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Pour payer moins vos assurances complémentaires, vous avez quatre leviers sérieux : choisir une franchise là où le contrat la prévoit, retirer les options que vous n'utilisez pas, supprimer les doublons entre contrats, et changer de formule. Un seul geste est risqué : résilier sans avoir la certitude d'être accepté ailleurs. Une complémentaire relève de la LCA : l'assureur peut vous refuser selon votre âge et votre santé, contrairement à l'assurance de base.
Ce qui change entre la base et la complémentaire
Pour comparer correctement, il faut séparer deux mondes. L'assurance de base (LAMal) est obligatoire, ses prestations sont fixées par la loi et l'assureur doit vous accepter. Les assurances complémentaires sont facultatives : chaque assureur définit ses couvertures, ses exclusions et ses conditions d'admission.
Conséquence pratique : les leviers de la LAMal (franchises à option, modèles) ne se transposent pas tels quels. Pour mémoire, la loi plafonne le rabais d'une franchise à option à 70 % du risque encouru, et la prime d'une forme particulière d'assurance ne peut pas descendre sous 50 % de la prime ordinaire. Ces règles encadrent la base. Dans une complémentaire, ce qui compte, c'est le contrat.
Les leviers ci-dessous sont, eux, qualitatifs : leur effet dépend de votre assureur et de votre contrat.
Levier 1 : la franchise sur la complémentaire
Certaines complémentaires, notamment d'hospitalisation, proposent une participation annuelle ou une franchise en échange d'une prime réduite. Le principe est le même qu'en base : vous acceptez de payer vous-même les petits sinistres, et la charge mensuelle baisse.
Avant de choisir, posez-vous la question de la fréquence d'usage. Une personne qui n'a jamais utilisé sa couverture d'hospitalisation peut raisonnablement accepter une participation. Une personne qui prévoit une intervention programmée a plutôt intérêt à garder la couverture complète. Les conditions exactes figurent dans les conditions générales : apprenez à les lire avec notre guide sur les conditions générales.
Levier 2 : ajuster les options
C'est souvent le geste le plus efficace. Beaucoup de contrats se sont empilés avec les années : une couverture dentaire souscrite pour un enfant devenu adulte, une médecine alternative jamais utilisée, une division d'hôpital choisie par habitude.
Passez vos options en revue une à une :
- Qu'ai-je réellement utilisé ces dernières années ?
- Cette prestation est-elle déjà couverte, au moins en partie, par la base ?
- Le montant remboursé justifie-t-il ce que je paie chaque mois ?
Pour le détail des couvertures, consultez le guide sur l'assurance dentaire, celui sur les médecines alternatives et la page hospitalisation commune, semi-privée ou privée. Descendre d'une division d'hôpital ou retirer une option peut suffire à alléger la facture sans toucher au reste.
Levier 3 : supprimer les doublons
Un doublon, c'est payer deux fois pour le même risque. Exemples typiques : une couverture accident dans la complémentaire alors que votre employeur vous assure déjà (voir assurance accidents), ou une assistance à l'étranger comprise dans une carte bancaire ou un autre contrat, en plus de votre complémentaire. Illustration : une famille établie à Lausanne découvre que deux contrats prévoient le rapatriement ; elle conserve le plus complet et résilie l'autre.
Un doublon se repère en alignant les contrats côte à côte, garantie par garantie. Un tableau simple suffit :
| Risque | Contrat A | Contrat B | Doublon ? |
|---|---|---|---|
| Hospitalisation | Complémentaire | Aucun | Non |
| Assistance à l'étranger | Complémentaire | Autre contrat | À vérifier |
| Accident | Employeur (LAA) | Complémentaire | À vérifier |
Levier 4 : changer de formule ou d'assureur
Changer de formule chez le même assureur ne passe pas toujours par une résiliation : une demande de modification suffit parfois. Attention toutefois : une formule plus avantageuse pour l'assureur peut être présentée comme une « amélioration ». Lisez ce qui est retiré avant d'accepter.
Changer d'assureur pour la base ne vous oblige pas à toucher aux complémentaires. La loi interdit à l'ancien assureur de vous contraindre à résilier vos complémentaires, ou de les résilier au seul motif de ce changement. Vous pouvez donc changer de caisse pour la base et garder vos complémentaires là où elles sont. Pour les délais de la base, le changement pour le 1er janvier suppose que l'assureur reçoive la résiliation au plus tard le 30 novembre ; voyez jusqu'à quelle date changer d'assurance maladie.
Quand résilier devient un piège
C'est le point le plus important de cette page. Le droit de résilier existe, mais ce qu'on perd en résiliant est rarement récupérable.
- Vous avez vieilli ou votre santé a changé. Un nouvel assureur peut poser des réserves, exclure une pathologie ou refuser le dossier. Le questionnaire de santé décide : lisez questionnaire de santé et réserves.
- Vous résiliez avant d'avoir une nouvelle offre acceptée. Si le refus tombe après la fin de l'ancien contrat, vous restez sans couverture, parfois définitivement.
- Vous résiliez un contrat ancien aux conditions favorables. Les contrats anciens contiennent parfois des clauses qu'on ne retrouve plus. Si une caisse vous ferme la porte, la page une caisse refuse de vous assurer explique les pistes.
- Vous attendez un projet de soins. Une grossesse, un traitement dentaire ou une opération prévue se couvrent avant, pas après.
Règle de prudence : ne résiliez jamais l'ancien contrat tant que le nouveau n'est pas confirmé par écrit.
Ce que dit la loi sur la résiliation
Dans une assurance complémentaire à l'assurance maladie sociale, seul le preneur d'assurance peut faire usage du droit de résiliation ordinaire. L'assureur ne peut donc pas résilier de lui-même au motif d'une échéance. Lorsque le contrat prend fin avant son échéance, la prime n'est due que jusqu'à la fin du contrat.
Autre garde-fou : en cas de diminution importante du risque, vous pouvez résilier avec un préavis de quatre semaines ou exiger une réduction de la prime. Si l'assureur refuse ou si sa proposition ne vous convient pas, vous disposez de quatre semaines après son avis pour résilier, avec un préavis de quatre semaines. Ces règles de la LCA ne s'appliquent pas à tous les cas : elles dépendent de la nature du risque et du contrat.
Démarche en cinq étapes
Pour la méthode générale, voyez comparer des assurances et la lettre type de résiliation d'assurance complémentaire. Vous pouvez aussi demander une comparaison gratuite : l'analyse individuelle tient compte de votre âge, de votre santé et de vos besoins réels.
Questions fréquentes
Peut-on baisser sa prime complémentaire sans résilier ?
Oui, souvent. Vous pouvez demander à retirer une option, à passer à une division d'hôpital moins étendue ou à adopter une formule avec participation. Cela se règle par un avenant au contrat. L'assureur confirme alors par écrit ce qui change.
Résilier une complémentaire est-il toujours possible ?
Le droit existe pour le preneur, dans les délais prévus par le contrat et la loi. Le problème n'est pas la résiliation elle-même, mais le retour en arrière : une fois sorti, vous n'êtes pas sûr d'être réadmis.
Changer de caisse pour la base m'oblige-t-il à quitter ma complémentaire ?
Non. L'ancien assureur ne peut ni vous contraindre à résilier vos complémentaires, ni les résilier uniquement parce que vous changez d'assureur pour la base.
Que faire si mon assureur augmente la prime ?
Comparez d'abord ce que vous avez réellement utilisé. Si le risque a diminué de façon importante, la LCA permet d'exiger une réduction ou de résilier avec un préavis de quatre semaines. En cas de désaccord sur la réduction proposée, vous avez quatre semaines après l'avis pour résilier.
Les doublons se remboursent-ils ?
Une prime n'est due que jusqu'à la fin du contrat résilié. En revanche, ce que vous avez déjà payé pour une période écoulée ne revient pas. D'où l'intérêt de repérer les doublons tôt.
Mon âge ou mon état de santé peuvent-ils bloquer un changement ?
Oui. En complémentaire, l'assureur peut refuser, poser des réserves ou exclure certaines prestations selon le questionnaire de santé. Pour cette raison, il faut avoir la réponse du nouvel assureur avant de quitter l'ancien.
Les primes moyennes de base m'aident-elles à situer mon budget ?
Un peu, pour la base seulement. Selon l'OFSP, la prime mensuelle moyenne, toutes classes d'âge confondues, est de CHF 487.20 à Genève en 2026 (CHF 508.60 en 2027) et de CHF 439.30 dans le canton de Vaud en 2026 (CHF 454.50 en 2027). Ces moyennes ne disent rien de vos complémentaires, qui dépendent du contrat.
Sources
- Loi sur le contrat d'assurance (LCA) — Fedlex
- Loi fédérale sur l'assurance-maladie (LAMal), franchises à option — Fedlex
- Changement d'assureur — Fedlex
- Modèles alternatifs, rabais, bonus — OFSP
- Changement d'assureur, de franchise, de modèle — Priminfo
- Primes moyennes (OFSP, communiqué du 29 septembre 2026)
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