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Guide

Assurance responsabilité civile professionnelle en Suisse : le guide complet

L'assurance responsabilité civile professionnelle suisse couvre les dommages financiers causés par une erreur de conseil, un retard ou une expertise fautive. Voici comment elle fonctionne, ce qu'elle exclut et comment la choisir.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre d’assurance.

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Dans cette page
  1. Responsabilité civile professionnelle : de quoi parle-t-on ?
  2. Le dommage pécuniaire pur : le cœur de la RC professionnelle
  3. Exemple : une fiduciaire qui se trompe dans une déclaration
  4. RC d'exploitation ou RC professionnelle : la comparaison utile
  5. Le principe « claims made » : l'assurance suit la réclamation
  6. La rétroactivité : jusqu'où le contrat remonte-t-il dans le temps ?
  7. La période de recherche : l'assurance de l'après-contrat
  8. Obligatoire ou facultative : que dit la loi ?
  9. Quels professionnels sont concernés ?
  10. Ce que couvre généralement une police de RC professionnelle
  11. Ce qui est exclu ou limité
  12. Pour qui et quand faut-il y penser ?
  13. Comment comparer deux offres de RC professionnelle
  14. Les pièges fréquents
  15. Que faire en cas de réclamation d'un client ?
  16. RC professionnelle et autres assurances d'entreprise
  17. Les documents à préparer avant de demander une offre
  18. Questions fréquentes

Si vous vendez un conseil, une expertise, une prestation intellectuelle ou un travail de précision, votre risque principal n'est pas toujours celui que l'on imagine. Ce n'est pas la vitre cassée chez un client, mais la déclaration remplie de travers, le délai manqué, le calcul erroné ou la recommandation qui a mal tourné. Pour ces situations, l'assurance responsabilité civile professionnelle en Suisse existe, et elle ne se confond pas avec la RC d'entreprise classique. Ce guide explique ce qu'elle couvre, comment son déclenchement fonctionne, ce que signifient « claims made », rétroactivité et période de recherche, et ce qu'il faut vérifier avant de signer ou de résilier.

Responsabilité civile professionnelle : de quoi parle-t-on ?

En droit suisse, celui qui cause un dommage à autrui par une faute, ou par la violation de ses obligations contractuelles, doit le réparer. Pour un professionnel qui conseille, cette règle a une conséquence concrète : un client mécontent d'une prestation peut réclamer une indemnisation, parfois bien supérieure aux honoraires encaissés. La responsabilité civile professionnelle est l'assurance qui prend en charge, dans les limites du contrat, deux choses : l'indemnité due au client lésé lorsque votre responsabilité est établie, et la défense de votre entreprise lorsque la prétention est contestable.

Il faut d'emblée distinguer deux familles de contrats, souvent confondues :

  • la RC d'exploitation (ou RC d'entreprise), qui couvre les dommages corporels et matériels causés à des tiers dans le cadre de l'activité ;
  • la RC professionnelle, qui couvre les dommages purement financiers causés par une erreur dans la prestation intellectuelle ou le conseil.

La première est décrite sur la page consacrée à l'assurance RC entreprise. La seconde fait l'objet de ce guide. Beaucoup d'entreprises ont besoin des deux, certaines d'une seule, et la frontière dépend de l'activité réelle, pas de l'intitulé du métier.

Le dommage pécuniaire pur : le cœur de la RC professionnelle

Un dommage pécuniaire pur est une perte financière qui n'est la conséquence ni d'une atteinte à une personne, ni d'une atteinte à une chose. Aucun blessé, aucun objet endommagé : il reste un préjudice qui se mesure en argent.

Quelques situations typiques :

  • une erreur dans une déclaration administrative qui entraîne une taxation plus lourde ou des intérêts de retard ;
  • un conseil de placement ou d'organisation qui s'avère inadapté et fait perdre de l'argent au client ;
  • un retard de livraison d'un rapport, d'un plan ou d'un logiciel qui bloque une opération du client ;
  • une expertise de valeur trop haute ou trop basse, sur laquelle le client a fondé une décision ;
  • un contrat mal rédigé qui n'offre pas la protection attendue.

Dans tous ces cas, la RC d'exploitation classique ne répond en général pas : ses conditions parlent de dommages corporels et matériels. Un dommage financier qui ne découle pas d'un dommage de ce type est le plus souvent exclu ou limité par une clause spécifique. C'est précisément cette lacune que comble la RC professionnelle.

Pourquoi le dommage pécuniaire pur est-il si exposé ?

Trois raisons expliquent que ce risque soit sérieux pour les professions de conseil :

  1. Le montant n'est pas plafonné par la nature de la chose. Un objet cassé a une valeur ; une mauvaise décision de gestion peut se chiffrer en pertes bien supérieures aux honoraires.
  2. Le dommage apparaît tard. L'erreur d'une déclaration peut n'être découverte que lors d'un contrôle fiscal, longtemps après la remise du travail.
  3. La preuve est technique. Il faut démontrer ce qu'un professionnel diligent aurait fait, ce qui suppose souvent une expertise et des honoraires de défense importants, même si vous n'avez finalement rien à payer.

Exemple : une fiduciaire qui se trompe dans une déclaration

Illustrons avec un cas fictif. Une fiduciaire établie à Lausanne tient la comptabilité d'une petite société et prépare ses déclarations. Par inattention, une charge est reportée deux fois et un revenu accessoire est oublié. Le client dépose la déclaration sans la relire. Quelques temps plus tard, l'autorité fiscale rectifie la taxation, ajoute un supplément d'impôt, des intérêts et, selon les circonstances, une amende. Le client se retourne vers la fiduciaire et lui réclame le remboursement de ces montants et des frais de conseil engagés pour régulariser.

Que se passe-t-il côté assurance ?

  • Il n'y a ni blessé ni objet endommagé : on est dans le champ du dommage pécuniaire pur. La RC d'exploitation ne suffit pas.
  • La RC professionnelle examine d'abord si une faute ou une violation du mandat est plausible, puis si le sinistre entre dans le contrat : activité assurée, période couverte, exclusions.
  • Elle intervient alors sur deux plans : elle écarte les prétentions injustifiées (défense passive) et indemnise le client lorsque la responsabilité est établie, dans la limite de la somme assurée et déduction faite de la franchise prévue.

Certaines choses restent hors couverture même dans ce scénario. Une amende pénale infligée au client lui-même n'est en général pas une prestation que l'assureur rembourse. Les impôts qui auraient de toute façon été dus ne sont pas un préjudice indemnisable. Et si le contrat exclut les conséquences d'une déclaration d'activité inexacte à la souscription, la couverture peut être remise en cause. Voilà pourquoi la lecture des conditions générales compte autant que le choix de la somme assurée ; le guide pour lire ses conditions générales d'assurance donne la méthode.

Pour retrouver les risques propres à cette profession, vous pouvez consulter la page assurances d'une fiduciaire ou d'un comptable.

RC d'exploitation ou RC professionnelle : la comparaison utile

La différence se joue sur trois axes : le type de dommage, la façon dont la garantie se déclenche, et la logique du contrat. Le schéma suivant les résume.

RC d'exploitation et RC professionnelleRC d'exploitationRC professionnelleDommages couvertsCorporels et matériels causés à destiersPécuniaires purs liés à une erreurde prestationExempleUn client glisse dans votre localUne déclaration remplie de traversBase du déclenchementSurvenance de l'événementdommageableRéclamation présentée pendant lecontratRisque principalAccident ou dégât visibleErreur de conseil ou retardPériode de rechercheRarement utileSouvent déterminanteQui y recourt surtoutCommerces ateliers et chantiersConseillers experts et prestatairesintellectuels
RC d'exploitation et RC professionnelle

Le même constat en tableau de lecture, avec les questions concrètes à se poser :

Question à se poser RC d'exploitation RC professionnelle
Qui est lésé ? Un tiers blessé ou dont un bien est abîmé Un client qui a subi une perte financière
Qu'est-ce qui a causé le dommage ? Un geste, un défaut, un événement matériel Un conseil, un calcul, un retard, un avis
Quand la garantie s'applique-t-elle ? En général quand l'événement survient En général quand la réclamation est présentée
Le contrat est-il visible dans les documents du client ? Souvent exigé pour un chantier ou un local Souvent exigé pour un mandat de conseil
Faut-il vérifier la rétroactivité ? Rarement Presque toujours
Faut-il vérifier la période de recherche ? Rarement Presque toujours

Si vous hésitez sur ce qui vous correspond, la page RC entreprise ou RC professionnelle : laquelle choisir ? pousse la comparaison plus loin, avec des cas par activité.

Le principe « claims made » : l'assurance suit la réclamation

C'est la notion qui surprend le plus ceux qui connaissent les assurances de choses ou de RC classique.

Le déclenchement par l'événement

Dans une logique dite de « survenance », la garantie est mobilisée par la date à laquelle l'événement dommageable se produit. Si le sinistre a lieu pendant que le contrat est en vigueur, il est couvert, même si la réclamation arrive plus tard.

Le déclenchement par la réclamation

Dans une logique dite « claims made » (littéralement « réclamations formulées »), c'est la date de la réclamation qui compte. Le contrat répond si, pendant sa période de validité, le client vous adresse une prétention, ou si vous annoncez à l'assureur une circonstance susceptible de conduire à une réclamation. Peu importe, dans une certaine mesure, quand l'erreur a été commise : c'est la rétroactivité prévue au contrat qui fixe jusqu'où on remonte dans le passé.

Cette logique est très répandue pour la RC professionnelle, parce que les dommages financiers se révèlent avec retard. L'assureur veut savoir, en fin d'année, quelles réclamations ont été déposées ; il peut alors calibrer son risque. Mais pour vous, elle déplace un enjeu : ce n'est pas seulement l'erreur qu'il faut couvrir, c'est le moment où l'on vous en parle.

Ce que cela change en pratique

Reprenons notre fiduciaire. Admettons qu'elle ait commis l'erreur de déclaration alors qu'elle était assurée auprès d'un premier assureur, puis qu'elle ait changé de contrat. La réclamation du client arrive après ce changement.

  • Si le nouveau contrat reprend le passé (rétroactivité), il peut répondre.
  • Si la rétroactivité est limitée ou exclut les faits déjà connus, le nouveau contrat ne répondra pas.
  • Si l'ancien contrat prévoyait une période de recherche, il peut encore répondre pour une réclamation arrivée dans ce délai.
  • Si aucun des deux ne prévoit rien, il y a un trou de couverture : l'erreur existe, la réclamation aussi, et personne n'est tenu d'indemniser.

La page sur la déclaration de sinistre rappelle l'autre volet de ce mécanisme : annoncer vite, et annoncer aussi les circonstances, pas seulement les réclamations formelles.

La rétroactivité : jusqu'où le contrat remonte-t-il dans le temps ?

La rétroactivité est la période, antérieure à la date de début du contrat, pendant laquelle une erreur commise reste couverte si la réclamation arrive pendant le contrat. Elle peut être :

  • illimitée : toutes les erreurs passées sont couvertes, sauf celles que vous connaissiez déjà ;
  • limitée : seules les erreurs commises après une certaine date, souvent celle du premier contrat ou une date convenue, sont couvertes ;
  • absente : seules les erreurs commises pendant le contrat sont couvertes.

Trois points méritent votre attention.

  1. Les faits déjà connus restent exclus. Presque tous les contrats excluent les erreurs ou circonstances que vous connaissiez, ou auriez dû connaître, avant la souscription. Vous le confirmez par le questionnaire à signer. Une réponse inexacte peut entraîner la perte de la couverture.
  2. Les changements d'assureur doivent préserver la continuité. Le nouveau contrat doit reprendre la rétroactivité de l'ancien, sinon vous perdez de la couverture sur le passé. C'est un point de négociation à traiter au moment du changement, pas après.
  3. La rétroactivité n'est pas toujours une option gratuite. Un assureur peut en faire un critère de tarification ; c'est un élément de comparaison parmi d'autres, avec le périmètre et les exclusions.

La période de recherche : l'assurance de l'après-contrat

La période de recherche (on parle parfois d'extension de la période de déclaration, de garantie subséquente ou de « tail ») est le délai qui suit la fin du contrat, pendant lequel vous pouvez encore recevoir une réclamation couverte pour des fautes commises pendant le contrat. Elle compte pour deux raisons.

  • Vous arrêtez votre activité : vous prenez votre retraite, vous fermez, vous vendez l'entreprise. Sans période de recherche, la fin du contrat met fin à la protection, alors que le client peut se manifester plusieurs années plus tard.
  • Vous changez d'assureur : la période de recherche de l'ancien contrat vient s'ajouter à la rétroactivité du nouveau, ce qui évite d'avoir un vide.

Les modalités varient d'un contrat à l'autre : durée de la période, prolongation automatique ou demandée, éventuelle prime supplémentaire, conditions pour l'activer. La loi n'impose pas une durée uniforme pour ces extensions ; elle dépend des conditions générales et des conditions particulières. Il faut donc la lire dans votre police, pas la supposer. Pour la résiliation et ses suites, voir résilier une assurance d'entreprise.

Une checklist avant de résilier ou de cesser votre activité

  • Relever la rétroactivité inscrite dans le contrat actuel
  • Vérifier l'existence et la durée de la période de recherche
  • Demander par écrit à l'assureur les conditions pour l'activer
  • Annoncer toute circonstance connue susceptible de conduire à une réclamation avant l'échéance
  • Faire confirmer que le nouveau contrat reprend le passé, ou que l'ancien prolonge la déclaration
  • Conserver les dossiers clients pendant la durée utile à la défense

Obligatoire ou facultative : que dit la loi ?

La distinction entre l'obligatoire et le facultatif se pose clairement ici.

  • Ce qui est fixé par la loi. La Suisse impose certaines assurances de responsabilité civile pour des activités précises, par exemple celles liées à la circulation routière. Pour ces assurances obligatoires, c'est le Conseil fédéral qui détermine les montants jusqu'à concurrence desquels l'assurance doit couvrir les prétentions des lésés pour les dommages corporels et matériels ; la loi elle-même ne chiffre pas ces montants. Certaines professions réglementées, selon leur statut cantonal ou fédéral, doivent aussi justifier d'une couverture.
  • Ce qui dépend du contrat. Pour la grande majorité des activités de conseil, il n'existe pas d'obligation générale de souscrire une RC professionnelle. La question se pose par le contrat : votre mandant, votre organisation professionnelle, votre bailleur, un appel d'offres ou un client institutionnel peuvent l'exiger.

Retenez ceci : l'absence d'obligation légale ne signifie pas absence de responsabilité. Sans assurance, vous répondez sur vos biens, et pour une société de personnes ou une entreprise individuelle, cela inclut vos biens privés. La page la RC entreprise est-elle obligatoire en Suisse ? détaille le cadre juridique pour l'ensemble de la RC.

Quels professionnels sont concernés ?

La RC professionnelle s'adresse à toute activité où l'erreur se traduit surtout par une perte financière chez le client :

  • fiduciaires, comptables, conseillers fiscaux ;
  • consultants, coachs, formateurs, organisateurs ;
  • architectes, ingénieurs, bureaux d'études, géomètres ;
  • agents immobiliers, courtiers, gérants ;
  • graphistes, développeurs, prestataires informatiques ;
  • professions de la santé et du bien-être pour leur volet conseil.

Pour certains secteurs, le contrat est spécialisé :

Un cas frontière : le freelance qui livre un site web ou un logiciel. Si le site tombe en panne et que son client perd des ventes, c'est un dommage financier pur lié à une prestation intellectuelle. C'est un exemple pour lequel la RC d'exploitation seule laisse un vide ; la page assurances d'un graphiste ou freelance IT en parle.

Ce que couvre généralement une police de RC professionnelle

Les contrats varient, mais on retrouve le plus souvent les éléments suivants.

Les prestations de l'assureur

  • La prise en charge de l'indemnité due au client lésé, quand votre responsabilité est établie.
  • La défense passive : examen de la prétention, négociation, et refus de payer quand la demande n'est pas fondée.
  • La prise en charge des frais de défense devant une autorité ou un tribunal, dans les limites du contrat.
  • Parfois, des frais d'expertise ou de limitation du dommage.

Les paramètres à lire

Paramètre Ce qu'il détermine Piège fréquent
Activité assurée Les prestations réellement couvertes Une activité secondaire non déclarée
Somme assurée Le plafond de l'indemnité par sinistre et par année Un plafond annuel partagé entre tous les clients
Franchise La part que vous gardez à votre charge Une franchise élevée sur les petits sinistres
Territoire Les pays où une prétention est couverte Un client à l'étranger ou une prétention portée devant un tribunal étranger
Rétroactivité Les erreurs passées couvertes Une date de début plus récente que votre première activité
Période de recherche La couverture après le contrat Absence ou durée courte
Sous-traitants Les prestataires que vous mandatez Exclusion du travail confié à des tiers

Ce qui est exclu ou limité

Aucune police ne couvre tout. Voici les exclusions classiques.

  • Les actes intentionnels ou les fautes volontaires, ainsi que les comportements frauduleux.
  • Les faits connus avant la souscription, comme vu plus haut.
  • Les garanties de résultat : si vous promettez contractuellement un résultat précis (un rendement, une économie, un délai ferme) et que vous ne l'atteignez pas, l'assureur peut refuser de couvrir cette promesse au-delà de ce que la loi aurait imposé sans elle.
  • Les amendes, pénalités et sanctions prononcées contre vous ou contre votre client.
  • Les honoraires : le remboursement de vos propres honoraires au client n'est en général pas assuré. L'assureur couvre le dommage, pas la restitution de la rémunération.
  • Les dommages corporels et matériels, qui relèvent de la RC d'exploitation.
  • Les activités non déclarées ou exercées hors du périmètre indiqué à la souscription.
  • Les prétentions entre associés ou au sein du même groupe, selon les contrats.
  • Les dommages liés à la solvabilité ou à la gestion de fonds de tiers, souvent traités par des assurances spécifiques.

Dans les conditions générales, les exclusions se trouvent à un endroit, les exceptions aux exclusions à un autre, et les définitions encore ailleurs. Il faut les lire ensemble.

Pour qui et quand faut-il y penser ?

Au démarrage de l'activité

Un indépendant qui ouvre son cabinet de conseil ou son bureau doit se demander dès le début quelles assurances sont utiles. La RC professionnelle fait partie des questions qui se posent avant la première facture, parce que la rétroactivité d'un premier contrat peut commencer à la date de début d'activité. Voir créer son entreprise : les assurances à prévoir et assurance pour indépendant en Suisse.

Quand votre activité change

Un nouveau service, une clientèle plus large, une activité à l'étranger ou un mandat plus important : chaque évolution doit être annoncée à l'assureur. Sinon, la couverture peut devenir contestable en cas de sinistre. Le même raisonnement vaut quand vous employez du personnel ou faites appel à des sous-traitants.

Quand un client ou un partenaire l'exige

Beaucoup de contrats cadres, d'appels d'offres et de mandats institutionnels réclament une attestation d'assurance. Vérifiez alors que la somme exigée, la durée de la période de recherche et la rétroactivité correspondent à ce qui est demandé.

Quand vous changez d'assureur ou cessez l'activité

C'est le moment le plus risqué avec le système « claims made ». Une résiliation faite à la va-vite, sans vérifier la rétroactivité du nouveau contrat ni la période de recherche de l'ancien, peut laisser un vide. La page changer d'assurance en Suisse rappelle les délais généraux de résiliation ; ceux de votre contrat sont dans votre police.

Comment comparer deux offres de RC professionnelle

Comparer uniquement le prix est la pire méthode. Une offre moins chère peut être moins protectrice, parce qu'elle réduit le périmètre, raccourcit la rétroactivité ou ajoute des exclusions. Voici une grille de lecture.

  1. Activité décrite. Est-elle assez large pour couvrir vos prestations réelles, y compris les accessoires ?
  2. Base de déclenchement. « Claims made » ou survenance ? Quelles sont les conditions d'annonce des circonstances ?
  3. Rétroactivité. Illimitée, limitée, absente ? À partir de quelle date ?
  4. Période de recherche. Existe-t-elle ? Est-elle incluse ou payante ? Pour combien de temps ?
  5. Somme assurée. Par sinistre, par année, avec ou sans partage entre plusieurs réclamations liées à une même cause ?
  6. Franchise. Fixe, en pourcentage, différente pour les frais de défense ?
  7. Frais de défense. Dans la somme assurée ou en plus ?
  8. Sous-traitants et collaborateurs. Couverts ou non ?
  9. Territoire et droit applicable. Où et selon quel droit une prétention est-elle assurée ?
  10. Exclusions. Lesquelles touchent directement votre métier ?

Les règles générales de comparaison sont décrites dans comparer des assurances : méthode et critères. Pour connaître les offres qui correspondent réellement à votre situation, le plus sûr est de demander une analyse individuelle : le formulaire de comparaison gratuite affiché sur cette page est prévu pour cela.

Les pièges fréquents

  • Se croire couvert par la RC d'exploitation. Beaucoup d'entrepreneurs découvrent trop tard que les dommages financiers purs en sont exclus.
  • Ignorer la logique « claims made ». Résilier le contrat à la fin de l'activité sans prévoir de période de recherche, c'est s'exposer à des réclamations tardives sans protection.
  • Mal décrire l'activité. Un questionnaire rempli à la légère peut permettre à l'assureur de réduire ou refuser la prestation.
  • Taire une circonstance connue. Une erreur découverte avant la souscription et non déclarée est presque toujours exclue.
  • Oublier de déclarer les changements. Nouvelle activité, nouvelle filiale, nouveau service : à annoncer.
  • Sous-estimer la somme assurée. Un plafond trop bas laisse le solde à votre charge ; la bonne somme dépend du montant des mandats, du type de client et du risque de perte indirecte.
  • Ne pas lire les sous-limites. Certains contrats prévoient des plafonds inférieurs pour certains risques (perte de documents, atteinte à la confidentialité, violation de droits de tiers).
  • Négliger les contrats de prestation. Une clause de garantie de résultat ou de responsabilité illimitée acceptée par contrat peut dépasser ce que l'assurance accepte de couvrir.

Que faire en cas de réclamation d'un client ?

Le réflexe change tout. Voici la marche à suivre, sans improviser.

  1. Ne pas reconnaître sa responsabilité par écrit et ne pas promettre de payer avant d'avoir parlé à l'assureur : une reconnaissance prématurée peut compromettre la couverture.
  2. Annoncer immédiatement la réclamation, par écrit, en respectant les délais du contrat. Mentionner aussi les circonstances qui pourraient conduire à une réclamation.
  3. Réunir le dossier : mandat, échanges, versions des documents, factures, notes de séance.
  4. Ne pas détruire ni corriger les documents litigieux.
  5. Laisser l'assureur conduire la discussion avec le client et ses conseils, selon ce que prévoit la police.
  6. Suivre les instructions de l'assureur pour toute démarche de réparation.

La page sinistre RC entreprise : les bons réflexes développe ces étapes, et la check-list sinistre vous aide à constituer le dossier.

RC professionnelle et autres assurances d'entreprise

La RC professionnelle ne remplace rien d'autre. Elle s'articule avec :

  • la RC d'exploitation pour les dommages corporels et matériels ;
  • la protection juridique d'entreprise, qui finance la défense de vos droits, par exemple pour réclamer des honoraires impayés, alors que la RC défend contre une prétention ; voir protection juridique d'entreprise ;
  • la cyber-assurance, utile si l'erreur est liée à des données ou à un incident informatique ; voir cyber-assurance pour PME ;
  • l'assurance de dirigeants (D&O), pour la responsabilité personnelle des administrateurs ; voir assurance D&O ;
  • les assurances de choses et d'interruption d'exploitation pour vos propres biens et votre perte de revenus.

Pour avoir une vue d'ensemble de votre situation, l'outil « Quelles assurances pour mon entreprise ? » pose six questions et aide à repérer ce qui manque.

Les documents à préparer avant de demander une offre

Plus votre dossier est précis, plus l'analyse est fiable. Prévoyez :

  • la description exacte de vos activités et de leur répartition ;
  • votre forme juridique et le nombre de personnes qui interviennent ;
  • vos types de clients et leur localisation ;
  • la nature des mandats les plus importants ;
  • vos contrats d'assurance actuels, avec leur rétroactivité et leur période de recherche ;
  • l'historique de vos sinistres et réclamations ;
  • les exigences contractuelles de vos clients, le cas échéant.

La liste complète figure dans documents à réunir pour une offre d'assurance entreprise.

Questions fréquentes

La RC professionnelle est-elle obligatoire en Suisse ?

Il n'existe pas d'obligation générale pour tous les professionnels de conseil. Certaines professions réglementées, certains organismes professionnels, certains clients ou contrats exigent toutefois une couverture. L'obligation vient donc le plus souvent de votre secteur ou de votre contrat, pas d'une règle universelle. Cela ne supprime pas votre responsabilité : sans assurance, vous répondez sur vos propres biens.

Quelle est la différence entre la RC d'exploitation et la RC professionnelle ?

La RC d'exploitation couvre les dommages corporels et matériels causés à des tiers, comme une personne blessée dans vos locaux ou un bien abîmé chez un client. La RC professionnelle couvre les dommages purement financiers résultant d'une erreur de conseil, d'un retard ou d'une expertise défaillante. Une activité de conseil a souvent besoin des deux, ou d'un contrat qui combine les deux garanties de façon explicite.

Que veut dire « claims made » ?

Cela signifie que la garantie dépend de la date de la réclamation, et non de la date de l'erreur. Si le client vous adresse sa prétention pendant que le contrat est en vigueur, la couverture peut jouer, même si l'erreur est ancienne, dans les limites de la rétroactivité. Si la réclamation arrive après la fin du contrat et sans période de recherche, elle peut ne plus être couverte.

Que se passe-t-il si je change d'assureur ou si je cesse mon activité ?

C'est le moment sensible. Vérifiez que le nouveau contrat reprend la rétroactivité de l'ancien, sinon les erreurs passées risquent de n'être couvertes par personne. Si vous arrêtez, demandez la période de recherche : elle protège contre les réclamations tardives pour des fautes commises pendant que vous étiez assuré. Toute circonstance connue doit être annoncée avant l'échéance.

L'assureur rembourse-t-il aussi mes propres honoraires au client ?

En général non. La RC professionnelle indemnise le dommage causé au client, pas la restitution de la rémunération perçue pour la prestation. Les conditions générales précisent ce point, et certaines clauses limitent aussi l'indemnisation quand vous avez promis un résultat précis. Lisez la définition du dommage assuré avant de signer.

Comment choisir la somme assurée ?

Il n'existe pas de règle chiffrée valable pour tous. Elle dépend de l'importance des mandats, de la nature du risque, des exigences de vos clients et de la possibilité qu'une même cause produise plusieurs réclamations. Une analyse individuelle permet d'éviter à la fois un plafond trop bas et une couverture surdimensionnée.

Un sous-traitant ou un collaborateur est-il couvert ?

Cela dépend du contrat. Les collaborateurs salariés sont souvent inclus dans l'assurance de l'entreprise. Les sous-traitants indépendants sont fréquemment exclus, ou couverts seulement s'ils disposent de leur propre assurance. Vérifiez la clause qui traite du travail confié à des tiers.

Puis-je savoir ce que coûterait une RC professionnelle pour mon activité ?

Le prix dépend de l'activité, du chiffre d'affaires, de la clientèle, de la somme assurée, de la franchise et de l'historique de sinistres. Aucun montant ne peut être donné sans analyse de votre situation. Pour connaître les conditions réelles, demandez une comparaison gratuite via le formulaire de la page.

Sources

Vous voulez comparer pour votre situation ?

Décrivez votre besoin en quelques lignes. Votre demande est étudiée et vous recevez une réponse écrite, sans engagement.

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