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Guide

Assurance médecine alternative en Suisse : ce que couvrent la LAMal et les complémentaires

L'assurance médecine alternative en Suisse repose sur deux étages : la LAMal, qui ne couvre que cinq disciplines pratiquées par des médecins formés, et les complémentaires, qui dépendent du contrat et de la reconnaissance du thérapeute.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre d’assurance.

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Dans cette page
  1. Deux étages, deux logiques
  2. Ce que la LAMal prend en charge : cinq disciplines
  3. Ce que la LAMal ne rembourse pas
  4. Ce que couvrent les assurances complémentaires
  5. Pourquoi la reconnaissance du thérapeute est décisive
  6. Discipline par discipline
  7. Trois illustrations fictives
  8. Les pièges fréquents
  9. Assurance de base : modèles alternatifs et médecines complémentaires
  10. Avant de signer, avant de résilier
  11. Que retenir ?
  12. Questions fréquentes

Vous consultez un homéopathe, vous pensez à l'acupuncture pour un dos qui coince, ou votre enfant sort d'une séance d'ostéopathie : à la fin, une facture arrive, et la question est toujours la même. Qui paie ? En matière d'assurance médecine alternative en Suisse, la réponse ne tient pas en un oui ou un non. Elle dépend de la discipline, du titre de la personne qui vous soigne, de votre contrat d'assurance complémentaire et, parfois, de détails de formulation dans les conditions générales.

Ce guide pose les bases : ce que l'assurance de base (LAMal) prend en charge, ce que les assurances complémentaires (LCA) peuvent ajouter, pourquoi la reconnaissance du thérapeute change tout, et quelles vérifications faire avant de signer ou de résilier. Il s'agit d'une information générale : votre situation personnelle se contrôle sur votre police et auprès de votre assureur.

Deux étages, deux logiques

Pour s'y retrouver, il faut d'abord séparer deux mondes qui ne fonctionnent pas du tout de la même manière.

L'assurance de base est obligatoire pour toute personne domiciliée en Suisse. Elle repose sur la LAMal, une loi fédérale : les assureurs doivent accepter chaque personne et rembourser les prestations que la loi et ses ordonnances définissent, ni plus ni moins. Les assureurs n'ont pas de marge pour ajouter une thérapie qui leur plaît, ni pour en retirer une qui leur coûte.

Les assurances complémentaires relèvent de la loi sur le contrat d'assurance (LCA). Elles sont facultatives, et chaque assureur compose ses propres produits, avec ses propres conditions. C'est là que se trouvent, en pratique, la plupart des remboursements de thérapies dites « douces » ou « naturelles ». Un assureur peut refuser une demande d'admission, poser des réserves, limiter ses prestations à un plafond annuel ou à certains thérapeutes. Pour le détail de ces règles, le guide sur l'assurance complémentaire santé donne le cadre général.

Retenez cette distinction : ce qui est obligatoire est fixé par la loi, ce qui est facultatif est fixé par votre contrat. Une affirmation du type « la caisse rembourse l'homéopathie » est donc incomplète tant qu'on n'a pas précisé de quelle caisse, de quel produit et de quel étage on parle.

Ce que la LAMal prend en charge : cinq disciplines

L'assurance de base rembourse les prestations de cinq disciplines de médecine complémentaire, énumérées à l'article 4b de l'ordonnance sur les prestations. Les voici, en langage courant :

  • l'acupuncture ;
  • la médecine anthroposophique ;
  • la pharmacothérapie de la médecine traditionnelle chinoise (les remèdes, pas toute la médecine chinoise) ;
  • l'homéopathie classique uniciste ;
  • la phytothérapie, soit les plantes médicinales.

Cette liste est fermée. Une discipline qui n'y figure pas n'est pas remboursée par l'assurance de base, quelle que soit sa popularité ou son efficacité supposée. Notez aussi deux précisions importantes dans les intitulés : on parle de « pharmacothérapie » pour la médecine chinoise, et d'homéopathie « classique uniciste », c'est-à-dire une pratique précise, pas toutes les approches qui se réclament de l'homéopathie.

La condition qui compte : le titre du médecin

Chacune de ces disciplines n'est prise en charge que si la prestation est fournie par un médecin qui détient le titre postgrade correspondant, délivré selon le programme de formation complémentaire de l'ISFM (l'institut suisse pour la formation médicale postgraduée et continue) indiqué à l'article 4b. Autrement dit :

  1. le soignant doit être médecin ;
  2. il doit disposer du titre postgrade de la discipline concernée ;
  3. la prestation doit entrer dans le cadre de l'assurance de base, comme tout soin remboursé.

Si une personne, même très compétente et très sérieuse, n'est pas médecin, ou si elle est médecin mais sans le titre correspondant, la LAMal ne paie pas ces séances. C'est la raison pour laquelle deux consultations qui se ressemblent peuvent être facturées différemment. Exemple : une patiente genevoise consulte un médecin titulaire du titre en acupuncture, puis, pour la même plainte, une praticienne non médecin formée à la même technique. La première séance relève de l'assurance de base, la seconde éventuellement de la complémentaire, si le contrat le prévoit.

Les règles habituelles de la LAMal restent valables : la franchise et la quote-part s'appliquent comme pour n'importe quel autre soin remboursé. Pour revoir leur fonctionnement, consultez la page sur la LAMal.

Ce que la LAMal ne rembourse pas

Dans la pratique, plusieurs approches très répandues sont hors de la liste des cinq disciplines :

  • l'ostéopathie, la naturopathie, la kinésiologie, la réflexologie, le shiatsu, la sophrologie ou encore la médecine ayurvédique ne figurent pas dans l'article 4b ;
  • l'homéopathie pratiquée selon d'autres méthodes que l'approche classique uniciste ;
  • les séances de thérapeutes non médecins, quelle que soit la discipline, y compris celles qui figurent sur la liste ;
  • les produits qui ne sont pas admis au remboursement par l'assurance de base : un remède prescrit en médecine complémentaire n'est pas automatiquement remboursé du seul fait de la prescription.

Il faut toutefois nuancer. L'ostéopathie, par exemple, n'est pas une discipline de médecine complémentaire au sens de l'article 4b, mais un médecin peut, dans certains cas, poser lui-même un diagnostic et prescrire un traitement relevant d'une prestation remboursable par ailleurs (de la physiothérapie, par exemple). Ce sont deux choses distinctes : l'ostéopathe non médecin n'est pas pris en charge par l'assurance de base, alors que la physiothérapie prescrite par un médecin l'est selon ses propres règles. Vérifiez toujours quelle prestation figure réellement sur la facture.

Le tableau ci-dessous résume la situation pour les thérapies les plus courantes.

Thérapie Assurance de base (LAMal) Assurance complémentaire (LCA)
Acupuncture Oui, si le médecin a le titre postgrade Souvent, pour les thérapeutes non médecins reconnus
Médecine anthroposophique Oui, si le médecin a le titre postgrade Selon le contrat
Médecine traditionnelle chinoise (remèdes) Oui, pour la pharmacothérapie, par un médecin titré Selon le contrat, pour les autres volets
Homéopathie classique uniciste Oui, si le médecin a le titre postgrade Souvent, pour les autres approches et thérapeutes
Phytothérapie Oui, si le médecin a le titre postgrade Selon le contrat
Ostéopathie Non Souvent, avec un thérapeute reconnu
Naturopathie Non Souvent, avec un thérapeute reconnu
Autres approches (shiatsu, réflexologie, kinésiologie) Non Parfois, selon la liste de l'assureur

Le mot « souvent » est volontairement prudent : il décrit une tendance observée dans les produits d'assurance, pas une promesse. Chaque assureur définit sa propre liste.

Où se situent les thérapies courantesAssurance de baseComplémentaireNon rembourséeAcupuncture par unmédecin titréOuiNon nécessaireNon applicableHoméopathie classiqueunicisteOui si médecin titréAutres approchesSelon la disciplinePhytothérapieOui si médecin titréSelon le contratSi le soignant n'estpas reconnuOstéopathieNonSouventSans thérapeute reconnuNaturopathieNonSouventSans thérapeute reconnuRéflexologie ou shiatsuNonParfoisFréquent
Où se situent les thérapies courantes

Ce que couvrent les assurances complémentaires

Les complémentaires qui incluent les médecines alternatives sont généralement vendues sous des noms qui varient d'un assureur à l'autre : « médecines douces », « thérapies naturelles », « médecine complémentaire », « ambulatoire », parfois comme module d'un produit plus large avec les lunettes, la prévention ou les cures. Le nom ne dit pas grand-chose. Seules les conditions générales et la liste des prestations le font.

Ce qui varie d'un contrat à l'autre

Pour comparer deux produits, regardez au minimum les points suivants :

  • La liste des thérapies : certaines sont nommées une à une, d'autres sont couvertes si le thérapeute est reconnu, sans liste précise.
  • Le thérapeute : un titre, un diplôme, une reconnaissance par un registre, ou un label accepté par l'assureur. C'est le critère le plus souvent déterminant.
  • Le plafond : limite par séance, par année civile, par discipline ou pour l'ensemble des médecines alternatives. Il est fixé par le contrat.
  • La part laissée à votre charge : certains contrats remboursent un pourcentage des frais, d'autres un montant limité.
  • Les exigences médicales : une prescription n'est pas toujours exigée, mais certains produits la demandent, ou limitent le nombre de séances au-delà d'un certain seuil.
  • Les exclusions : traitements préexistants, réserves posées à l'entrée, maladies précises, certaines indications.
  • Les produits : remèdes, plantes ou compléments alimentaires sont parfois inclus, parfois exclus, et le remboursement est souvent soumis à une liste.

Santé et admission : le questionnaire compte

Une complémentaire n'est pas automatique. L'assureur peut vous demander de remplir un questionnaire de santé, vous accepter, vous refuser ou vous accepter avec une réserve. Si vous souffrez déjà d'une affection pour laquelle vous envisagez des séances d'alternative, la réserve peut exclure précisément ce traitement. Il est donc préférable de lire attentivement la page consacrée au questionnaire de santé et aux réserves avant de remplir quoi que ce soit : une réponse incomplète ou inexacte peut, plus tard, être opposée à votre demande de remboursement.

À l'inverse, vous pouvez ne pas avoir besoin d'une complémentaire dédiée : si vos consultations ont lieu chez un médecin titulaire du bon titre postgrade, l'assurance de base y suffit. La complémentaire n'est utile que si vous avez recours, ou comptez avoir recours, à des thérapeutes non médecins ou à des disciplines qui sortent de la liste légale.

Pourquoi la reconnaissance du thérapeute est décisive

Le point qui surprend le plus : la qualité du thérapeute ne se mesure pas seulement à son expérience, mais à son statut vis-à-vis de l'assureur. Une personne peut être appréciée de ses patients depuis des années et ne pas être reconnue par votre assurance.

Il faut distinguer trois niveaux de reconnaissance :

  1. Le titre de médecin avec formation postgrade : c'est celui qui ouvre la porte à l'assurance de base pour les cinq disciplines.
  2. La reconnaissance par l'assureur dans le cadre de la complémentaire : l'assureur indique, dans ses conditions, quels diplômes, certificats ou affiliations il accepte. Ce sont souvent des registres professionnels ou des certifications délivrées par des organismes de la branche. Il est donc normal que deux assureurs n'acceptent pas la même liste.
  3. L'autorisation de pratiquer : elle relève du canton, qui réglemente certaines professions de santé. Cette autorisation ne vaut pas automatiquement reconnaissance par l'assureur : on peut être autorisé à pratiquer sans que l'assureur rembourse les séances.

Comment vérifier avant la première séance

Demandez au thérapeute quel titre et quelle reconnaissance il détient, puis vérifiez dans vos conditions générales ou auprès de votre assureur que ce statut est accepté pour votre produit. Voici une petite liste de contrôle à garder sous la main :

  • Relever le titre exact du thérapeute (médecin avec titre postgrade, ou thérapeute non médecin avec quel diplôme)
  • Vérifier que la discipline figure dans votre contrat, nommément ou par catégorie
  • Contrôler si votre contrat exige une reconnaissance particulière du thérapeute
  • Demander si une prescription ou un accord préalable est nécessaire
  • Noter le plafond annuel restant et le pourcentage remboursé
  • Conserver la facture détaillée, avec le nom, le titre et les prestations du thérapeute

La facture doit en effet mentionner le thérapeute, son titre ou sa reconnaissance, la discipline et la nature de la prestation. Une facture trop vague (« séance de bien-être ») est la première cause de refus.

Discipline par discipline

Acupuncture

C'est probablement la discipline la plus connue. Pratiquée par un médecin titulaire du titre postgrade, elle relève de l'assurance de base. Pratiquée par un thérapeute non médecin, elle peut être remboursée par la complémentaire, si le contrat nomme l'acupuncture ou la médecine chinoise et accepte la formation du thérapeute. Un point à surveiller : la médecine chinoise est un ensemble de pratiques (acupuncture, plantes, massage tuina, diététique), et le contrat ne les couvre pas forcément toutes. La page dédiée à l'acupuncture et à son remboursement détaille ces cas.

Homéopathie

La LAMal ne vise que l'homéopathie classique uniciste, c'est-à-dire la prescription d'un seul remède à la fois choisi selon l'ensemble du tableau du patient. D'autres approches (complexes, remèdes à plusieurs composants, conseils en officine) ne relèvent pas de l'assurance de base. Là encore, tout dépend du titre du médecin. Pour les remèdes eux-mêmes, la prise en charge suit les règles de remboursement des médicaments, qui ne sont pas les mêmes que celles de la consultation.

Phytothérapie

Les plantes médicinales sont couvertes par la LAMal lorsque le médecin dispose du titre correspondant. Les tisanes, teintures et extraits achetés sans prescription, en droguerie ou en magasin, ne sont généralement pas remboursés par l'assurance de base. Certaines complémentaires les incluent dans un plafond annuel, parfois avec une liste de produits acceptés.

Médecine traditionnelle chinoise

Dans l'assurance de base, seule la pharmacothérapie de la médecine traditionnelle chinoise est visée, c'est-à-dire la prescription de remèdes. L'acupuncture est, elle, une discipline distincte dans la liste. Ne supposez donc pas qu'un cabinet de « médecine chinoise » est entièrement couvert : demandez ce qui est facturé et par qui.

Médecine anthroposophique

Cette approche, qui prolonge la médecine conventionnelle par des remèdes et des thérapies spécifiques, est elle aussi dans la liste, sous réserve du titre du médecin. Les thérapies artistiques ou le massage rythmique proposés dans certaines cliniques ne sont pas pris en charge de la même façon que la consultation médicale : vérifiez ligne par ligne.

Ostéopathie

Elle n'est pas une discipline de l'article 4b. Les séances chez un ostéopathe sont donc remboursées, si elles le sont, par la complémentaire. De nombreux produits l'incluent, avec un plafond et une exigence de reconnaissance du thérapeute. Pour un nourrisson ou un enfant, certains contrats prévoient des conditions particulières, par exemple une prescription ou une limite de séances. Lisez-les avant de planifier plusieurs rendez-vous.

Naturopathie

La naturopathie réunit des pratiques très diverses (phytothérapie, nutrition, hydrothérapie, conseils d'hygiène de vie). Elle est hors de la LAMal. Sa prise en charge par la complémentaire dépend de la reconnaissance du naturopathe et, souvent, de la forme de son diplôme. Le même thérapeute peut être accepté par un assureur et refusé par un autre.

Autres approches

Shiatsu, réflexologie, kinésiologie, massages thérapeutiques, sophrologie, thérapies par le mouvement : certaines figurent sur des listes de complémentaires, d'autres pas du tout. La règle est la même : liste de l'assureur, reconnaissance du thérapeute, plafond. Pour les situations liées aux changements hormonaux, la page sur la ménopause et la médecine douce montre comment ces règles s'appliquent à un cas concret.

Trois illustrations fictives

Ces exemples sont fictifs. Ils servent uniquement à montrer comment le raisonnement s'applique.

Exemple 1 : Camille, à Lausanne. Elle souffre de douleurs cervicales et consulte un médecin généraliste qui a aussi le titre postgrade en acupuncture. La séance relève de l'assurance de base, soumise à la franchise et à la quote-part. Camille n'a donc pas besoin de complémentaire pour cette consultation. Si elle avait choisi un acupuncteur non médecin, la séance aurait été examinée au regard de son contrat complémentaire.

Exemple 2 : une famille à Fribourg. Les parents consultent régulièrement une ostéopathe pour leurs enfants. Leur complémentaire prévoit le remboursement de l'ostéopathie, mais seulement jusqu'à un plafond annuel par personne, et à condition que la thérapeute figure dans un registre accepté par l'assureur. Avant la rentrée, ils vérifient que la thérapeute est bien reconnue et comptent les séances restantes. Résultat : ils évitent une mauvaise surprise en fin d'année.

Exemple 3 : un frontalier qui travaille à Genève. Il aimerait faire rembourser des séances de naturopathie. Son statut et son choix d'assurance (LAMal ou assurance du pays de résidence, selon son droit d'option) déterminent ce qui s'applique. Pour ce cas particulier, consultez les pages dédiées aux frontaliers, car les formes particulières d'assurance ne sont pas ouvertes aux personnes domiciliées dans un État de l'UE ou de l'AELE ni au Royaume-Uni, ce qui limite certains choix de modèle.

Les pièges fréquents

Plusieurs erreurs reviennent chaque année. Les connaître évite bien des refus.

Confondre « médecine douce » et « remboursé »

Une thérapie peut être très répandue, très recommandée, et ne figurer ni dans la LAMal ni dans votre contrat. L'absence de remboursement n'est pas un jugement sur son utilité, simplement la conséquence d'une liste.

Penser que la complémentaire rembourse tout

Même un produit étendu a des limites : plafond annuel, liste de disciplines, liste de thérapeutes, exclusions de produits. Les conditions générales s'écrivent de façon dense ; la page sur la lecture des conditions générales d'assurance vous aide à repérer les clauses qui comptent.

Oublier la reconnaissance du thérapeute

C'est l'erreur la plus fréquente en pratique, et la plus coûteuse parce qu'elle apparaît après coup : la séance est faite, la facture est payée, et le remboursement est refusé parce que le thérapeute n'est pas sur la liste de l'assureur.

Négliger la facture

Une facture sans titre du thérapeute, sans mention de la discipline ou sans détail des prestations est difficile à traiter. Gardez aussi la preuve du paiement et, si nécessaire, une prescription.

Souscrire après l'apparition du besoin

Une complémentaire souscrite alors que vous suivez déjà un traitement peut exclure ce traitement par une réserve. Il vaut mieux se renseigner avant que le besoin devienne pressant. Si l'assureur refuse de vous accepter, la page sur le cas où une caisse refuse de vous assurer explique les options.

Se focaliser sur la prime au détriment de la couverture

Une prime plus basse peut traduire un plafond plus bas ou une liste de thérapies plus courte. Comparez la couverture avant de comparer les montants. La page sur la manière de payer moins pour ses assurances complémentaires propose des pistes sans sacrifier ce qui compte pour vous.

Croire que l'assurance de base change avec la complémentaire

Les deux contrats sont indépendants. Vous pouvez, en principe, avoir votre assurance de base chez un assureur et une complémentaire chez un autre. Résilier l'un ne résilie pas l'autre. Mais attention : changer d'assureur pour la complémentaire suppose une nouvelle admission, donc un nouveau questionnaire de santé, avec le risque de réserves.

Assurance de base : modèles alternatifs et médecines complémentaires

Ne confondez pas « médecine alternative » et « modèle d'assurance alternatif ». Le second terme désigne des formes particulières d'assurance de base qui donnent droit à une réduction de prime en échange d'une contrainte : choix limité du fournisseur de prestations, franchise plus élevée, ou assurance avec bonus. L'OFSP liste notamment des modèles de choix limité comme PRAXIS (médecin de famille), TEL_DIG (consultation téléphonique ou numérique), FLEX et PHARM (pharmacie en premier recours). Ces modèles ne se combinent pas tous librement, par exemple l'assurance avec bonus ne se combine pas avec une franchise à option.

Pourquoi en parler ici ? Parce que, dans un modèle à choix limité, vous vous engagez à passer d'abord par un point d'entrée défini (votre médecin de famille, une centrale téléphonique ou une pharmacie). Si vous souhaitez consulter directement un médecin titulaire d'un titre postgrade en médecine complémentaire, il faut vérifier que ce parcours est compatible avec votre modèle. Selon le modèle, une consultation hors du parcours prévu peut ne pas être remboursée. La page consacrée aux modèles d'assurance maladie détaille ces contraintes.

Rappel pour les personnes domiciliées dans un État de l'UE ou de l'AELE ou au Royaume-Uni : elles ne peuvent pas choisir une forme particulière d'assurance. Les règles du droit d'option, propres aux frontaliers, sont expliquées dans les pages qui leur sont consacrées.

Avant de signer, avant de résilier

Avant de souscrire une complémentaire

  1. Listez vos besoins réels. Quelles thérapies avez-vous utilisées ces dernières années, lesquelles pourriez-vous envisager ?
  2. Identifiez vos thérapeutes et leur titre. S'ils sont médecins avec titre postgrade, la LAMal suffit peut-être déjà.
  3. Demandez les conditions générales et la liste des prestations, pas seulement la brochure commerciale.
  4. Cherchez le plafond, le pourcentage remboursé et les exclusions.
  5. Lisez le questionnaire de santé avec soin et répondez exactement.
  6. Notez le délai de résiliation et l'échéance du contrat, car ils déterminent quand vous pourrez en sortir.
  7. Comparez des produits équivalents plutôt que des noms commerciaux. Une comparaison de l'assurance maladie bien menée repose sur des critères, pas sur le slogan.

Avant de résilier

Résilier une complémentaire est simple sur le papier, mais irréversible en pratique : si vous voulez la reprendre plus tard, il faudra repasser par une admission, avec questionnaire de santé, et l'assureur pourra refuser ou poser des réserves. Avant de résilier, vérifiez que vous n'avez pas un traitement en cours, ou un besoin probable dans l'année, qui deviendrait difficile à couvrir ensuite. Les délais et échéances varient selon le contrat : lisez la clause de durée et de résiliation, et conservez la preuve de votre envoi.

Le calendrier de l'assurance de base

Pour l'assurance de base, les assureurs informent les assurés de leurs primes 2027 d'ici fin octobre, et les assurés peuvent ensuite changer d'assurance de base ou adapter leur modèle jusqu'à fin novembre. Ce calendrier concerne l'assurance obligatoire. Il ne s'applique pas automatiquement à la complémentaire, dont l'échéance et le délai figurent dans le contrat. Si vous changez de modèle ou d'assureur de base, regardez l'effet sur votre parcours de soins avant de valider. Pour la marche à suivre, voyez la page sur le fait de changer d'assurance maladie.

Que retenir ?

  • La LAMal couvre cinq disciplines de médecine complémentaire, à condition que le médecin ait le titre postgrade correspondant.
  • Tout le reste (ostéopathie, naturopathie, shiatsu, etc.) relève, au mieux, de la complémentaire, selon le contrat.
  • La reconnaissance du thérapeute par l'assureur est le critère qui décide du remboursement.
  • Les conditions générales, le plafond et la liste des thérapeutes comptent davantage que le nom du produit.
  • Pour éviter les mauvaises surprises : vérifier avant la séance, pas après.

Si vous souhaitez savoir quel produit correspond à vos habitudes de soins, une comparaison gratuite permet de mettre en regard des contrats réels sur les critères ci-dessus, sans engagement de votre part.

Questions fréquentes

L'assurance de base rembourse-t-elle l'homéopathie ?

Oui, mais seulement l'homéopathie classique uniciste, et à condition qu'elle soit pratiquée par un médecin titulaire du titre postgrade correspondant. Les autres formes d'homéopathie, ou les séances avec un thérapeute non médecin, ne relèvent pas de l'assurance de base. La franchise et la quote-part s'appliquent comme pour les autres soins remboursés.

Quelle différence entre un médecin acupuncteur et un acupuncteur non médecin ?

Le médecin titulaire du titre postgrade en acupuncture exerce dans le cadre de l'assurance de base : ses séances sont remboursées selon les règles de la LAMal. Un acupuncteur non médecin n'entre pas dans ce cadre. Ses séances peuvent être remboursées par une complémentaire, si le contrat nomme l'acupuncture et reconnaît sa formation. Demandez donc toujours le titre avant de commencer.

L'ostéopathie est-elle remboursée ?

Pas par l'assurance de base, car elle ne figure pas dans la liste des cinq disciplines. Plusieurs complémentaires la prennent en charge, avec un plafond et des conditions sur le thérapeute. Le plus sûr est de lire la clause correspondante de votre contrat et de demander à l'assureur si votre ostéopathe est accepté.

Mon thérapeute est excellent, pourquoi mon assureur refuse-t-il de payer ?

Parce que la décision ne porte pas sur la qualité des soins, mais sur la reconnaissance. L'assureur ne rembourse que les thérapeutes qui remplissent ses critères (titre, diplôme, registre ou label accepté). Si votre thérapeute n'en fait pas partie, la séance reste à votre charge. Certaines personnes choisissent alors un autre thérapeute reconnu, d'autres acceptent de payer elles-mêmes.

Faut-il une ordonnance pour être remboursé ?

Cela dépend du contrat. Dans l'assurance de base, le médecin qui vous soigne est lui-même le prestataire pour les cinq disciplines. En complémentaire, certains produits exigent une prescription médicale, d'autres non. Dans le doute, demandez-la, elle peut aussi simplifier un éventuel litige.

Puis-je obtenir une complémentaire si je suis déjà en traitement ?

L'assureur peut vous refuser, vous accepter ou vous accepter avec une réserve qui exclut le traitement concerné. Répondez de façon complète et exacte au questionnaire de santé : une omission peut avoir des conséquences sur vos droits. Si vous êtes refusé, des solutions existent, que détaille notre page sur le refus d'assurance complémentaire.

Un frontalier peut-il faire rembourser des médecines alternatives en Suisse ?

Cela dépend de son régime d'assurance maladie. Le frontalier qui est assuré selon la LAMal bénéficie des règles de base ; ses possibilités de complémentaire dépendent de l'assureur et du contrat. Les personnes domiciliées dans l'UE, l'AELE ou au Royaume-Uni ne peuvent pas choisir une forme particulière d'assurance. Une analyse individuelle est indispensable.

Sources

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