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En règle générale, non : en matière de perte de gain maladie, l'obligation de l'employeur n'est pas de souscrire une assurance, mais de continuer à verser le salaire pendant un temps lorsqu'un employé tombe malade (art. 324a CO). Une convention collective de travail (CCT), un règlement du personnel ou le contrat de travail peuvent en revanche rendre l'assurance d'indemnités journalières (IJM) obligatoire pour une entreprise donnée. Et sans couverture, c'est l'entreprise qui porte seule le risque.
La règle de base : le salaire est dû, l'assurance est facultative
Le droit suisse sépare deux choses que l'on confond souvent.
- L'obligation de payer le salaire : elle découle du Code des obligations. Quand un employé est empêché de travailler sans faute de sa part, par exemple en cas de maladie, l'employeur lui doit son salaire pour une période limitée, qui augmente avec les années de service. Les échelles cantonales et la pratique des tribunaux précisent cette durée ; la loi ne la chiffre pas de façon uniforme.
- L'obligation de s'assurer : elle n'existe pas au niveau fédéral pour l'IJM. À la différence de l'assurance accidents (voir la LAA de l'employeur), aucune loi ne dit « tout employeur doit assurer la perte de gain maladie ».
Autrement dit, l'employeur peut choisir de payer lui-même le salaire malade sur ses propres fonds, ou de transférer ce risque à un assureur. La seconde solution est la plus courante, car une absence longue ou plusieurs absences simultanées peuvent peser lourd sur la trésorerie d'une petite structure.
Quand l'IJM devient pourtant obligatoire
Même sans loi générale, plusieurs sources peuvent imposer la couverture.
La convention collective de travail
Dans certaines branches, la CCT oblige les employeurs soumis à souscrire une IJM collective, avec des prestations minimales. Si votre entreprise relève d'une CCT, de force obligatoire générale ou non, lisez ses dispositions sur la maladie : elles fixent souvent le niveau d'indemnité, la durée et la répartition des primes entre employeur et employé.
Le règlement du personnel et le contrat
Un employeur peut aussi s'engager par écrit, dans le contrat ou dans un règlement, à assurer ses collaborateurs. Une fois la promesse faite, elle le lie. Il vaut mieux alors que la police réelle corresponde exactement à ce qui a été promis, sans quoi la différence reste à sa charge.
Les conditions de l'assureur lui-même
Quand l'IJM est souscrite, ses conditions générales deviennent la référence : délai d'attente, durée maximale des prestations, exclusion de certaines affections. Elles sont fixées par le contrat (LCA), pas par la loi. Voyez aussi comment lire ses conditions générales.
Tableau : trois situations types
| Critère | Sans IJM | IJM selon CCT | IJM facultative |
|---|---|---|---|
| Base juridique | Art. 324a CO seulement | CCT applicable | Contrat d'assurance (LCA) |
| Salaire en cas de maladie | Payé par l'employeur | Payé via l'assureur | Payé via l'assureur |
| Risque financier | Entièrement pour l'entreprise | Réparti selon la CCT | Réduit, selon le contrat |
| Choix de l'employeur | Aucun produit à choisir | Niveau minimal imposé | Niveau et délai d'attente libres |
Ce qui se passe sans couverture
Sans IJM, plusieurs conséquences se cumulent.
- La trésorerie encaisse seule. Si un employé est absent longtemps, l'entreprise paie le salaire tout en finançant un remplacement ou des heures supplémentaires.
- Le salaire reste dû selon la loi. Même en difficulté, l'employeur ne peut pas suspendre le paiement tant que la période légale n'est pas écoulée.
- La prévoyance suit. Pendant l'absence, la caisse de pension continue de s'appliquer : le salaire coordonné est maintenu au moins pour la durée de l'obligation légale de l'employeur de verser le salaire selon l'art. 324a CO, sauf si la personne assurée demande sa réduction (art. 8 al. 3 LPP). Voir la LPP en entreprise.
- Après la période légale, l'employé se retrouve parfois sans revenu. Sans IJM, il peut dépendre d'autres prestations, ce qui détériore la relation de travail et la réputation de l'employeur.
- En cas de CCT, le manquement est sanctionné. Un employeur soumis à une CCT qui n'assure pas ses employés comme exigé s'expose à devoir verser lui-même les prestations promises.
Exemple : une boulangerie familiale de Fribourg compte une poignée d'employés. L'une d'eux est arrêtée plusieurs mois. Sans IJM, la patronne paie le salaire pendant la période légale et assume ses frais de remplacement. Avec une IJM collective, l'assureur prend le relais selon les termes de la police, après le délai d'attente convenu.
Comment choisir si l'on décide de s'assurer
L'employeur n'est pas obligé de choisir une couverture, mais s'il le fait, quelques critères comptent.
- Le délai d'attente : plus il est court, moins l'entreprise avance de salaire, mais plus la prime est sensible.
- La durée des prestations : elle varie d'un contrat à l'autre.
- Le niveau d'indemnité : une part du salaire, fixée au contrat.
- L'obligation de s'assurer tous les employés ou seulement un groupe : certains contrats couvrent tout le personnel, d'autres seulement une catégorie.
- Le droit de passage à l'assurance individuelle quand un employé quitte l'entreprise, souvent précieux pour ne pas perdre sa protection.
Pour une vue d'ensemble, consultez la perte de gain maladie collective et la page sur la perte de gain maladie. Les indépendants, eux, n'ont pas d'employeur : ils doivent chercher leur propre couverture, comme l'explique la perte de gain pour indépendant.
Ne pas confondre avec l'accident
L'accident suit une logique différente : la LAA est obligatoire pour les employés, et la couverture accident peut même être suspendue dans la LAMal tant que la personne est entièrement couverte pour ce risque à titre obligatoire par la LAA (art. 8 al. 1 de l'ordonnance sur l'assurance-maladie). Lorsqu'une personne quitte son emploi ou cesse d'être assurée contre les accidents non professionnels, l'employeur l'informe par écrit qu'elle doit le signaler à son assureur-maladie (art. 10 al. 1). Pour la maladie, aucun mécanisme équivalent n'oblige l'employeur à souscrire quoi que ce soit.
Pour comparer plus finement les options, la page IJM collective ou individuelle aide à distinguer les logiques.
Questions fréquentes
Un employeur est-il obligé de souscrire une IJM ?
Pas au niveau fédéral. La loi impose de verser le salaire pendant un temps en cas de maladie, pas de s'assurer. Seule une CCT, un règlement ou le contrat de travail peut transformer l'assurance en obligation pour une entreprise donnée.
Que se passe-t-il si mon entreprise relève d'une CCT ?
Lisez la clause relative à la maladie. Beaucoup de CCT imposent une IJM collective avec des prestations minimales. Si vous ne l'avez pas souscrite, vous risquez de devoir payer vous-même les prestations que la CCT promet à vos employés.
Combien de temps dois-je payer le salaire d'un employé malade ?
La durée dépend des années de service et de l'échelle appliquée dans votre canton ; la loi ne la fixe pas partout de la même façon. Pour votre cas précis, une analyse individuelle est utile, car la réponse varie selon le contrat et l'ancienneté.
L'employé peut-il être licencié pendant sa maladie ?
Le droit du travail prévoit une protection contre le licenciement en temps inopportun pendant une période d'incapacité. Elle dépend de la situation et des années de service. Avant toute décision, demandez un avis personnalisé.
Les employés doivent-ils participer aux primes ?
Cela dépend du contrat et de la CCT. Beaucoup d'entreprises prennent en charge une partie de la prime, d'autres la partagent. La répartition se règle dans le règlement ou le contrat de travail.
Que devient la caisse de pension pendant l'absence ?
Le salaire coordonné est maintenu au moins pour la durée de l'obligation légale de payer le salaire (art. 8 al. 3 LPP). L'employé peut toutefois demander la réduction de ce salaire coordonné.
Un employeur peut-il changer d'assureur IJM en cours de route ?
Oui, selon les conditions du contrat, mais attention aux employés déjà malades : la nouvelle police peut exclure les cas en cours. Vérifiez ce point avant de résilier. Voir aussi résilier une assurance d'entreprise.
Sources
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