Dans cette page
- À quoi sert la RC d'exploitation
- Ce que couvre la RC d'exploitation : le schéma
- Les trois familles de dommages
- La défense contre les prétentions injustifiées
- Un client blessé dans un local commercial : exemple
- Les droits du tiers lésé
- Les sommes assurées : comment les lire
- La franchise : ce qui reste à votre charge
- Les exclusions courantes
- Validité dans le temps et territoire
- La RC entreprise est-elle obligatoire ?
- RC d'exploitation, RC professionnelle, RC produit : ne pas confondre
- Ce que le facteur « prix » doit (et ne doit pas) vous apprendre
- Après un dommage : les gestes qui comptent
- Avant de signer : la checklist de vérification
- Modifier, prolonger ou résilier le contrat
- Les pièges les plus fréquents
- Questions fréquentes
La RC entreprise, ou assurance responsabilité civile d'exploitation, intervient lorsque votre société, ses employés ou ses installations causent un dommage à une personne extérieure : un client, un fournisseur, un passant, un voisin, un autre mandant. Elle règle les indemnités que vous devez légitimement à ce tiers, et elle vous défend lorsque la demande est exagérée ou infondée. C'est l'une des couvertures les plus anciennes et les plus répandues du monde professionnel, parce qu'une seule erreur peut produire une facture sans commune mesure avec le chiffre d'affaires de la société.
Cette page explique, sans prime ni tarif, comment fonctionne la RC d'entreprise : qui est protégé, quels dommages sont visés, comment se fixent les sommes assurées et les franchises, quelles exclusions reviennent le plus souvent et quels points vérifier avant de signer ou de résilier. Il s'agit d'une information générale : le contenu exact de votre couverture dépend du contrat et des conditions générales de l'assureur, et une analyse individuelle reste nécessaire.
À quoi sert la RC d'exploitation
En droit suisse, quiconque cause un dommage à autrui par sa faute, ou dans les cas prévus par la loi sans qu'il y ait faute, doit le réparer. Pour une entreprise, ce principe se traduit par un risque diffus : un geste maladroit d'un collaborateur, un défaut d'entretien, un produit livré avec un vice. Les conséquences financières peuvent dépasser ce que la trésorerie permet d'absorber.
La RC d'exploitation déplace ce risque vers un assureur. Elle fait trois choses à la fois :
- elle examine si la responsabilité de l'entreprise est réellement engagée ;
- elle paie les indemnités justifiées aux personnes lésées, dans les limites du contrat ;
- elle écarte les prétentions injustifiées, si nécessaire devant un tribunal, aux frais de l'assureur.
Cette troisième fonction est souvent sous-estimée. Beaucoup de dirigeants pensent la RC comme un simple « chèque » versé à la victime. En pratique, la défense passive, c'est-à-dire le travail de l'assureur pour contester une demande mal fondée, représente une part importante de la valeur du contrat.
Les assurés : qui est protégé
Le contrat désigne en général l'entreprise comme preneur d'assurance. La couverture s'étend, selon les conditions, aux associés, aux dirigeants et aux employés pour les actes accomplis dans le cadre de leur travail. Un collaborateur qui renverse du matériel chez un client n'a donc normalement pas à régler la facture de sa poche. Vérifiez cependant que les sous-traitants indépendants, les stagiaires, les intérimaires et les bénévoles figurent bien parmi les personnes assurées : les formulations varient d'un contrat à l'autre.
Ce que la RC d'entreprise ne remplace pas
La RC d'exploitation protège les autres. Elle ne rembourse pas les biens de l'entreprise elle-même (c'est le rôle d'une assurance choses d'entreprise), elle ne couvre pas la perte de revenus après un sinistre chez vous, et elle ne remplace pas les assurances sociales de vos employés. Garder cette frontière en tête évite les mauvaises surprises au moment d'un sinistre.
Ce que couvre la RC d'exploitation : le schéma
Le schéma résume la logique : un tiers subit un dommage, l'assureur examine d'abord si la responsabilité de l'entreprise est engagée, puis paie ce qui est dû ou conteste ce qui ne l'est pas.
Les trois familles de dommages
Les contrats de RC d'entreprise raisonnent presque toujours en trois catégories. Les connaître permet de comprendre les phrases des conditions générales qui, sinon, paraissent opaques.
Dommages corporels
Il s'agit des atteintes à la santé ou à la vie d'une personne : blessure, invalidité, décès. L'indemnité couvre notamment les frais de traitement qui ne sont pas pris en charge par ailleurs, la perte de gain de la victime, l'atteinte portée à son avenir économique et, selon les circonstances, une réparation morale. Les assurances sociales de la victime (assurance maladie, assurance accidents, AI) paient d'abord leurs prestations, puis peuvent se retourner contre le responsable : c'est la prétention récursoire. Votre assureur RC répond donc aussi à ces recours, et non uniquement aux demandes de la victime elle-même.
Dommages matériels
Ce sont les dégâts causés aux choses d'autrui : un véhicule rayé sur votre parking, un parquet abîmé par une livraison, une machine du client endommagée pendant une intervention, un local inondé par un défaut de votre installation. La notion de « chose » inclut en principe les animaux, selon le contrat. L'indemnité vise la réparation ou le remplacement, parfois avec une prise en compte de la valeur actuelle et de l'usure.
Dommages pécuniaires consécutifs
C'est la catégorie la plus délicate. Un dommage pécuniaire consécutif est une perte d'argent qui résulte d'un dommage corporel ou matériel : le restaurant voisin qui doit fermer quelques jours parce que votre intervention a coupé l'électricité du bâtiment, ou le client dont la production s'arrête à cause d'une machine endommagée. La perte financière est couverte parce qu'elle découle d'un dommage matériel ou corporel précis.
À l'inverse, un dommage purement financier, sans atteinte à une personne ni à une chose, n'est généralement pas couvert par la RC d'exploitation : conseil erroné, mauvaise estimation, retard de livraison sans dégât. Ces situations relèvent de la RC professionnelle, dont la logique est différente. La page RC entreprise ou RC professionnelle détaille cette distinction.
La défense contre les prétentions injustifiées
Une victime, ou son avocat, peut réclamer beaucoup plus que ce qui est dû, ou s'en prendre à la mauvaise entreprise. Dans la plupart des contrats, l'assureur assume alors la défense passive : il analyse les faits, négocie, répond aux courriers et, si le dossier est contesté, mandate un avocat et prend en charge les frais de procédure liés à la défense de son assuré.
Deux conséquences pratiques en découlent :
- Ne reconnaissez jamais votre responsabilité de votre propre initiative. Une reconnaissance de dette ou une promesse de paiement faite sans l'accord de l'assureur peut lui être inopposable. Les conditions générales le disent presque toujours.
- Laissez l'assureur conduire la négociation. Il connaît les montants usuels, les arguments juridiques et l'état de la jurisprudence. Votre rôle est de lui fournir tous les faits, rapidement et sans retouche.
Un client blessé dans un local commercial : exemple
Exemple : une boutique de décoration à Lausanne vient de laver son sol en fin de journée. Un client glisse sur la zone encore humide, chute et se fracture le poignet. Aucun panneau de signalisation n'avait été posé.
Voici comment la RC d'exploitation intervient, étape par étape :
- Le dommage corporel. Le client est soigné. L'assurance maladie et, selon sa situation, l'assurance accidents règlent les frais, puis se retournent contre la boutique. Le client peut en outre réclamer sa perte de gain pendant son arrêt de travail.
- Le dommage matériel. Ses lunettes sont cassées et son téléphone est endommagé dans la chute. Ces objets sont des choses appartenant à un tiers.
- L'examen de la responsabilité. L'assureur vérifie s'il y a un défaut d'organisation : sol glissant sans signalisation, personnel non formé, consigne absente. Il peut aussi évaluer une éventuelle part de responsabilité du client, par exemple s'il courait ou regardait son écran.
- Le règlement ou la défense. Si la responsabilité est établie, il paie l'indemnité justifiée dans la limite de la somme assurée, après déduction de la franchise. Si le client réclame un montant sans rapport avec le dommage réel, il défend la boutique.
L'exemple est fictif et simplifié : la répartition des responsabilités dépend de chaque cas, et seule une analyse du dossier permet de conclure.
Les droits du tiers lésé
La loi sur le contrat d'assurance (LCA) donne à la victime une position solide, ce qui influence directement la manière dont les sinistres se règlent.
- L'assurance responsabilité civile couvre aussi bien les prétentions en indemnisation des lésés que les prétentions récursoires de tiers (art. 59 al. 2 LCA). Les caisses et assureurs sociaux qui ont avancé des prestations sont donc dans le champ de la couverture.
- Le tiers lésé possède un droit d'action directe envers l'assureur, dans le cadre d'une couverture existante et sous réserve des objections et exceptions que l'assureur peut lui opposer (art. 60 al. 2 LCA). La victime n'est donc pas obligée de passer par votre entreprise pour obtenir son indemnité.
- Le tiers lésé a aussi un droit de gage sur l'indemnité due au preneur d'assurance, jusqu'à concurrence de l'indemnité qui lui est due (art. 60 al. 1 LCA). L'assureur ne peut pas verser à l'entreprise une somme qui revient en réalité à la victime.
- Dans une assurance RC obligatoire, le tiers lésé peut exiger de l'assuré responsable ou de l'autorité de surveillance compétente qu'ils lui désignent l'assureur, qui doit le renseigner sur le type et l'étendue de la couverture (art. 60 al. 4 LCA).
Il faut distinguer les cas. Dans les assurances RC obligatoires, les exceptions découlant d'un événement provoqué intentionnellement ou par négligence grave, de la violation d'obligations, du non-versement des primes ou d'une franchise convenue ne peuvent pas être opposées à la personne lésée (art. 59 al. 3 LCA). L'assureur paie alors la victime, puis peut se retourner contre l'assuré. En RC d'exploitation facultative, cette protection renforcée ne s'applique pas automatiquement : un non-paiement des primes ou une violation grave des obligations peut priver l'entreprise de sa couverture, avec des conséquences directes pour elle.
Les sommes assurées : comment les lire
La somme assurée est le plafond que l'assureur paiera pour un sinistre, voire pour l'ensemble des sinistres d'une année. Sauf disposition contraire du contrat ou de la loi, l'assureur ne répond du dommage que jusqu'à concurrence de la somme assurée (art. 51a al. 1 LCA). Ce plafond est donc l'élément central du contrat, puisqu'au-delà c'est l'entreprise qui paie, sur son propre patrimoine.
Les formes de plafond
Les contrats utilisent en général plusieurs plafonds, parfois distincts selon le type de dommage :
- une somme par sinistre ;
- une somme par année d'assurance, qui limite le total de tous les sinistres de la période ;
- des sous-limites pour des risques particuliers : dommages pécuniaires consécutifs, dommages aux choses confiées, pollution, frais de défense ;
- parfois une distinction entre dommages corporels et dommages matériels.
Lisez attentivement la façon dont les frais de défense sont comptés : dans certains contrats ils s'ajoutent à la somme assurée, dans d'autres ils la réduisent. Cette nuance pèse lourd en cas de procès long.
Comment choisir un niveau de couverture
Il n'existe pas de montant universel. Les critères qui comptent :
- La nature de l'activité. Une entreprise qui travaille sur des chantiers, avec des machines ou des produits dangereux, expose des tiers à des dommages plus graves qu'un bureau administratif qui reçoit peu de public.
- Le lieu de l'activité. Recevoir du public, travailler chez les clients, exporter : chaque élément modifie le risque.
- La valeur des biens des clients qui transitent par vos mains.
- Les exigences des mandants. Un appel d'offres, un bailleur ou un maître d'ouvrage impose parfois un minimum dans le contrat. Le niveau exigé dépend du donneur d'ordre, non de la loi.
- La capacité de l'entreprise à absorber un sinistre grave sans mettre en danger son existence.
Une somme trop basse crée un risque réel : si un dommage dépasse le plafond, la différence reste à la charge de l'entreprise, et donc parfois de ses associés.
Les frais engagés pour limiter le dommage
Lorsqu'un sinistre survient, vous devez agir pour en limiter l'ampleur. L'assureur rembourse les frais engagés pour limiter le dommage sans que cela fût manifestement inopportun, même sans succès ou au-delà de la somme assurée (art. 38c al. 1 LCA). Si la somme assurée n'atteint pas la valeur de remplacement, il les supporte seulement dans la proportion entre somme assurée et valeur de remplacement (art. 38c al. 2 LCA). Cette règle vise surtout les assurances de choses, mais l'idée est la même en RC : mieux vaut un geste rapide et raisonnable qu'une inaction.
La franchise : ce qui reste à votre charge
La franchise est la part du dommage que l'entreprise supporte elle-même à chaque sinistre. Elle peut être fixe, proportionnelle ou différente selon le type de dommage : une franchise sur les dommages matériels n'est pas toujours appliquée aux dommages corporels, par exemple.
Trois points méritent attention :
- Une franchise élevée réduit la prime, mais elle augmente la charge de chaque petit sinistre. Les petits dommages matériels, très fréquents en pratique (une rayure, un objet cassé, une vitre), restent alors à votre compte. Évaluez la fréquence plausible de ces incidents avant de choisir.
- La franchise peut s'appliquer aussi aux frais de défense, selon la rédaction du contrat.
- Elle ne protège pas le tiers lésé. Dans une RC obligatoire, une franchise convenue ne peut pas être opposée à la personne lésée (art. 59 al. 3 LCA) : l'assureur paie la victime et récupère ensuite la franchise auprès de son assuré. En RC d'exploitation facultative, vérifiez comment le contrat règle ce point.
Pour comprendre la notion plus largement, voyez la définition de la franchise d'assurance.
Les exclusions courantes
Aucun contrat ne couvre tout. Les exclusions sont souvent la partie la plus importante des conditions générales, alors qu'elles se lisent en dernier. Voici celles qui reviennent le plus souvent.
| Situation | Habituellement couvert par la RC d'exploitation ? | Où se tourner si ce n'est pas le cas |
|---|---|---|
| Client blessé dans vos locaux | Oui, dans les limites du contrat | Sans objet |
| Dommage matériel causé chez un client | Oui, sous réserve de la clause des choses confiées | Contrat spécifique ou extension |
| Perte financière pure (conseil erroné) | Non, en principe | RC professionnelle |
| Dommage à vos propres biens | Non | Assurance choses d'entreprise |
| Dommage causé intentionnellement | Non, en principe | Sans objet |
| Dommage causé par un véhicule à moteur | Non | Assurance RC du véhicule |
| Pollution progressive | Souvent exclue, parfois assurable en option | Extension environnement |
| Responsabilité produit | Selon le contrat, souvent séparée | Extension produit |
| Choses confiées, louées ou en dépôt | Souvent exclues ou sous-limitées | Extension ou assurance spécifique |
| Amendes pénales | Non | Sans objet |
Les exclusions à surveiller de près
- Faute intentionnelle et certaines fautes graves. Un acte volontaire n'est pas assurable. La négligence grave est traitée différemment selon le contrat, ce qui mérite une lecture attentive.
- Les biens que vous détenez pour d'autres. Si vous réparez, transportez, stockez ou travaillez sur une chose appartenant à un client, les dommages à cette chose sont fréquemment exclus ou plafonnés par une sous-limite. Pour un artisan, un garagiste, un transporteur ou un tailleur, c'est le point à vérifier en premier.
- Les dommages à vos propres biens et à ceux de l'entreprise. Ils relèvent de l'assurance choses.
- Les dommages dont la cause est connue avant la conclusion. La couverture n'efface pas un problème déjà identifié.
- La responsabilité contractuelle accrue. Si vous acceptez dans un contrat de garantir plus que la loi ne l'exige, l'assureur ne suit pas forcément cet engagement supplémentaire.
- Les activités non déclarées. Si votre activité évolue (nouveau service, nouveau produit, chantier à l'étranger), le contrat doit suivre. Une activité qui n'est pas mentionnée peut ne pas être couverte.
- Les dommages en dehors du territoire convenu ou de la période de validité de la couverture.
- Les risques spéciaux : pollution, cyber, atteintes à l'environnement, discriminations, dommages causés par des drones ou des véhicules à moteur. Ils exigent en général un contrat ou une extension distincte. À ce sujet, la cyber-assurance traite un risque que la RC classique ne couvre pas.
Validité dans le temps et territoire
Deux notions échappent souvent aux dirigeants et pourtant déterminent si un sinistre est couvert.
La validité dans le temps. Certains contrats couvrent les dommages survenus pendant la durée du contrat, même si la réclamation arrive plus tard ; d'autres couvrent les réclamations présentées pendant la durée du contrat. La différence compte lors d'un changement d'assureur : un dommage peut apparaître sans que personne n'en ait encore connaissance, et c'est la rédaction de la clause qui dit quel contrat intervient. La loi impose d'ailleurs à l'assureur d'informer le preneur notamment sur les risques assurés, l'étendue de la couverture, les primes et autres obligations du preneur, la durée et la fin du contrat, le droit de révocation, le délai de remise de l'avis de sinistre et la validité dans le temps de la couverture (art. 3 al. 1 LCA). Utilisez cette information : elle doit figurer dans les documents remis avant la signature.
Le territoire. Une entreprise qui livre ou intervient hors de Suisse doit s'assurer que la couverture s'étend aux pays concernés, y compris pour les prestations de courte durée. Les États-Unis et le Canada sont fréquemment exclus ou traités à part en raison de leur système d'indemnisation.
La RC entreprise est-elle obligatoire ?
Il n'existe pas, pour une entreprise ordinaire, une obligation générale de souscrire une RC d'exploitation. En revanche, certaines activités ou situations imposent une couverture de responsabilité civile : par exemple la détention d'un véhicule à moteur, certaines professions réglementées ou certaines autorisations cantonales. Les exigences varient selon l'activité, le canton et les règles de la branche.
Même sans obligation légale, la couverture est souvent exigée en pratique : par un bailleur commercial, par un maître d'ouvrage, par une plateforme ou par un client important. Et, indépendamment de toute exigence, la question réelle est financière : l'entreprise pourrait-elle payer elle-même un dommage grave ? La page La RC entreprise est-elle obligatoire en Suisse ? fait le tour des cas.
RC d'exploitation, RC professionnelle, RC produit : ne pas confondre
Les mots se ressemblent, les couvertures diffèrent. Voici comment les situer :
- La RC d'exploitation couvre les dommages corporels et matériels causés aux tiers dans le cadre de l'activité de l'entreprise, avec leurs conséquences financières.
- La RC professionnelle vise la faute dans la prestation intellectuelle ou le conseil : erreur de calcul, mauvaise expertise, conseil inadapté qui cause une perte purement financière.
- La RC produit concerne les dommages causés par un bien que vous avez fabriqué, importé ou vendu. Elle est parfois comprise dans la RC d'exploitation, parfois séparée.
- La RC maître d'ouvrage et construction protège dans un cadre de chantier spécifique, avec des risques propres.
Pour de nombreuses entreprises de services, de conseil ou d'ingénierie, l'une ne remplace pas l'autre : il faut un contrat qui regroupe ou combine les deux, sinon un trou de couverture apparaît entre elles. L'outil Quelles assurances pour mon entreprise ? aide à repérer ce qui manque selon votre profil.
Ce que le facteur « prix » doit (et ne doit pas) vous apprendre
Cette page ne cite aucune prime : elle varie selon l'activité, la taille, la masse salariale ou le chiffre d'affaires, la sinistralité passée, la somme assurée, la franchise et l'étendue des garanties. Pour comprendre ce qui fait varier un contrat, consultez Combien coûte une RC entreprise ?.
Un conseil de méthode suffit ici : ne comparez jamais deux offres sur la seule prime. Une prime plus basse peut cacher une somme assurée plus faible, une franchise plus élevée, des sous-limites serrées ou des exclusions que l'autre offre n'a pas. Comparez d'abord la couverture, puis le coût. C'est précisément ce qu'une comparaison individuelle permet de faire sur la base de vos données réelles.
Après un dommage : les gestes qui comptent
Quand un tiers se plaint ou se blesse, les premières heures déterminent la suite du dossier.
- Sécurisez la situation et limitez le dommage. Portez secours, mettez fin au danger, faites appel aux services d'urgence si nécessaire.
- Ne modifiez pas les lieux sans nécessité. Tant que le dommage n'a pas été évalué, l'ayant droit ne doit pas, sans le consentement de l'assureur, changer les choses endommagées de façon à rendre plus difficile la détermination des causes ou du dommage, sauf pour limiter le dommage ou dans l'intérêt public (art. 38b al. 1 LCA). Photographiez avant de réparer ou de nettoyer.
- Annoncez rapidement le sinistre. Le contrat fixe le délai de remise de l'avis de sinistre. Respectez-le : un retard peut réduire la prestation.
- Réunissez les éléments. Noms et coordonnées des témoins, photos, descriptions, rapport interne, courriers reçus.
- Ne reconnaissez rien et ne promettez rien. Transmettez les courriers de la victime ou de son avocat à l'assureur sans y répondre sur le fond.
- Transmettez les documents reçus. Une citation ou une demande en justice se transmet immédiatement : les délais de réponse sont courts.
Le détail de la démarche se trouve dans Sinistre RC entreprise : les bons réflexes.
Et après le sinistre : le contrat continue-t-il ?
Après un dommage partiel avec indemnité réclamée, l'assureur et le preneur ont le droit de se départir du contrat au plus tard lors du paiement de l'indemnité ; la responsabilité de l'assureur cesse quatorze jours après la notification de la résiliation à l'autre partie (art. 42 al. 1 et 2 LCA). Si ni l'un ni l'autre ne se départit du contrat, l'assureur, sauf convention contraire, n'est plus tenu à l'avenir que pour le reste de la somme assurée (art. 42 al. 4 LCA). Concrètement, un gros sinistre peut réduire la capacité résiduelle du contrat : demandez à votre assureur si la somme assurée est reconstituée ou non, et consultez les conditions générales sur ce point.
Avant de signer : la checklist de vérification
Voici les questions à poser, et les éléments à relire dans la proposition et les conditions générales.
- L'activité décrite correspond-elle exactement à ce que fait l'entreprise, y compris les activités annexes ?
- Les employés, les associés, les sous-traitants, les stagiaires et les temporaires sont-ils parmi les assurés ?
- La somme assurée est-elle adaptée aux risques réels, et est-elle prévue par sinistre et par année ?
- Les frais de défense s'ajoutent-ils à la somme assurée ou la réduisent-ils ?
- Les dommages pécuniaires consécutifs sont-ils couverts, avec quelle sous-limite ?
- Les choses confiées, louées ou travaillées sont-elles couvertes ou exclues ?
- La franchise est-elle supportable pour de petits sinistres fréquents ?
- Le territoire couvre-t-il tous les pays où vous livrez ou intervenez ?
- La validité dans le temps (survenance du dommage ou réclamation) est-elle claire ?
- La responsabilité produit est-elle comprise, ou faut-il une extension ?
- Les clauses d'exclusion de la pollution, du cyber et des véhicules à moteur sont-elles comprises ?
- Les engagements pris envers vos clients dans vos propres contrats sont-ils compatibles avec la couverture ?
Une proposition qui se lit mal doit être clarifiée par écrit avant la signature. L'assureur a des obligations d'information : profitez-en pour obtenir une réponse écrite.
Modifier, prolonger ou résilier le contrat
Prolongation ou modification
La proposition de prolonger ou de modifier un contrat est considérée comme acceptée si l'entreprise d'assurance ne la refuse pas dans les quatorze jours (quatre semaines si un examen médical est exigé) ; cette règle ne s'applique pas à la proposition d'augmenter la somme assurée (art. 2 al. 1 à 3 LCA). Une demande d'augmentation de couverture doit donc faire l'objet d'une acceptation expresse : ne considérez pas qu'elle est acquise tant que vous n'avez pas la confirmation écrite.
Droit de révocation
La LCA prévoit en général un droit de révocation après la conclusion du contrat. Il est cependant exclu pour les assurances collectives de personnes, les couvertures provisoires et les conventions d'une durée inférieure à un mois (art. 2a al. 4 LCA). Vérifiez dans votre cas si la forme et le délai de révocation sont bien indiqués dans les documents remis.
Résiliation à l'échéance
Un contrat de RC d'entreprise se résilie en principe à l'échéance annuelle, avec un préavis indiqué dans le contrat, ou après un sinistre dans les conditions décrites plus haut. Respectez la forme prescrite (en général un courrier avec preuve de réception) et le délai, sinon le contrat se renouvelle. Avant de résilier, assurez-vous d'avoir un nouveau contrat en vigueur à la date de fin de l'ancien, sans interruption, et que la validité dans le temps de la nouvelle couverture reprend les dommages « cachés » éventuels. Les règles et un modèle sont détaillés dans Résilier une assurance d'entreprise.
Les pièges les plus fréquents
- Décrire l'activité trop étroitement. Une entreprise qui déclare « conseil » et fait aussi de la formation ou de la vente peut avoir une activité mal couverte.
- Oublier de signaler un changement. Un nouveau local, une nouvelle activité, des chantiers à l'étranger ou un recours massif à des sous-traitants modifient le risque, et l'assureur doit en être informé.
- Supposer que la RC couvre les biens du client en dépôt. C'est l'un des malentendus les plus répandus.
- Confondre RC d'exploitation et RC professionnelle. Une société de services peut croire être protégée alors que sa faute de conseil n'est pas visée.
- Ne pas lire les sous-limites. Une grosse somme assurée affichée peut contenir une sous-limite très basse pour le risque qui vous concerne.
- Se fier uniquement à la prime. Elle ne dit rien de la qualité de la couverture.
- Agir seul après un sinistre. Une négociation directe avec la victime peut vous faire perdre la couverture.
- Laisser le contrat vieillir. Le chiffre d'affaires, les effectifs et les activités évoluent ; une revue régulière évite la sous-assurance.
Questions fréquentes
La RC entreprise couvre-t-elle les dommages que mes employés causent ?
En principe oui : les employés font partie des personnes assurées pour les actes accomplis dans le cadre de leur travail. Le contrat doit toutefois le dire expressément, et la couverture ne s'étend pas aux actes intentionnels. Vérifiez aussi la situation des sous-traitants indépendants et des temporaires, qui sont parfois traités autrement.
Que se passe-t-il si le dommage dépasse la somme assurée ?
Sauf disposition contraire du contrat ou de la loi, l'assureur ne répond du dommage que jusqu'à concurrence de la somme assurée. Le solde est à la charge de l'entreprise, qui doit le régler sur son propre patrimoine. Une somme assurée choisie trop juste est l'une des erreurs les plus coûteuses : elle se corrige avant le sinistre, jamais après.
La victime peut-elle s'adresser directement à mon assureur ?
Oui. Le tiers lésé possède un droit d'action directe envers l'assureur, dans le cadre d'une couverture existante et sous réserve des objections et exceptions que l'assureur peut lui opposer. Il dispose en outre d'un droit de gage sur l'indemnité due à l'entreprise. Pour vous, cela signifie que la victime n'a pas besoin de votre accord pour s'adresser à l'assureur, ce qui renforce l'importance d'informer celui-ci sans attendre.
La RC d'exploitation couvre-t-elle les erreurs de conseil ?
Non, en principe. Un conseil erroné qui ne cause ni atteinte à une personne ni dommage à une chose produit une perte purement financière, que la RC d'exploitation ne vise pas. Cette situation relève de la RC professionnelle. Pour les métiers de conseil, de fiduciaire, d'architecture ou d'informatique, la question de la combinaison des deux contrats se pose presque toujours.
Dois-je payer la franchise même si la victime est indemnisée ?
Oui, la franchise reste à la charge de l'entreprise : l'assureur peut la lui réclamer, même lorsque c'est lui qui a indemnisé la victime. Dans une assurance RC obligatoire, la franchise convenue ne peut pas être opposée à la personne lésée, mais elle reste due par l'assuré. Relisez la clause qui précise si elle s'applique aussi aux frais de défense.
Un contrat de RC d'entreprise peut-il être résilié après un sinistre ?
Oui, dans certains cas. Après un dommage partiel avec indemnité réclamée, l'assureur comme le preneur ont le droit de se départir du contrat au plus tard lors du paiement de l'indemnité, et la responsabilité de l'assureur cesse quatorze jours après la notification de la résiliation. Si le contrat continue, la somme assurée restante peut être réduite, sauf convention contraire : demandez une confirmation écrite.
Que faire si mon assureur refuse de prendre le sinistre en charge ?
Demandez le refus par écrit, avec les motifs et les clauses invoquées. Comparez-les avec les conditions générales et avec les informations reçues avant la signature. Si le désaccord persiste, vous pouvez recourir à un service de médiation de l'assurance ou à une aide juridique, ce qui est le rôle de la protection juridique d'entreprise lorsqu'elle est souscrite. Les délais de réaction sont à vérifier sans attendre.
Sources
- Responsabilité civile : art. 59 et 60 de la loi sur le contrat d'assurance — Fedlex
- Responsabilité civile : droit d'action directe et droit de gage du lésé — Fedlex
- Sinistre : déclaration, sauvetage, paiement (art. 38b) — Fedlex
- Sinistre : frais de sauvetage (art. 38c) — Fedlex
- Sinistre : résiliation après dommage partiel (art. 42) — Fedlex
- Assurance de choses, sous-assurance (art. 51a) — Fedlex
- Conclusion du contrat et révocation (art. 2 et 2a) — Fedlex
- Obligation d'information de l'assureur (art. 3) — Fedlex
Vous voulez comparer pour votre situation ?
Décrivez votre besoin en quelques lignes. Votre demande est étudiée et vous recevez une réponse écrite, sans engagement.