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Question

Questionnaire de santé d'une assurance complémentaire : que déclarer, et qu'est-ce qu'une réserve ?

Oui, il faut répondre au questionnaire de santé avec exactitude : une réponse fausse peut entraîner la résiliation du contrat. Voici ce qu'il faut déclarer, ce que change une réserve et vos recours.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre d’assurance.

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Dans cette page
  1. Pourquoi l'assureur pose-t-il ces questions ?
  2. Que faut-il déclarer concrètement ?
  3. Oui, non, « je ne sais pas » : que se passe-t-il ?
  4. Réponse fausse : qu'est-ce que la réticence ?
  5. La réserve : accepter le risque, sauf une affection
  6. Recours et bons réflexes en cas de désaccord
  7. Questions fréquentes

Faut-il tout déclarer dans le questionnaire de santé d'une assurance complémentaire ? Oui : vous devez répondre complètement et exactement aux questions posées, car l'assureur fonde sa décision sur vos réponses. Si une réponse est fausse ou incomplète, il peut résilier le contrat, y compris après un sinistre. Une réserve, elle, est une manière honnête d'accepter un risque en excluant une affection précise.

Ce principe vaut pour les assurances complémentaires régies par la LCA (hospitalisation, soins dentaires, médecines alternatives). Il ne s'applique pas à l'assurance de base LAMal, qui ne pose pas de questionnaire de santé. Pour une vue d'ensemble de ces couvertures, consultez notre guide sur l'assurance complémentaire santé.

Pourquoi l'assureur pose-t-il ces questions ?

Une assurance complémentaire est un contrat privé. L'assureur n'est pas obligé de vous accepter, et il évalue le risque avant de s'engager. Le questionnaire de santé est son outil principal : il y interroge votre état de santé, vos traitements, vos hospitalisations passées ou prévues, parfois votre taille et votre poids.

La loi pose le cadre. Le proposant doit déclarer tous les faits importants pour apprécier le risque qu'il connaît ou doit connaître (art. 4 al. 1). Et sont réputés importants les faits au sujet desquels l'assureur a posé des questions précises et non équivoques (art. 4 al. 3). En clair : vous répondez à ce qu'on vous demande, et ce que l'assureur demande clairement devient, de fait, important.

Deux conséquences pratiques :

  • une question vague ou ambiguë vous laisse davantage de marge qu'une question nette ;
  • ce qui n'a pas été demandé n'a pas à être raconté spontanément, même si vous pouvez toujours le préciser.

Que faut-il déclarer concrètement ?

Lisez chaque question comme elle est écrite, sans l'élargir ni la restreindre. Les rubriques habituelles :

Thème du questionnaire Ce qu'on vous demande en général
Traitements en cours Médicaments, thérapies, suivi régulier
Antécédents Maladies, opérations, hospitalisations passées
Projets médicaux Examens, interventions ou soins déjà prévus
Symptômes non éclaircis Douleurs ou troubles pour lesquels un avis médical est en cours
Mode de vie Selon l'assureur : consommation de tabac, sport, mesures corporelles

Le libellé exact varie d'un assureur à l'autre, et c'est le texte de votre questionnaire qui compte. Demandez une copie de vos déclarations si vous n'en avez pas : l'assureur remet une police et, sur demande, une copie des déclarations faites par le proposant (art. 11 al. 1 et 2). Gardez-la avec vos conditions générales.

Ce que vous ne savez pas

La loi parle de faits que vous connaissez ou que vous devez connaître. Un problème dont personne ne vous a jamais parlé ne peut pas être « caché ». En revanche, un résultat d'examen reçu, un diagnostic posé ou un traitement prescrit se déclare, même si vous pensez que « ce n'est rien ». En cas de doute réel, demandez à votre médecin ou répondez en précisant l'incertitude sur la ligne de commentaire du formulaire.

Oui, non, « je ne sais pas » : que se passe-t-il ?

Le schéma suivant résume le raisonnement le plus courant devant une question de santé.

Une question de santé vous est poséeSavez-vous que le fait demandé vous concerne(traitement, diagnostic, hospitalisation) ?OuiRépondez-vous exactement, avec lesprécisions utiles ?OuiL'assureur peut accepter, proposer uneréserve ou refuser ; le contrat reposesur des bases saines.NonEst-ce que l'assureur a posé une questionprécise et claire ?OuiRéponse inexacte = réticence ;l'assureur peut résilier le contratpar écrit.NonQuestion vague ; l'importance du faitest discutable, à faire examiner aucas par cas.NonUn doute subsiste-t-il sur un symptôme, unexamen ou un avis médical ?OuiDemandez conseil à votre médecin, puisrépondez en mentionnant l'incertitudeplutôt que de cocher « non ».NonRépondez « non » en toute bonne foi ; cequi vous était inconnu ne peut pas êtrereproché.
Une question de santé vous est posée

Si vous laissez une question sans réponse, l'assureur peut vous la reposer. Mais attention : s'il conclut le contrat malgré tout, il ne peut en principe plus invoquer ce silence plus tard (art. 8, cas où le preneur n'a pas répondu à une question et où l'assureur a néanmoins conclu).

Réponse fausse : qu'est-ce que la réticence ?

Il y a réticence lorsqu'un fait important a été omis ou déclaré inexactement alors que la question avait été posée. L'assureur peut alors résilier le contrat par écrit ou par un moyen permettant d'en établir la preuve par un texte ; la résiliation prend effet à la réception par le preneur (art. 6 al. 1).

Les effets sont sérieux :

  • Les prestations déjà versées peuvent être réclamées dans la mesure où le fait non déclaré a influé sur la survenance ou l'étendue du sinistre (art. 6 al. 3). L'assureur peut aussi cesser de payer pour des sinistres déjà survenus dans cette même mesure.
  • Le contrat se termine, donc vous perdez la couverture complémentaire, au moment où vous en avez peut-être besoin.
  • Retrouver une couverture devient plus difficile, puisque d'autres assureurs vous poseront à leur tour des questions, dont celle d'une éventuelle résiliation antérieure. Voyez aussi ce qui se passe quand une caisse refuse de vous assurer.

Les limites au droit de résilier

L'assureur n'a pas la partie facile pour autant. Le droit de résiliation s'éteint quatre semaines après qu'il a eu connaissance de la réticence (art. 6 al. 2). Et malgré la réticence, il ne peut pas résilier notamment dans ces cas (art. 8 ch. 1 à 6) :

  • le fait a cessé d'exister avant le sinistre ;
  • l'assureur a provoqué lui-même la réticence ;
  • il connaissait ou devait connaître le fait ;
  • le preneur n'a pas répondu à une question et l'assureur a néanmoins conclu.

Exemple : une Lausannoise remplit son questionnaire en ligne et oublie de mentionner un traitement terminé qu'on ne lui demandait pas de signaler. Si la question visait seulement les traitements en cours, il n'y a pas de réticence. Si elle visait aussi les traitements passés, la situation est différente. Tout se joue sur le texte exact du questionnaire, d'où l'intérêt de garder votre copie.

La réserve : accepter le risque, sauf une affection

Quand l'assureur estime qu'un problème de santé augmente le risque, il peut au lieu de refuser vous proposer une réserve : l'affection concernée (et ses suites) est exclue de la couverture, le reste étant assuré. Selon l'offre, la réserve est :

  • temporaire, pour une durée précisée dans l'offre ou la police ;
  • définitive, pour toute la durée du contrat.
Réserve temporaire Réserve définitive
Portée Une affection, pour une période Une affection, sans limite
Fin Au terme prévu dans l'offre Jamais, sauf accord écrit
À vérifier La date de fin et sa formulation Les suites et complications visées

Une réserve ne vous est opposable que si elle figure clairement dans l'offre ou la police que vous acceptez. Lisez-la avec soin : « le dos » n'a pas la même portée que « une hernie discale précise ». Le texte doit désigner l'affection assez précisément pour que vous sachiez ce qui est exclu.

Vous êtes libre de refuser une offre avec réserve. Dans ce cas, il faut comparer : certaines couvertures aux conditions différentes peuvent mieux correspondre à votre situation. Notre comparateur d'hospitalisation complémentaire et la page sur les formules d'hospitalisation aident à fixer vos priorités avant de remplir un nouveau questionnaire.

Recours et bons réflexes en cas de désaccord

Si l'assureur résilie pour réticence, ou vous oppose une réserve que vous contestez :

  1. Demandez la copie de vos déclarations et relisez les questions posées.
  2. Notez les dates : résiliation reçue, connaissance éventuelle des faits par l'assureur.
  3. Contestez par écrit en vous appuyant sur le texte de la question et sur les limites vues plus haut.
  4. Saisissez l'ombudsman de l'assurance, un organe de médiation gratuit pour de nombreux litiges, avant d'envisager la voie judiciaire.
  5. Consultez vos droits dans notre page sur les droits de l'assuré selon la LCA.

Si l'assureur a manqué à son obligation d'information (identité, éléments principaux du contrat, conditions générales remises au moment de la proposition), vous pouvez à votre tour résilier le contrat : ce droit s'éteint quatre semaines après que vous avez eu connaissance de la contravention, et au plus tard deux ans après (art. 3 et 3a). Une analyse individuelle reste utile, car la réponse dépend de vos documents.

Questions fréquentes

Dois-je déclarer un problème de santé guéri ?

Cela dépend de la question posée. Si elle porte sur les antécédents ou sur une période passée, déclarez-le. Si elle ne vise que l'état actuel ou les traitements en cours, un problème terminé n'a pas à y figurer. Le texte exact de votre questionnaire fait foi.

Mon médecin peut-il remplir le questionnaire à ma place ?

Il peut vous aider à formuler un diagnostic, mais la responsabilité des réponses reste la vôtre : c'est vous qui signez. Certains assureurs demandent aussi un rapport médical, que vous autorisez par écrit.

Que se passe-t-il si j'ai oublié une information de bonne foi ?

L'assureur peut quand même invoquer la réticence, mais il doit remplir les conditions de la loi, et il peut y avoir des exceptions, par exemple s'il connaissait ou devait connaître le fait. Contestez par écrit et appuyez-vous sur le texte de la question.

Une réserve peut-elle être levée plus tard ?

Une réserve temporaire prend fin à l'échéance indiquée dans l'offre. Pour une réserve définitive, l'assureur peut parfois la réexaminer à votre demande si votre état a évolué, mais il n'y est pas tenu : vérifiez vos conditions générales.

Y a-t-il un questionnaire pour l'assurance de base LAMal ?

Non. L'assurance de base ne repose pas sur votre état de santé : les caisses ne peuvent pas refuser ni poser de réserve pour la couverture obligatoire. Le questionnaire concerne les complémentaires.

Peut-on changer d'assureur complémentaire sans repasser de questionnaire ?

Non en règle générale : un nouvel assureur évalue votre risque et vous soumet son propre questionnaire. Ce point pèse dans le choix de changer d'assurance ; il vaut mieux comparer avant de résilier l'ancien contrat.

Un employeur ou un contrat collectif change-t-il quelque chose ?

Dans une assurance collective conclue par l'employeur, l'entreprise doit informer les employés des principaux éléments du contrat (art. 3 al. 2). Les règles sur les questions de santé dépendent du contrat collectif : lisez-en les conditions.

Qui peut m'aider à choisir une offre avec ou sans réserve ?

Une analyse individuelle de votre situation permet de peser les options. Pour connaître les offres réelles et leurs conditions, demandez une comparaison gratuite : le gabarit de la page vous y mène. Vous pouvez aussi découvrir comment payer moins pour ses complémentaires sans perdre de couverture utile.

Sources

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