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Guide

LPP pour l'entreprise : affiliation, plans et choix de la caisse de pension

La LPP en entreprise oblige l'employeur à affilier ses salariés à une institution de prévoyance enregistrée. Seuil d'entrée, salaire coordonné, bonifications, choix ou changement de caisse : le point complet.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre d’assurance.

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Dans cette page
  1. Ce que la LPP impose à l'employeur
  2. Qui est assuré : le seuil d'entrée
  3. Le salaire coordonné : la base de calcul
  4. Les bonifications de vieillesse selon l'âge
  5. Quelle institution choisir : les grandes options
  6. Plan obligatoire ou surobligatoire
  7. Fonds de réserve et sécurité financière
  8. Changer de caisse : l'exemple d'une PME
  9. Les points à vérifier avant de signer
  10. Obligations courantes de l'employeur, année après année
  11. Erreurs fréquentes
  12. Questions fréquentes

Pour une entreprise, la LPP n'est pas une option : dès qu'un employeur occupe des salariés qui remplissent les conditions d'assujettissement, il doit les affilier à une institution de prévoyance enregistrée. Ce guide sur la LPP en entreprise explique ce que la loi impose, ce que le règlement de la caisse peut ajouter, et les points à vérifier avant d'affilier son personnel ou de changer de caisse de pension.

Il s'adresse aux dirigeants de PME, aux responsables administratifs et aux indépendants qui engagent leur premier collaborateur. Il présente les règles générales ; la réponse exacte dépend toujours du plan de votre caisse, de la structure de vos salaires et de la composition de votre équipe.

Ce que la LPP impose à l'employeur

La prévoyance professionnelle forme le deuxième pilier du système suisse. Elle s'ajoute à l'AVS et à l'AI (premier pilier) pour permettre aux personnes à la retraite, invalides ou survivantes de maintenir leur niveau de vie de manière appropriée. Si vous souhaitez d'abord situer ce pilier dans l'ensemble, le guide sur la LPP et le 2e pilier pose les bases côté salarié.

Côté employeur, trois obligations se combinent :

  • affilier les salariés concernés à une institution de prévoyance enregistrée ;
  • verser les cotisations, en prenant en charge au moins la moitié de la cotisation totale, le solde étant retenu sur le salaire des assurés ;
  • renseigner la caisse sur les salaires, les entrées et les sorties, et remettre les attestations nécessaires.

L'affiliation ne se négocie pas avec le salarié. Même si une personne préfère toucher son salaire entier plutôt que d'alimenter sa prévoyance, l'employeur ne peut pas l'exclure lorsqu'elle remplit les conditions légales. À l'inverse, certaines personnes ne sont pas soumises à l'assurance obligatoire, par exemple celles qui restent sous le seuil d'entrée : l'employeur peut alors prévoir une couverture plus large dans son règlement, mais ce n'est pas une obligation.

Le contrôle par la caisse de compensation AVS

L'obligation n'est pas théorique : la caisse de compensation AVS dont dépend votre entreprise vérifie que vous êtes bien affilié. L'employeur doit lui fournir les renseignements nécessaires à ce contrôle et lui remettre une attestation de son institution de prévoyance certifiant son affiliation conformément à la LPP (art. 9 al. 1 et 2 de l'ordonnance d'application).

Si la preuve manque, la caisse de compensation somme l'employeur de s'affilier dans les deux mois (art. 11 al. 5 et 6 LPP). Passé ce délai, elle annonce le dossier à l'institution supplétive, qui procède à une affiliation rétroactive ; les frais administratifs occasionnés sont facturés à l'employeur retardataire (art. 11 al. 7 et 8 LPP). Concrètement, une entreprise qui « oublie » d'affilier son personnel ne gagne rien : elle se retrouve affiliée d'office, avec des cotisations à régulariser et des frais en plus.

Qui est assuré : le seuil d'entrée

L'assurance obligatoire concerne les salariés de plus de 17 ans qui reçoivent d'un même employeur un salaire annuel supérieur à 22 680 francs (art. 2 al. 1 LPP). Deux précisions utiles pour les RH :

  • Le seuil se mesure par employeur. Une personne qui travaille à temps partiel pour plusieurs entreprises peut ne dépasser le seuil chez aucune d'elles, même si son revenu total est élevé. Elle peut alors s'assurer à titre facultatif, par exemple auprès de l'institution supplétive.
  • Le seuil porte sur le salaire annuel, pas sur le taux d'activité. Un poste à temps partiel bien rémunéré peut donc entrer dans la LPP, alors qu'un emploi de courte durée mal payé n'y entre pas.

Les montants-limites ne sont pas gravés pour toujours : le Conseil fédéral peut les adapter aux augmentations de la rente simple minimale de vieillesse de l'AVS, et la limite supérieure du salaire coordonné peut l'être aussi compte tenu de l'évolution générale des salaires (art. 9 LPP). Vérifiez donc chaque année les montants en vigueur ; la page consacrée à la LPP en 2026 fait le point sur l'actualité.

Les cas qui posent question

Quelques situations reviennent souvent dans les PME :

  • Les employés temporaires et auxiliaires. Le seuil se calcule sur le salaire annuel, mais le règlement de la caisse précise comment on traite les contrats de courte durée ou les revenus irréguliers. Demandez-le avant d'engager.
  • Les apprentis et les jeunes. La limite d'âge d'entrée dans l'assurance obligatoire s'applique, mais le règlement peut prévoir une couverture des risques plus tôt.
  • Les dirigeants actionnaires. Un associé-gérant qui touche un salaire peut être assuré comme salarié ; un indépendant au sens strict relève d'un autre régime et peut s'affilier à titre facultatif. La nature de l'activité et le statut AVS déterminent la case dans laquelle il se trouve.
  • Les frontaliers. Ils sont en principe soumis aux mêmes règles que les autres salariés lorsqu'ils travaillent en Suisse. Pour les employeurs, le guide sur la prévoyance du frontalier détaille les points propres à cette population.

Le salaire coordonné : la base de calcul

Toutes les cotisations obligatoires se calculent sur le salaire coordonné, et non sur le salaire brut complet. La loi distingue une partie du salaire qui est déjà couverte par l'AVS et une partie qui doit l'être par la prévoyance professionnelle.

La partie du salaire annuel comprise entre 26 460 et 90 720 francs doit être assurée ; c'est le « salaire coordonné » (art. 8 al. 1 LPP). Si le résultat n'atteint pas 3780 francs par an, il est arrondi à ce montant (art. 8 al. 2 LPP) ; la même idée se retrouve dans l'ordonnance : pour les personnes assurées obligatoirement qui perçoivent d'un même employeur un salaire AVS supérieur à 22 680 francs, un montant de 3780 francs au moins doit être assuré (art. 3a al. 1 OPP 2).

La partie du salaire qui se situe sous 26 460 francs (la « déduction de coordination ») n'est pas assurée dans le régime obligatoire, et celle qui dépasse 90 720 francs non plus. Pour calculer le salaire coordonné d'un collaborateur précis, vous pouvez vous aider du calculateur de salaire coordonné LPP.

Quand le salaire baisse temporairement

Une baisse de salaire passagère ne fait pas immédiatement baisser la prévoyance. Si le salaire annuel diminue temporairement par suite de maladie, d'accident, de chômage, de parentalité, d'adoption ou de circonstances semblables, le salaire coordonné est maintenu au moins pendant la durée de l'obligation légale de l'employeur de verser le salaire selon l'art. 324a CO. La personne assurée peut toutefois demander la réduction de son salaire coordonné (art. 8 al. 3 LPP).

Pour l'employeur, cela signifie que la cotisation reste due sur l'ancien salaire coordonné pendant cette période. Il vaut la peine d'en tenir compte dans la gestion des absences, en le coordonnant avec l'assurance de perte de gain collective qui finance souvent le salaire pendant la maladie.

Une limite aux plans très généreux

Le salaire assurable ou le revenu assurable selon le règlement de prévoyance est limité au décuple du montant limite supérieur de l'art. 8 al. 1 (art. 79c LPP). Par ailleurs, le salaire assuré dans la prévoyance professionnelle, comme le revenu assuré des indépendants, ne doit pas dépasser le revenu soumis à la cotisation AVS (art. 1 al. 2 OPP 3 pour les indépendants).

Les bonifications de vieillesse selon l'âge

La partie « épargne » de la LPP repose sur les bonifications de vieillesse : chaque année, un pourcentage du salaire coordonné est crédité sur le compte de l'assuré. Ce pourcentage augmente avec l'âge, ce qui rend l'engagement de collaborateurs plus âgés plus coûteux pour l'employeur, un point à garder en tête dans la planification des effectifs.

Les bonifications sont calculées annuellement en pour-cent du salaire coordonné (art. 16 LPP) :

Tranche d'âge Bonification de vieillesse Part du salaire coordonné
25 à 34 ans Taux le plus bas 7 %
35 à 44 ans Taux intermédiaire 10 %
45 à 54 ans Taux plus élevé 15 %
55 à 65 ans Taux le plus élevé 18 %

L'âge déterminant résulte de la différence entre l'année civile en cours et l'année de naissance (art. 13 OPP 2). Autrement dit, c'est l'année qui compte, pas l'anniversaire : une personne change de tranche au 1er janvier de l'année concernée, et non le jour de la date de naissance.

Ces taux sont les minima du régime obligatoire. Un règlement peut prévoir davantage, et c'est même fréquent dans les plans dits « enveloppants » ou surobligatoires. Pour mesurer l'effet d'un plan sur votre masse salariale, demandez à la caisse la structure exacte des cotisations par tranche d'âge, en distinguant l'épargne, le risque et les frais de gestion.

Le schéma suivant résume les trois repères de base.

Seuil d'entrée, coordination et bonificationsRepèreCe que dit la loiSeuil d'entrée22 680 francs de salaire annuelAu-dessus : assurance obligatoireSalaire coordonnéEntre 26 460 et 90 720 francsPartie du salaire à assurerMinimum assuré3780 francsArrondi si le salaire coordonné estplus basBonification 25 à 34 ans7 %Du salaire coordonnéBonification 35 à 44 ans10 %Du salaire coordonnéBonification 45 à 54 ans15 %Du salaire coordonnéBonification 55 à 65 ans18 %Du salaire coordonné
Seuil d'entrée, coordination et bonifications

Quelle institution choisir : les grandes options

L'employeur n'a pas à créer sa propre caisse. Il a trois voies principales, qui répondent à des tailles et des besoins différents.

La fondation collective ou commune

Une fondation collective regroupe de nombreux employeurs sous une même gestion. Chaque entreprise y est souvent rattachée à sa propre « caisse de pensions » avec un plan adapté, mais les placements, l'administration et une part du risque sont mutualisés. C'est la solution la plus courante pour une PME : elle s'installe vite et demande peu d'administration interne.

La loi encadre la transparence de ces institutions. Elles communiquent à chaque caisse de pensions affiliée le montant total des cotisations ou primes, avec les parts pour le risque, les frais et l'épargne (art. 48b al. 1 OPP 2). Par ailleurs, la commission de prévoyance communique par écrit aux assurés qui le demandent les informations concernant la caisse de pensions affiliée à une institution collective (art. 48c al. 2 OPP 2). Ce sont deux leviers concrets : exigez la ventilation des cotisations, car elle permet de comparer des offres sur la même base.

La caisse semi-autonome

Une caisse semi-autonome gère elle-même l'épargne et les placements de ses assurés, mais confie la couverture des risques de décès et d'invalidité à un assureur. Elle convient en général à une entreprise assez grande pour justifier un organe paritaire, un conseil de fondation et un suivi des placements. Elle offre plus de marge de manœuvre sur la politique de placement et sur le plan, mais elle demande de la gouvernance et expose davantage l'entreprise aux évolutions des marchés.

La caisse de compensation et l'institution supplétive

D'autres cheminements existent. Les employeurs et indépendants qui ne sont pas membres d'une association fondatrice d'une caisse de compensation sont affiliés à la caisse de compensation cantonale (art. 64 al. 2 LAVS) : c'est la porte d'entrée de l'AVS, qui ne remplace pas une institution de prévoyance LPP.

L'institution supplétive, elle, est tenue d'affilier d'office les employeurs qui ne respectent pas l'obligation de s'affilier, d'affilier ceux qui le demandent et d'admettre les personnes qui demandent à s'assurer à titre facultatif (art. 60 al. 2 let. a à c LPP). C'est un filet de sécurité, utile pour une très petite structure ou un employeur en retard, mais ce n'est pas toujours le choix le plus adapté à une équipe qui souhaite un plan sur mesure.

Critère Fondation collective Caisse semi-autonome Institution supplétive
Public typique PME, start-up, cabinets Entreprises plus grandes Employeurs en défaut ou petites structures
Gestion des placements Mutualisée Par la caisse elle-même Par l'institution
Souplesse du plan Moyenne, plusieurs plans proposés Élevée Faible
Charge administrative interne Faible Importante Faible
Risque porté par l'entreprise Limité Plus marqué Limité

Plan obligatoire ou surobligatoire

Le régime obligatoire fixe un minimum. Beaucoup de caisses proposent en plus des plans qui vont au-delà, dits surobligatoires ou enveloppants : ils couvrent la part du salaire au-dessus du plafond légal, prévoient des bonifications plus généreuses, ou améliorent les prestations de risque. Pour l'employeur, c'est un outil de fidélisation, mais aussi un engagement financier à long terme.

Quelques repères pour construire un plan raisonnable :

  1. Rester dans les limites d'un plan adéquat. Un plan de prévoyance est adéquat si les prestations réglementaires ne dépassent pas 70 % du dernier salaire AVS assurable, ou si les cotisations de l'employeur et des salariés pour la vieillesse ne dépassent pas annuellement 25 % de la somme des salaires AVS assurables (art. 1 al. 2 OPP 2). C'est la frontière que fixe la loi pour que les avantages fiscaux restent justifiés.
  2. Séparer l'obligatoire du surobligatoire. La caisse a des obligations plus strictes sur la part obligatoire. Pour la part surobligatoire, elle dispose de plus de marge, notamment pour le taux de conversion et la répartition des excédents. Demandez comment le règlement les traite.
  3. Penser au rapport coût-bénéfice par collaborateur. Un plan généreux pour les plus de 45 ans pèse plus lourd dans la masse salariale ; un plan équilibré évite de créer un écart trop net entre les générations.

Le fonds de garantie complète ce dispositif : il verse des subsides aux institutions dont la somme des bonifications de vieillesse dépasse 14 % de la somme des salaires coordonnés (art. 58 al. 1 LPP). C'est un mécanisme de solidarité entre institutions, particulièrement utile aux caisses dont les assurés sont plus âgés.

Fonds de réserve et sécurité financière

Une caisse de pension n'est pas seulement un contrat d'assurance : c'est un patrimoine collectif, géré selon des règles de sécurité financière. Deux notions comptent pour un employeur :

  • Les réserves de fluctuation de valeur. Elles absorbent les variations des marchés pour éviter qu'une mauvaise année ne se répercute immédiatement sur les prestations.
  • Les réserves de cotisations de l'employeur. Certaines entreprises y versent des montants en avance, à utiliser pour payer des cotisations futures. Leur usage et leur traitement fiscal dépendent du règlement et des règles applicables ; renseignez-vous auprès de la caisse avant tout versement.

Si une caisse devient durablement déficitaire, elle peut devoir prendre des mesures d'assainissement, parfois à la charge des employeurs et des assurés. Avant d'affilier votre personnel ou de rester dans une caisse, regardez sa situation financière. Le guide sur la caisse de pension en découvert explique les risques et les mesures possibles.

Changer de caisse : l'exemple d'une PME

Exemple : une entreprise de services de taille moyenne, établie à Lausanne, est affiliée depuis de nombreuses années à une fondation collective. La direction constate que les cotisations ont évolué, que la ventilation entre épargne, risque et frais est peu lisible et que les prestations d'invalidité du plan lui paraissent faibles pour ses collaborateurs plus jeunes. Elle décide d'étudier un changement.

Voici une marche à suivre type :

  1. Relire le contrat d'affiliation actuel. Regardez la durée, les conditions de résiliation et les modalités de sortie. Un contrat d'affiliation se résilie selon ses propres règles, et le délai peut être long.
  2. Informer et consulter le personnel. Dans la plupart des cas, le personnel (ou sa représentation) doit être consulté sur le choix de la caisse. Ce n'est pas qu'une formalité : le changement a un effet direct sur la prévoyance de chacun.
  3. Demander des offres comparables. Fournissez à chaque institution la même liste de salaires, âges et situations (le dossier de demande d'offre vous aide à ne rien oublier), et exigez la ventilation entre épargne, risque et frais.
  4. Examiner la solidité de la nouvelle caisse. Situation financière, politique de placement, conditions de reprise des rentes en cours et des cas d'invalidité.
  5. Organiser le transfert. Les avoirs de prévoyance des assurés actifs suivent le collectif ; les rentes en cours posent des questions spécifiques, car elles restent souvent à la caisse qui les verse. Les cas de personnes en incapacité de travail demandent une attention particulière : vérifiez qui assume le risque en cours.
  6. Communiquer. Une fois la décision prise, informez chaque collaborateur par écrit du nouveau règlement et de ce qui change pour lui.

Le piège classique est de ne comparer que le coût annuel. Une offre plus basse peut cacher des prestations plus faibles, un taux de conversion moins favorable ou une caisse moins solide. La bonne comparaison est celle qui met côte à côte le plan complet, pas la seule cotisation.

Les points à vérifier avant de signer

Avant de signer un contrat d'affiliation, passez en revue les éléments suivants :

  • La caisse est enregistrée comme institution de prévoyance au sens de la LPP.
  • Le plan couvre bien tout le personnel assujetti, sans oubli des temps partiels ni des nouveaux entrants.
  • Le règlement distingue clairement la part obligatoire et la part surobligatoire.
  • La ventilation des cotisations entre épargne, risque et frais est fournie par écrit.
  • Les prestations de décès et d'invalidité sont décrites, avec leurs conditions d'octroi.
  • Les modalités de résiliation et de sortie du contrat d'affiliation sont connues, notamment le sort des rentes en cours.
  • La situation financière de la caisse (réserves, degré de couverture) a été examinée.
  • Le personnel a été informé et, si nécessaire, consulté.
  • L'attestation d'affiliation à remettre à la caisse de compensation AVS est demandée à l'institution.

Un point revient souvent : le lien entre la LPP et les autres assurances de personnes de l'entreprise. L'assurance accidents de l'employeur et la perte de gain en cas de maladie couvrent des risques voisins mais distincts. Un plan LPP bien construit tient compte de ces couvertures pour éviter les doublons ou les trous.

Obligations courantes de l'employeur, année après année

L'affiliation n'est que le début. Au quotidien, l'employeur doit :

  • annoncer à la caisse les entrées, les sorties et les changements de salaire dans les délais fixés par le règlement ;
  • verser les cotisations aux échéances convenues, la part des salariés étant retenue sur leur salaire ;
  • mettre à jour le salaire coordonné en cas de modification du salaire ou d'absence prolongée ;
  • remettre aux assurés les certificats de prévoyance et répondre à leurs questions ;
  • gérer les départs, avec la transmission de l'avoir à la nouvelle institution ou à une institution de libre passage.

Pour ce dernier point, il est utile de connaître les règles du libre passage, car les collaborateurs qui quittent l'entreprise vous demanderont ce que devient leur avoir. De même, un collaborateur qui souhaite améliorer sa prévoyance posera la question du rachat dans la LPP : le règlement de la caisse dit si c'est possible et à quelles conditions.

Pour une vision d'ensemble des devoirs de l'employeur, la page consacrée aux obligations de l'employeur en LPP complète ce guide, et celle sur la création d'entreprise replace la LPP parmi les autres assurances à prévoir au démarrage.

Erreurs fréquentes

Les mêmes erreurs reviennent dans les PME :

  • Attendre trop longtemps pour affilier. L'affiliation d'office par l'institution supplétive est rétroactive, avec des frais administratifs à la charge de l'employeur.
  • Oublier le seuil par employeur. Un salarié qui cumule plusieurs petits emplois n'est pas assuré dans chacun ; l'employeur doit connaître sa situation pour la signaler.
  • Ne comparer que la cotisation. La structure du plan, les prestations de risque et la solidité de la caisse comptent autant que le montant annuel.
  • Ignorer la ventilation des cotisations. Sans elle, impossible de savoir quelle part finance l'épargne et quelle part finance l'administration.
  • Changer de caisse sans prévoir les rentes en cours. Le transfert des cas d'invalidité ou de décès déjà ouverts se négocie à l'avance.
  • Négliger l'information du personnel. Un changement de caisse sans communication claire crée de la défiance, même si le nouveau plan est meilleur.

Chaque entreprise est différente : taille, âge moyen, rotation du personnel, secteur d'activité et projets de croissance influencent le choix. Une analyse individuelle permet de confronter plusieurs solutions sur la même base ; vous pouvez demander une comparaison gratuite pour cela.

Questions fréquentes

Une entreprise doit-elle obligatoirement avoir une caisse de pension ?

Oui, dès qu'elle occupe des salariés soumis à l'assurance obligatoire. Elle doit les affilier à une institution de prévoyance enregistrée. La caisse de compensation AVS contrôle cette affiliation et somme les employeurs défaillants de s'affilier dans les deux mois. À défaut, l'institution supplétive les affilie d'office, avec effet rétroactif.

À partir de quel salaire un employé est-il assuré à la LPP ?

Les salariés de plus de 17 ans qui reçoivent d'un même employeur un salaire annuel supérieur à 22 680 francs sont soumis à l'assurance obligatoire. Le seuil se mesure par employeur : une personne qui travaille pour plusieurs entreprises peut ne l'atteindre chez aucune, et peut alors s'assurer à titre facultatif.

Comment se calcule le salaire coordonné ?

Il correspond à la partie du salaire annuel comprise entre 26 460 et 90 720 francs. S'il n'atteint pas 3780 francs par an, il est arrondi à ce montant. Les cotisations obligatoires se calculent sur ce salaire coordonné, pas sur le salaire brut complet. Un règlement peut toutefois assurer davantage.

Que se passe-t-il si mon employé est malade ou en congé parental ?

Si le salaire diminue temporairement pour cause de maladie, d'accident, de chômage, de parentalité, d'adoption ou de circonstances semblables, le salaire coordonné est maintenu au moins pendant la durée de l'obligation légale de l'employeur de verser le salaire (art. 324a CO). La personne assurée peut demander une réduction de son salaire coordonné.

Fondation collective ou caisse semi-autonome : laquelle choisir ?

La fondation collective convient à la plupart des PME : mise en place rapide, administration légère, risque mutualisé. La caisse semi-autonome s'adresse à des entreprises plus grandes, prêtes à gérer un organe paritaire et à suivre leurs placements. Le bon choix dépend de la taille, de la structure des salaires et de l'appétit pour la gestion.

Peut-on changer de caisse de pension en cours d'année ?

C'est possible, mais le contrat d'affiliation se résilie selon ses propres conditions, qui peuvent prévoir un délai long. Il faut aussi consulter le personnel, organiser le transfert des avoirs et traiter le sort des rentes en cours. Mieux vaut préparer le changement bien en amont.

Un plan surobligatoire est-il obligatoire ?

Non. Seul le régime obligatoire s'impose. Un plan plus généreux est un choix de l'employeur, qui doit toutefois rester dans les limites d'un plan adéquat : prestations ne dépassant pas 70 % du dernier salaire AVS assurable, ou cotisations pour la vieillesse ne dépassant pas 25 % de la somme des salaires AVS assurables.

Comment comparer deux offres de caisse de pension ?

Demandez à chacune la même simulation, avec la ventilation des cotisations entre risque, frais et épargne, que les institutions collectives doivent communiquer. Comparez ensuite le plan complet : bonifications, prestations de décès et d'invalidité, conditions de sortie, solidité financière. La cotisation seule ne suffit pas.

Sources

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