Dans cette page
- Pourquoi l'indépendant n'a pas de salaire maintenu
- Comment fonctionne une IJM individuelle
- Le parcours en cas d'arrêt maladie
- Individuelle, collective : ce qui change pour vous
- Maladie, mais aussi accident
- Maternité et paternité : un droit qui existe pour les indépendants
- Les cotisations sociales de l'indépendant, un repère
- Comment préparer son choix
- Questions fréquentes
Oui, un indépendant doit se couvrir lui-même contre la perte de gain en cas de maladie. Aucune loi ne l'y oblige, mais aucun employeur ne maintiendra son salaire : sans assurance perte de gain individuelle (IJM), un arrêt de travail prolongé ne rapporte tout simplement aucun revenu. C'est la protection la plus importante de l'indépendant, bien avant la plupart des assurances de choses.
Pourquoi l'indépendant n'a pas de salaire maintenu
Un employé bénéficie d'une obligation de l'employeur ou d'une assurance collective, comme expliqué dans l'obligation de l'employeur pour la perte de gain maladie. L'indépendant, lui, est à la fois patron et travailleur : s'il s'arrête, son chiffre d'affaires s'arrête, mais ses charges (loyer professionnel, leasing, cotisations sociales) continuent.
L'assurance maladie de base (LAMal) rembourse les soins, pas le revenu perdu. Et l'AI n'intervient qu'après une longue période d'incapacité, souvent bien après que la trésorerie a fondu. L'IJM comble cet intervalle.
Comment fonctionne une IJM individuelle
Il s'agit d'un contrat relevant de la LCA : ses règles viennent des conditions générales de l'assureur, pas d'un barème légal uniforme. Quatre éléments structurent presque tous les contrats.
Le revenu assuré
C'est la base de calcul de l'indemnité journalière. Il se fonde sur votre revenu d'indépendant, pas sur votre chiffre d'affaires. L'indemnité représente une part de ce revenu, jamais la totalité : la part exacte dépend du contrat.
Le délai d'attente
Entre le premier jour d'incapacité et le premier versement s'écoule un délai d'attente que vous choisissez à la souscription. Un délai court rend la couverture plus coûteuse, un délai long la rend plus abordable mais vous demande de tenir financièrement plus longtemps avec vos propres réserves. Le bon choix dépend de votre trésorerie, pas d'une règle générale.
La durée de prestation
L'assureur verse les indemnités pendant une durée maximale fixée au contrat. Passé ce terme, le relais doit venir de l'AI ou d'une couverture invalidité privée ; voyez à ce sujet AI, LPP et assurance privée.
La preuve des revenus
Pour un indépendant, l'assureur demande des justificatifs : décomptes de la caisse de compensation AVS, bouclements, déclarations fiscales. Un revenu irrégulier (activité saisonnière, démarrage) se prouve plus difficilement. Mieux vaut constituer ce dossier avant d'en avoir besoin.
Le parcours en cas d'arrêt maladie
Individuelle, collective : ce qui change pour vous
Un indépendant sans personnel souscrit un contrat individuel. S'il engage des collaborateurs, la question d'une couverture collective se pose aussi, et l'écart entre les deux approches est détaillé dans IJM collective ou individuelle pour un indépendant.
| Critère | IJM individuelle | IJM collective |
|---|---|---|
| Qui est assuré | Vous seul | Le personnel de l'entreprise |
| Obligatoire ? | Non | Non, sauf convention ou contrat de travail |
| Revenu assuré | Votre revenu d'indépendant, à prouver | Les salaires déclarés |
| Souplesse du contrat | Large, à négocier | Fixée pour tout le groupe |
Pour les employés, voyez aussi la perte de gain maladie collective.
Maladie, mais aussi accident
L'IJM couvre la maladie. Pour l'accident, un indépendant n'est pas affilié d'office à la LAA : l'assurance est facultative, et sans elle, seule la LAMal rembourse les soins, sans indemnité de revenu. Le sujet est traité dans l'assurance accident de l'indépendant. Une couverture complète associe donc la maladie et l'accident, sinon l'un des deux risques reste ouvert.
Maternité et paternité : un droit qui existe pour les indépendants
La loi sur les allocations pour perte de gain prévoit aussi des prestations pour les indépendants, ce qui ne remplace pas l'IJM mais complète le tableau :
- la mère doit exercer une activité indépendante (ou être salariée) à la date de l'accouchement ;
- l'allocation de maternité est versée sous forme d'indemnités journalières égales à 80 % du revenu moyen de l'activité lucrative obtenu avant le début du droit ;
- elle court durant 98 jours consécutifs, à partir du jour où elle a été octroyée ;
- le parent qui interrompt son activité pour un enfant gravement atteint dans sa santé peut aussi y prétendre s'il est indépendant.
L'allocation ne couvre pas la maladie : l'IJM reste nécessaire pour les autres arrêts.
Les cotisations sociales de l'indépendant, un repère
Les indépendants versent eux-mêmes leurs cotisations AVS/AI/APG. La cotisation minimale annuelle s'élève à CHF 530 en 2026. Ces cotisations ouvrent des droits (dont l'APG), mais elles ne remplacent pas une indemnité journalière en cas de maladie.
Pour la retraite, un indépendant non affilié à une institution de prévoyance peut verser au pilier 3a jusqu'à CHF 36'288 en 2026 (« petit 3a »). Ce sujet se distingue de la perte de gain, mais il complète la protection de l'indépendant, comme le montre 3e pilier a ou b.
Comment préparer son choix
- Estimer le revenu réel des dernières années et réunir les justificatifs
- Évaluer combien de temps votre trésorerie tient sans revenu
- Choisir un délai d'attente cohérent avec cette réserve
- Vérifier la durée maximale de prestation et les exclusions
- Lire les conditions générales, notamment sur les réserves de santé (lire ses conditions générales)
- Contrôler que l'accident est couvert par ailleurs
L'outil des assurances nécessaires à une entreprise aide à situer cette couverture parmi les autres, et le guide des assurances de l'indépendant donne la vue d'ensemble.
Questions fréquentes
La perte de gain est-elle obligatoire pour un indépendant ?
Non, aucune loi ne l'impose à l'indépendant. Mais elle est la seule assurance qui remplace son revenu en cas de maladie ; l'absence de contrat le laisse sans ressources pendant l'arrêt.
La LAMal paie-t-elle mon revenu si je tombe malade ?
Non. La LAMal rembourse des soins, selon ses règles de franchise et de quote-part, jamais un revenu perdu. Pour un revenu de remplacement, il faut une IJM, souscrite à titre privé.
Que se passe-t-il si mon état de santé est déjà fragile ?
L'assureur peut poser une réserve, voire refuser un risque. Le questionnaire de santé doit être rempli avec exactitude : une omission peut priver l'assuré de prestations. Chaque assureur applique ses propres critères.
Puis-je assurer la totalité de mon revenu ?
Rarement. Les contrats limitent l'indemnité à une part du revenu assuré, pour que l'arrêt de travail reste moins avantageux que l'activité. Les conditions générales en précisent la mesure.
Comment prouver mon revenu si je viens de me lancer ?
Les premiers exercices sont plus difficiles à documenter. L'assureur peut se fonder sur un business plan, des factures ou un début de décompte AVS. Mieux vaut en parler avant la souscription que lors du sinistre.
Une IJM collective suffit-elle si j'ai des employés ?
Elle couvre le personnel désigné, pas forcément vous. Vérifiez si le contrat inclut le dirigeant ou s'il faut un contrat individuel à côté.
Que faire à la fin des indemnités ?
La durée de prestation étant limitée, une incapacité durable se prolonge ensuite par une demande à l'AI et, si vous l'avez souscrite, par une couverture invalidité privée. Anticipez ce relais dès la souscription.
Sources
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