont obligatoires quand on crée une entreprise en Suisse ?

Pour un indépendant seul, l'obligation principale est l'affiliation à l'AVS auprès d'une caisse de compensation. Dès que vous employez du personnel, s'ajoutent l'assurance accidents (LAA), l'affiliation à une caisse d'allocations familiales et, pour les salariés qui atteignent le seuil légal, la caisse de pension (LPP). Les assurances de choses, la RC et la perte de gain sont en général facultatives, sauf exigence de votre branche, de votre bail ou d'un mandat.

Faut-il s'annoncer à l'AVS avant de commencer l'activité ?

La loi ne fixe pas de délai précis à l'endroit où elle impose l'annonce, mais l'obligation existe pour les employeurs et les indépendants non encore affiliés. Le plus prudent est de le faire au démarrage, avant le premier salaire ou la première facturation. Un retard peut entraîner des régularisations et des complications avec la caisse.

Dans quelle caisse de compensation dois-je m'affilier ?

Si vous êtes membre d'une association professionnelle qui a fondé sa propre caisse, vous êtes affilié à celle-ci. Si vous appartenez à la fois à une association professionnelle et à une association interprofessionnelle, vous choisissez l'une des deux caisses. Si vous n'êtes membre d'aucune association fondatrice, vous relevez de la caisse cantonale de votre domicile ou du siège de l'entreprise. Vous ne pouvez avoir qu'une seule caisse.

Un indépendant doit-il s'assurer contre les accidents ?

Pas obligatoirement par la LAA : l'affiliation est facultative pour l'indépendant. Sans elle, les soins sont pris en charge par l'assurance maladie de base, mais aucune indemnité journalière n'est versée en cas d'incapacité de travail due à un accident. Beaucoup d'indépendants complètent donc leur protection par une assurance accident ou par une perte de gain individuelle.

La RC d'entreprise est-elle obligatoire ?

Il n'existe pas d'obligation générale. Certaines professions réglementées, certains propriétaires de locaux ou certains clients l'exigent toutefois. Même sans obligation, elle protège votre patrimoine contre des prétentions de tiers parfois très lourdes, en particulier si vous exercez en raison individuelle.

Que se passe-t-il si je n'ai pas d'assurance perte de gain quand un employé tombe malade ?

La loi n'impose pas d'assurance perte de gain maladie, mais l'employeur reste tenu de verser le salaire pendant une période définie par le droit du travail. Sans assurance collective, c'est l'entreprise qui supporte ce coût directement, ce qui peut déstabiliser une petite structure.

Puis-je cotiser au pilier 3a en tant qu'indépendant sans caisse de pension ?

Oui. Un indépendant non affilié à une institution de prévoyance peut verser un montant plus élevé que le plafond ordinaire : CHF 36'288 en 2026 et CHF 36'864 en 2027 pour le « petit 3a ». Le communiqué officiel ne mentionne pas la limite de 20 % du revenu : vérifiez-la pour votre situation avant de verser.

À quelle fréquence faut-il réviser ses assurances d'entreprise ?

Au moins une fois par an, et à chaque changement important : nouvel employé, nouveau local, nouvelle activité, achat de matériel, hausse du chiffre d'affaires. Un contrat conçu pour une entreprise qui démarre peut ne plus convenir un an plus tard.

Sources

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