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Assurance dentaire en Suisse : ce que couvrent la base et la complémentaire

L'assurance dentaire suisse n'existe pas dans la base : la LAMal ne rembourse les soins des dents que dans des cas précis. Voici comment fonctionne la complémentaire, où elle s'arrête et quoi vérifier avant de signer.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre d’assurance.

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Dans cette page
  1. L'assurance obligatoire et les dents : le principe
  2. Les cas où la LAMal paie quand même
  3. Soins dentaires : qui paie quoi, en un coup d'œil
  4. La complémentaire dentaire : à quoi sert-elle ?
  5. Orthodontie : un chapitre à part
  6. Prévention et dépistage : ce que la base ne couvre pas
  7. Enfants et adolescents
  8. Frontaliers, expatriés et soins à l'étranger
  9. Les pièges à connaître avant de signer
  10. Une complémentaire dentaire vaut-elle la peine ?
  11. Checklist avant de souscrire ou de renouveler
  12. Si votre dentiste propose un traitement : le bon réflexe
  13. Questions fréquentes

Beaucoup de personnes qui s'installent en Suisse découvrent la même chose au premier rendez-vous chez le dentiste : la facture ne part pas automatiquement à la caisse maladie. L'assurance dentaire suisse, au sens d'une couverture qui rembourserait les soins courants, n'existe pas dans l'assurance obligatoire. La loi réserve la prise en charge à des situations bien délimitées, liées à une maladie grave, à un accident ou à une infirmité congénitale. Tout le reste, du détartrage à la couronne en passant par l'appareil dentaire, relève de votre budget ou d'une assurance complémentaire facultative.

Ce guide vous aide à comprendre où passe la frontière entre la base et le facultatif, à lire une offre de complémentaire dentaire sans vous laisser surprendre par les délais d'attente, les plafonds annuels ou les exclusions, et à décider si un tel contrat a du sens pour votre situation. Il s'agit d'une information générale : la réponse exacte dépend de votre contrat, de votre état de santé et des conditions générales de chaque assureur.

L'assurance obligatoire et les dents : le principe

L'assurance obligatoire des soins (LAMal) rembourse les prestations qui servent à diagnostiquer ou à traiter une maladie et ses séquelles. Ce principe général est posé à l'art. 25 al. 1 de la loi. Pour la plupart des organes, il suffit donc d'être malade pour que le traitement soit pris en charge. Les dents font exception : le législateur a considéré que les affections dentaires courantes, comme la carie ou la perte de dents liée à l'âge, sont en grande partie évitables par l'hygiène et le suivi régulier. Elles ne sont donc pas traitées comme une maladie au sens de l'assurance de base.

Concrètement, l'art. 31 al. 1 de la LAMal ne prévoit une prise en charge des soins dentaires que dans trois familles de situations :

  • les soins occasionnés par une maladie grave et non évitable du système de la mastication ;
  • les soins occasionnés par une autre maladie grave ou ses séquelles, ou nécessaires pour la traiter ;
  • les lésions du système de la mastication causées par un accident.

La liste détaillée des cas est fixée par le département fédéral de l'intérieur (DFI), qui désigne les soins dentaires pris en charge dans l'ordonnance sur les prestations de l'assurance des soins (OPAS). C'est donc une liste fermée : si votre cas n'y figure pas, la caisse ne paie pas, même si le traitement est médicalement utile et même s'il est cher.

Pourquoi la plupart des soins courants ne sont pas remboursés

Un contrôle annuel, un détartrage, un plombage, une dévitalisation, une couronne, un bridge, un implant ou une prothèse amovible : en règle générale, aucune de ces prestations n'est à la charge de l'assurance de base lorsqu'elle répond à un besoin dentaire ordinaire. Il en va de même des traitements esthétiques, comme le blanchiment, et de la plupart des corrections de position des dents. Votre franchise LAMal n'entre d'ailleurs pas en jeu pour ces frais, puisqu'ils ne sont pas facturés à la caisse : vous les réglez directement au cabinet.

Cette réalité surprend d'autant plus que la franchise et la quote-part sont, pour beaucoup d'assurés, la seule règle de participation connue. Pour revoir la mécanique de la franchise sur le reste des soins, vous pouvez consulter notre page sur la franchise LAMal.

Les cas où la LAMal paie quand même

Les situations de prise en charge sont rares, mais elles existent et elles comptent. Les connaître vous évite de payer par erreur un traitement qui aurait dû être pris en charge, ou de renoncer à demander une garantie.

Maladie grave et non évitable de l'appareil masticateur

L'OPAS prévoit la prise en charge de soins dentaires occasionnés par certaines maladies graves et non évitables du système de la mastication, à condition que l'affection puisse être qualifiée de maladie et dans la mesure où le traitement de l'affection l'exige (art. 17 OPAS). On pense à des atteintes qui ne résultent ni d'un manque d'hygiène ni d'un défaut de soins, mais d'un processus pathologique indépendant de la volonté du patient. L'appréciation se fait cas par cas, sur la base du dossier médical et dentaire.

Autres maladies graves : la garantie préalable de l'assureur

Pour d'autres maladies graves figurant sur une liste, comme certaines leucémies, la sclérodermie ou le SIDA, les soins dentaires ne sont pris en charge que si l'assureur-maladie donne préalablement une garantie spéciale, en tenant compte de la recommandation de son médecin-conseil (art. 18 al. 1 et 2 OPAS). Le mot important est « préalablement » : un traitement commencé sans accord écrit risque de rester à votre charge. Demandez donc toujours un devis détaillé à votre dentiste, faites-le transmettre à la caisse et attendez sa réponse avant de commencer.

Soins nécessaires à un traitement médical

L'assurance prend aussi en charge les soins dentaires nécessaires pour réaliser et garantir un traitement médical dans quelques situations précises : lors du remplacement de valves cardiaques, d'une radiothérapie ou d'une chimiothérapie pour une pathologie maligne, d'une endocardite ou d'un syndrome de l'apnée du sommeil (art. 19 let. a, c, d, e OPAS). La logique est celle de la sécurité du traitement principal : on assainit la bouche pour éviter qu'une infection dentaire ne compromette une opération ou une thérapie lourde.

Infirmités congénitales

Les traitements dentaires occasionnés par les infirmités congénitales listées à l'art. 19a al. 2 OPAS sont pris en charge lorsqu'ils sont nécessaires après la 20e année. Avant la 20e année, la règle vaut pour un assuré soumis à la LAMal mais non assuré par l'AI fédérale (art. 19a al. 1). Pour les jeunes assurés par l'AI, c'est en principe cette dernière qui intervient, ce qui montre qu'il faut vérifier quel régime s'applique avant toute démarche.

Anesthésie générale

Une anesthésie générale est prise en charge lors des soins dentaires visés aux art. 17 à 19a si ces soins ne peuvent pas être fournis sans elle. Elle l'est aussi lors d'autres soins dentaires qui ne peuvent être fournis sans anesthésie générale en raison d'un handicap mental ou physique grave (art. 19b let. a et b OPAS). La simple peur du dentiste ne suffit pas : c'est l'impossibilité médicale de soigner autrement qui compte.

Accident : la distinction qui fait la différence

Les lésions du système de la mastication causées par un accident sont prises en charge (art. 31 al. 1 LAMal). Dans la pratique, deux assurances peuvent intervenir : l'assurance accidents obligatoire des salariés (LAA), si vous êtes couvert par votre employeur, ou la LAMal avec sa couverture accident, si vous ne l'avez pas suspendue. Un choc au visage, une chute à vélo ou un coup de ballon qui casse une dent doivent être annoncés sans attendre. Attention à ne pas confondre l'accident avec l'usure : croquer un noyau ou mordre dans un aliment dur n'est en général pas assimilé à un accident, car il manque un facteur extérieur extraordinaire. Pour comprendre qui couvre quoi, voyez notre guide sur l'assurance accidents en Suisse.

Soins dentaires : qui paie quoi, en un coup d'œil

Le schéma suivant résume les situations types. Il s'agit d'une vue d'ensemble : chaque dossier est examiné individuellement.

Soins dentaires, LAMal, complémentaire ou à votre chargeLAMalComplémentaire dentaireÀ votre chargeCarie ou plombagecourantNonSouvent, dans leslimites du contratSinon ouiContrôle et détartrageNonSelon le contratSinon ouiCouronne ou prothèseNonPart prévue au contratLe soldeAppareil dentaire del'enfantNonSelon la formulechoisieLe soldeMaladie grave listéeOui sous conditionsSans objetHors cas pris en chargeDent abîmée par unaccidentOui, ou assuranceaccidentsSans objetHors prise en chargeSoins avant unechimiothérapieOuiSans objetNon
Soins dentaires, LAMal, complémentaire ou à votre charge

La complémentaire dentaire : à quoi sert-elle ?

Une assurance complémentaire dentaire relève de la loi sur le contrat d'assurance (LCA), pas de la LAMal. Elle est donc entièrement facultative et vous en fixez le contenu en choisissant une formule. L'assureur est libre d'accepter ou de refuser votre demande, de poser des réserves et de définir ses propres limites. Pour replacer ce produit parmi les autres options, consultez le guide général sur l'assurance complémentaire santé.

Ce que ces contrats prévoient typiquement

Les formules varient beaucoup d'un assureur à l'autre. On retrouve toutefois des familles de garanties :

  • Soins conservateurs : consultations, plombages, traitements de racine. Certains contrats les couvrent, d'autres les excluent.
  • Prévention : contrôle, détartrage, éventuellement séance chez l'hygiéniste dentaire. Souvent proposée comme garantie de base du contrat.
  • Prothèses et réparations : couronnes, bridges, prothèses amovibles. Le contrat fixe en général une part remboursée.
  • Implants : fréquemment limités ou exclus, ou soumis à un plafond distinct.
  • Orthodontie : surtout pour les enfants et les adolescents, avec une limite d'âge et une durée de traitement encadrées par le contrat.
  • Soins à l'étranger : parfois pris en compte, parfois non.

Aucune formule ne couvre « tout ». Une couverture qui paraît large sur la brochure peut devenir étroite à la lecture des conditions générales, d'où l'importance de comparer les clauses plutôt que les slogans. Sur ce réflexe, notre page sur la façon de lire ses conditions générales d'assurance donne la méthode.

Le mode de remboursement

Deux logiques s'opposent. Dans la première, l'assureur rembourse un pourcentage de la facture, jusqu'à un plafond annuel. Dans la seconde, il verse un forfait ou un montant maximal par type de soin. Dans les deux cas, le plafond annuel est le chiffre qui détermine la véritable utilité du contrat : un plafond bas est vite épuisé par une seule couronne. Ne lisez donc pas seulement le pourcentage affiché, regardez aussi le montant maximum remboursé par année civile et par personne, et si ce plafond s'applique à toutes les prestations ensemble ou à chacune séparément.

Les délais d'attente

C'est le piège le plus fréquent. De nombreux contrats prévoient un délai d'attente, aussi appelé délai de carence, pendant lequel vous payez la prime sans pouvoir demander de remboursement pour certaines prestations. Il est souvent plus long pour les prothèses, les implants et l'orthodontie que pour la prévention. Sa durée dépend de chaque contrat et ne se devine pas : elle figure dans les conditions générales. Le point de départ est la date d'entrée en vigueur de la garantie, pas la date de votre demande. Si vous savez qu'un traitement lourd approche, souscrire la veille du rendez-vous ne sert à rien : les soins déjà prévus ou commencés sont généralement exclus, et le délai d'attente retarde de toute façon la prise en charge. Un glossaire du délai de carence est disponible si vous voulez fixer le vocabulaire.

Le questionnaire de santé et les réserves

Comme pour les autres complémentaires, l'assureur peut vous soumettre un questionnaire. Il demandera l'état de votre dentition, les traitements en cours ou planifiés, les extractions récentes. Vous devez répondre complètement et exactement : une omission peut permettre à l'assureur de se départir du contrat et de refuser des prestations. Il peut aussi poser une réserve, c'est-à-dire exclure certaines dents ou certains traitements, parfois pour la durée du contrat. Lisez cette clause avec attention : elle peut vider la garantie de sa substance pour votre cas précis. Les règles sur ce que l'on doit déclarer sont détaillées dans notre page sur le questionnaire de santé et les réserves.

Orthodontie : un chapitre à part

L'appareil dentaire pour un adolescent est probablement le poste dentaire qui préoccupe le plus les familles. Le principe est le même que pour le reste : l'assurance obligatoire ne le rembourse pas lorsqu'il s'agit d'une simple malposition des dents, même importante. Elle n'intervient que dans le cadre des cas listés, par exemple une infirmité congénitale reconnue. Pour le reste, deux voies existent : financer soi-même, ou disposer d'une complémentaire qui prévoit l'orthodontie.

Dans ce second cas, trois éléments décident de tout : le délai d'attente avant la première prestation, la limite d'âge à laquelle le traitement doit commencer, et le plafond total versé sur la durée du contrat. Un contrat souscrit alors que l'orthodontie est déjà recommandée sera souvent assorti d'une réserve ou refusé. Pour les familles, il vaut mieux se poser la question tôt, avant que le dentiste ne pose un diagnostic. Le détail se trouve dans notre page consacrée à l'orthodontie et à l'assurance.

Les gouttières dentaires, utilisées contre le grincement des dents ou pour protéger la mâchoire, suivent leurs propres règles, qui dépendent de l'indication médicale et du contrat. Elles font l'objet d'un guide dédié sur le remboursement des gouttières.

Prévention et dépistage : ce que la base ne couvre pas

L'assurance obligatoire rembourse certains examens destinés à détecter à temps les maladies, ainsi que des mesures préventives en faveur d'assurés particulièrement menacés, lorsqu'ils sont effectués ou prescrits par un médecin (art. 26 LAMal). Cette règle de prévention ne s'étend pas, en pratique, aux contrôles dentaires de routine ni au détartrage. C'est pourquoi la prévention dentaire est presque toujours une prestation de complémentaire, ou une dépense à planifier.

Cela n'enlève rien à son intérêt. Un contrôle régulier permet de repérer une carie à un stade où le traitement reste simple, tandis qu'une dent soignée trop tard peut exiger une dévitalisation, puis une couronne. Même sans complémentaire, le contrôle périodique est le meilleur levier pour limiter la facture dentaire sur la durée.

Enfants et adolescents

Pour les enfants jusqu'à 18 ans, l'assurance de base ne prévoit pas de franchise et la quote-part annuelle maximale est de CHF 350. Ces règles de participation concernent les soins remboursés par la LAMal : elles ne changent rien au fait que les soins dentaires courants ne le sont pas. Une famille ne doit donc pas penser que l'absence de franchise pour l'enfant signifie que la visite chez le dentiste sera prise en charge.

Il existe des complémentaires qui incluent les enfants avec des conditions spécifiques, notamment pour l'orthodontie et les soins conservateurs. Elles sont souvent plus accessibles à souscrire tôt, car l'état de santé dentaire est encore peu marqué. Le panorama complet du sujet est dans notre page sur l'assurance maladie pour enfant.

Exemple : une famille établie à Lausanne avec deux enfants constate que le premier a besoin d'un suivi orthodontique, alors que le second n'a aucun problème. Si elle n'avait pas de complémentaire, elle devrait régler la totalité de l'appareil. Si elle en avait souscrit une avant tout diagnostic, elle se verrait appliquer le délai d'attente du contrat, puis les limites de remboursement. Dans les deux cas, le devis détaillé du dentiste, demandé avant de commencer, permet d'y voir clair.

Frontaliers, expatriés et soins à l'étranger

Un frontalier qui travaille à Genève peut être tenté de se faire soigner les dents de l'autre côté de la frontière, où les tarifs peuvent différer. La question du remboursement dépend alors de deux choses : l'assurance qui vous couvre (LAMal ou régime du pays de résidence) et le contrat de complémentaire. L'assurance obligatoire des soins prend en charge les traitements d'urgence à l'étranger (art. 36 al. 2 OAMal), mais cette règle vise l'urgence, pas un plan de traitement programmé. Les soins dentaires planifiés à l'étranger ne sont donc, en général, pas remboursés par la base. Certaines complémentaires les acceptent, d'autres les limitent aux urgences. Notre page sur les soins dentaires à l'étranger détaille les situations.

Les pièges à connaître avant de signer

Plusieurs erreurs reviennent chez les personnes qui souscrivent une complémentaire dentaire sans lire les conditions.

  1. Souscrire trop tard. Le contrat ne couvre généralement pas un traitement déjà recommandé ou commencé. Un contrat signé après un diagnostic sera exclu pour ce cas.
  2. Ignorer le délai d'attente. Vous cotisez pendant la période d'attente sans pouvoir être remboursé, et vous pouvez devoir reporter vos soins.
  3. Se fier au pourcentage. Un taux de remboursement élevé ne vaut rien si le plafond annuel est faible ou si la prestation est exclue.
  4. Oublier la franchise ou la participation propre à la complémentaire. Certaines formules gardent une part à votre charge, même dans la limite du plafond.
  5. Négliger le plan de traitement. Pour les gros travaux, beaucoup d'assureurs exigent un devis préalable. Sans lui, le remboursement peut être réduit ou refusé.
  6. Confondre prévention et soins. Une garantie de prévention couvre souvent un contrôle et un détartrage, pas les soins qui en découlent.
  7. Ne pas vérifier le fournisseur. Certains modèles ou contrats limitent le choix du praticien. La loi permet à l'assuré de restreindre son choix à des fournisseurs désignés par l'assureur, qui ne rembourse alors que les prestations de ces fournisseurs, sous réserve des prestations obligatoires garanties (art. 41 al. 4 LAMal). Vérifiez si votre contrat contient une logique comparable.
  8. Penser que la LAMal complète automatiquement. Elle ne remboursera pas la différence si la complémentaire a un plafond.
  9. Ne pas anticiper la résiliation. Les contrats de complémentaire ont leurs propres échéances et délais de résiliation, différents de ceux de l'assurance de base. La possibilité de changer en cours d'année, limitée à certains assurés au modèle standard avec franchise ordinaire dans la LAMal, ne s'applique pas telle quelle aux contrats LCA.

Quand vous envisagez de quitter un contrat, la règle d'or est de ne jamais résilier l'ancien avant d'avoir la confirmation écrite du nouveau, car une nouvelle demande peut être refusée ou assortie de réserves. Les guides sur changer d'assurance en Suisse et sur la résiliation précisent la marche à suivre.

Une complémentaire dentaire vaut-elle la peine ?

Il n'y a pas de réponse unique. La question se pose comme pour toute assurance : le contrat doit couvrir un risque que vous ne pourriez pas supporter seul, ou un poste de dépenses suffisamment régulier pour justifier de cotiser. Plusieurs éléments permettent de peser.

Les situations où elle peut se justifier

  • Une famille avec des enfants en croissance, qui anticipe un traitement orthodontique et qui peut souscrire avant tout diagnostic.
  • Une personne qui consulte régulièrement et qui souhaite lisser des dépenses de contrôle, détartrage et petits soins.
  • Un assuré dont les dents sont fragiles et dont le dentiste anticipe des travaux dans les années à venir, à condition que le contrat accepte de couvrir ce risque.

Les situations où elle apporte peu

  • Un contrat à plafond très bas, que quelques soins suffisent à épuiser.
  • Un besoin déjà identifié et programmé, que le contrat exclura ou retardera.
  • Un budget serré, où le montant cumulé des cotisations sur plusieurs années dépasse ce que l'on attend raisonnablement de recevoir. Dans ce cas, un compte d'épargne dédié aux soins dentaires, alimenté chaque mois, peut jouer le même rôle sans condition de santé ni délai d'attente.

Exemple : un indépendant de Neuchâtel, sans enfant, qui fait contrôler ses dents chaque année et n'a jamais eu de gros travaux, a peu d'intérêt à s'engager dans un contrat de longue durée avec délai d'attente. À l'inverse, un couple de Fribourg dont la dentition a déjà demandé plusieurs couronnes devra surtout vérifier que son état n'est pas exclu par une réserve avant de comparer les prestations.

Pour comparer sérieusement, regardez les critères et non les promesses : plafond annuel, pourcentage, délai d'attente, exclusions, limite d'âge, exigence de devis, durée d'engagement. Notre méthode générale est expliquée dans le guide pour comparer des assurances.

Checklist avant de souscrire ou de renouveler

  • Noter les soins dentaires déjà recommandés ou en cours, car ils seront probablement exclus
  • Lire le délai d'attente pour chaque type de prestation (prévention, soins, prothèses, orthodontie)
  • Relever le plafond annuel et préciser s'il est global ou par prestation
  • Vérifier le mode de remboursement : pourcentage, forfait ou montant maximal
  • Contrôler les exclusions explicites : implants, esthétique, soins à l'étranger
  • Demander si un devis préalable est obligatoire pour les travaux importants
  • Répondre au questionnaire de santé de façon complète et exacte
  • Regarder la limite d'âge pour l'orthodontie des enfants
  • Noter l'échéance et le délai de résiliation du contrat
  • Ne résilier l'ancien contrat qu'après la confirmation écrite du nouveau

Si votre dentiste propose un traitement : le bon réflexe

Avant tout acte important, demandez un devis détaillé qui indique le diagnostic, les actes prévus et leur motif. Ce document sert à deux choses. D'abord, il permet à l'assureur de dire si le cas relève de la LAMal, de l'assurance accidents ou d'une garantie de complémentaire. Ensuite, il vous évite de découvrir après coup qu'une garantie spéciale était nécessaire, comme pour les maladies graves listées. Si vous pensez que votre situation relève d'un des cas pris en charge, par exemple parce que les soins précèdent une chimiothérapie, signalez-le explicitement au cabinet : le dentiste doit alors motiver la demande par un rapport médical.

En cas de refus que vous jugez injustifié, vous pouvez demander une décision formelle de l'assureur de base, puis la contester dans les formes. Pour la complémentaire, un litige se règle d'abord par la voie amiable, et le recours à l'ombudsman des assurances est une démarche gratuite possible pour les questions liées aux assurances privées.

Questions fréquentes

La LAMal rembourse-t-elle les soins dentaires ?

Seulement dans des cas limités. La loi prévoit une prise en charge pour les soins occasionnés par une maladie grave et non évitable du système de la mastication, par une autre maladie grave ou ses séquelles, ou nécessaires pour la traiter, ainsi que pour les lésions causées par un accident. Les soins courants comme les caries, les couronnes ou le détartrage restent à votre charge ou à celle d'une complémentaire.

Une complémentaire dentaire est-elle obligatoire ?

Non. Elle relève de la LCA et elle est entièrement facultative. Vous pouvez choisir de ne pas en avoir, d'en souscrire une seule pour les enfants, ou de prendre une formule couvrant toute la famille. Le seul contrat de santé obligatoire est l'assurance de base.

Peut-on souscrire une assurance dentaire quand on a déjà besoin de soins ?

C'est possible de déposer une demande, mais l'assureur peut la refuser, poser une réserve ou exclure les traitements déjà prévus. Les soins recommandés avant la souscription sont généralement non couverts, et un délai d'attente peut s'ajouter. Il vaut mieux se couvrir avant que le besoin n'apparaisse.

Qu'est-ce qu'un délai d'attente en assurance dentaire ?

C'est la période, fixée par le contrat, pendant laquelle vous payez la prime sans pouvoir être remboursé pour certaines prestations. Elle varie selon les soins : plus courte pour la prévention, souvent plus longue pour les prothèses, les implants et l'orthodontie. Sa durée est écrite dans les conditions générales, et il faut la lire avant de signer.

Mon enfant a besoin d'un appareil dentaire : l'assurance rembourse-t-elle ?

L'assurance de base ne rembourse pas, sauf cas particulier comme une infirmité congénitale reconnue. Seule une complémentaire qui prévoit l'orthodontie peut participer aux frais, selon son délai d'attente, sa limite d'âge et son plafond. Il est préférable de se renseigner avant que le diagnostic ne soit posé.

Une dent cassée lors d'un accident est-elle remboursée ?

Oui, les lésions du système de la mastication causées par un accident sont prises en charge, par l'assurance accidents obligatoire si vous êtes salarié, ou par la LAMal avec sa couverture accident dans les autres cas. Annoncez l'accident rapidement, conservez les pièces médicales et demandez un devis avant les soins. Une dent qui se brise en mordant dans un aliment n'est en général pas considérée comme un accident.

Les soins dentaires faits à l'étranger sont-ils couverts ?

L'assurance de base couvre les traitements d'urgence à l'étranger, mais pas un plan de soins programmé. Pour des soins dentaires planifiés, tout dépend de votre complémentaire, qui peut les exclure, les limiter ou les accepter à certaines conditions. Vérifiez la clause territoriale avant de prendre rendez-vous.

Une complémentaire dentaire peut-elle être résiliée en cours d'année ?

Cela dépend du contrat. Les complémentaires LCA ont leurs propres échéances et délais de résiliation, indiqués dans la police. Ne confondez pas avec les règles de l'assurance de base, où le changement en cours d'année est limité à certains assurés au modèle standard avec franchise ordinaire. Dans tous les cas, ne résiliez pas avant d'avoir une confirmation écrite de votre nouvelle couverture.

Sources

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