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Les 3 piliers de la prévoyance en Suisse : ce que chacun couvre vraiment

Les 3 piliers de la prévoyance en Suisse se complètent : AVS et AI, caisse de pension, épargne privée. Voici ce que chacun couvre à la retraite, en cas d'invalidité et de décès, et où se cachent les lacunes.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre d’assurance.

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Dans cette page
  1. Les trois piliers en un coup d'œil
  2. Le 1er pilier : AVS et AI, le socle pour tous
  3. Le 2e pilier : la prévoyance professionnelle (LPP)
  4. Le 3e pilier : l'épargne personnelle, 3a et 3b
  5. Où se situent les trous de couverture
  6. Quelle assurance privée comble quel trou ?
  7. Exemple fictif : un salarié de 40 ans, marié, avec deux enfants
  8. Les pièges fréquents
  9. Checklist avant de signer ou de modifier sa prévoyance
  10. Questions fréquentes

Les 3 piliers de la prévoyance en Suisse forment un système en trois étages : une base publique pour tous, une prévoyance liée à l'emploi, puis une épargne personnelle et facultative. Chaque étage a son propre rôle, ses cotisants, ses prestations et ses limites. Ensemble, ils doivent protéger contre trois événements : la vieillesse, l'invalidité et le décès. Ce guide présente les 3 piliers de la prévoyance suisse l'un après l'autre, montre ce que chacun apporte à la retraite, en cas d'invalidité et pour les proches, puis repère les endroits où la couverture reste fragile et la manière de les combler.

Les trois piliers en un coup d'œil

Le système suisse repose sur une idée simple : aucune source de revenu ne suffit seule. Le premier pilier garantit un socle à toute la population. Le deuxième pilier prolonge le niveau de vie des salariés. Le troisième pilier laisse chacun compléter selon ses besoins et ses moyens. Ce que vous recevrez au final dépend donc de votre parcours professionnel, de votre état civil et des choix que vous avez faits en privé.

Les trois piliers, leur financement et les risques couvertsPrévoyance suissevieillesse1er pilierAVS et AI2e pilierLPP3e pilier3a et 3bCotisations surle salairesalarié etemployeurCotisations del'employeur etselon le règlementÉpargne privéevolontaireobligatoireobligatoire pour lessalariésfacultatif
Les trois piliers, leur financement et les risques couverts
Pilier Qui est concerné Qui finance Nature
1er pilier (AVS et AI) Toute la population résidente et active Cotisations sur le revenu, salariés et employeurs Obligatoire
2e pilier (LPP) Les salariés au-dessus du seuil d'entrée ; indépendants sur option Employeur et salarié, selon le règlement Obligatoire pour les salariés concernés
3e pilier (3a et 3b) Toute personne qui le souhaite Vous seul Facultatif

Le tableau montre déjà une différence essentielle : les deux premiers étages relèvent de la loi, le troisième d'un choix personnel. Cette distinction entre obligatoire et facultatif revient dans toutes les décisions de prévoyance.

Le 1er pilier : AVS et AI, le socle pour tous

Le premier pilier a pour but de couvrir les besoins vitaux. Il regroupe l'assurance-vieillesse et survivants (AVS) et l'assurance-invalidité (AI). Il fonctionne par répartition : les cotisations versées aujourd'hui par les personnes actives financent les rentes versées aujourd'hui. Pour le détail du calcul des cotisations et des rentes, le guide dédié à l'AVS et au 1er pilier va plus loin.

Les cotisations

Les salariés et leurs employeurs cotisent ensemble sur le salaire déterminant. Les indépendants cotisent sur leur revenu. La loi prévoit quelques situations particulières : le Conseil fédéral peut prévoir qu'aucune cotisation n'est versée sur un salaire annuel qui ne dépasse pas la rente de vieillesse mensuelle maximale, mais le salarié peut demander que l'employeur paie quand même les cotisations. Pour le personnel employé dans des ménages privés, les cotisations sont en principe dues dans tous les cas, avec une exception limitée aux jeunes jusqu'à l'année de leurs 25 ans pour de très petits salaires, si la personne ne demande pas le versement (l'article 34d, alinéa 2, lettre a, en fixe les contours, avec un plafond de 750 francs par année civile et par employeur).

Cette règle compte pour les familles qui emploient une aide à domicile : sans annonce, des cotisations manquent au compte de la personne employée, et la rente future s'en ressent.

Ce que verse l'AVS à la retraite

À l'âge de référence, l'AVS verse une rente de vieillesse. Son montant dépend de deux éléments : le nombre d'années de cotisation et le revenu moyen sur la carrière. Une année manquante crée une lacune, qui réduit la rente à vie. Les séjours à l'étranger, les années d'études ou une activité non déclarée en sont les causes habituelles. Le guide sur la lacune AVS explique comment la repérer et la combler.

La rente AVS ne remplace pas le revenu d'activité. Elle vise un minimum vital, et c'est la raison d'être des deux autres piliers.

Ce que verse l'AI en cas d'invalidité

L'assurance-invalidité suit un principe : la réadaptation avant la rente. Avant de verser une rente, elle examine les mesures qui permettraient de rester ou de retourner dans la vie active. Si l'atteinte durable à la santé subsiste, une rente peut être accordée selon le degré d'invalidité. Cette rente répond à un besoin de base, pas au maintien du niveau de vie d'une famille.

Un point à connaître : les bénéficiaires d'une rente d'invalidité ont droit à une rente complémentaire pour chacun des enfants qui auraient droit à une rente d'orphelin de l'AVS à leur décès. Les enfants recueillis après la survenance de l'invalidité n'y ont pas droit, sauf s'il s'agit des enfants de l'autre conjoint. Cette règle figure à l'article 35, alinéas 1 et 3, de la loi sur l'assurance-invalidité.

Ce que verse l'AVS aux proches en cas de décès

Le décès d'une personne assurée ouvre un droit à des rentes de survivants : rente de veuve ou de veuf, rente d'orphelin. Les règles diffèrent selon le sexe du conjoint survivant, et le régime évolue encore à la suite de l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme du 11 octobre 2022 :

  • une rente de veuve est versée à une femme avec enfants, ou de plus de 45 ans et mariée depuis au moins cinq ans ; elle atteint au maximum 80 % de la rente de vieillesse ;
  • une rente de veuf est versée tant que les enfants ont moins de 18 ans.

Les concubins n'ont pas droit à une rente de survivant AVS, quelle que soit la durée de la vie commune. Pour ces couples, le troisième pilier et les clauses de la caisse de pension jouent un rôle décisif ; le guide sur les concubins et la prévoyance détaille les solutions.

Le 2e pilier : la prévoyance professionnelle (LPP)

Le deuxième pilier doit permettre aux salariés de maintenir de manière appropriée leur niveau de vie antérieur, en complément de l'AVS et de l'AI. Il est géré par des caisses de pension, que l'employeur choisit pour l'ensemble du personnel assuré. Chaque assuré dispose d'un avoir de vieillesse personnel, alimenté par les cotisations de l'employeur et du salarié, et par les intérêts crédités. Le guide sur la LPP et le 2e pilier détaille le fonctionnement de la caisse.

Qui est assuré, et à partir de quand

L'assurance obligatoire pour les risques de décès et d'invalidité commence le 1er janvier qui suit la date à laquelle le salarié a eu 17 ans. Pour la vieillesse, elle commence le 1er janvier qui suit la date à laquelle il a eu 24 ans. Cela signifie qu'un jeune qui entre sur le marché du travail est protégé contre l'invalidité et le décès avant de commencer à constituer son capital de retraite.

L'employeur a une obligation précise : il doit annoncer à l'institution de prévoyance tous les salariés soumis à l'assurance obligatoire, et lui fournir les indications nécessaires à la tenue des comptes de vieillesse et au calcul des cotisations. Un oubli de l'employeur n'efface pas le droit du salarié, mais il crée des démarches de régularisation que mieux vaut éviter.

Les trois risques dans la caisse de pension

Le deuxième pilier couvre les mêmes risques que le premier, avec des prestations proportionnées au salaire assuré.

  • Vieillesse : à la retraite, l'avoir accumulé est converti en rente, ou versé en capital si le règlement le permet. Le choix entre rente et capital est l'une des décisions les plus lourdes de la carrière ; le guide sur le retrait LPP en capital ou en rente en présente les critères.
  • Invalidité : si l'AI reconnaît une invalidité, la caisse peut verser une rente, dont le niveau est fixé par le règlement. La caisse peut différer le droit aux prestations d'invalidité jusqu'à épuisement des indemnités journalières lorsque l'assuré reçoit, à la place de son salaire entier, des indemnités journalières de l'assurance-maladie équivalant à au moins 80 % du salaire dont il est privé, et que l'employeur a financé ces indemnités au moins pour moitié.
  • Décès : le conjoint survivant et les enfants peuvent recevoir des prestations de survivants. Selon le règlement, des prestations existent aussi pour d'autres personnes proches, par exemple un partenaire de vie, à condition de remplir les critères de la caisse.

Le principe d'assurance

Une caisse de pension n'est pas une simple épargne. Le principe d'assurance est respecté lorsque l'institution de prévoyance affecte au moins 4 % du montant total des cotisations au financement des prestations relevant de la couverture des risques de décès et d'invalidité. Autrement dit, une partie des cotisations ne se retrouve pas dans votre avoir de vieillesse : elle finance la protection de tous les assurés. Pour vous, c'est une protection ; pour votre avoir, c'est un coût.

Adéquation du plan et limites des prestations

Un plan de prévoyance est dit adéquat si les prestations réglementaires ne dépassent pas 70 % du dernier salaire AVS assurable, ou si les cotisations de l'employeur et des salariés pour la vieillesse ne dépassent pas annuellement 25 % de la somme des salaires AVS assurables. Ces limites expliquent pourquoi un rachat ou une prestation ne peuvent pas être illimités. Pour les employeurs, une institution de prévoyance peut proposer au maximum trois plans de prévoyance aux assurés de chaque collectif, et le montant de la cotisation de l'employeur doit être le même dans chaque plan.

Changement d'emploi, fin des rapports de travail

Quand vous quittez un employeur, vous ne perdez pas immédiatement la couverture. Durant un mois après la fin des rapports avec l'institution de prévoyance, vous restez assuré auprès de l'ancienne institution pour les risques de décès et d'invalidité. Ce délai est court : si vous restez sans emploi plus longtemps, la protection s'arrête, et il faut vérifier ce qui prend le relais. Votre avoir de vieillesse, lui, suit votre parcours via le libre passage ; le guide sur le libre passage précise les options.

Indépendants

Un indépendant n'est pas obligatoirement soumis à la LPP, mais il peut s'assurer à titre facultatif. La couverture des risques de décès et d'invalidité peut alors faire l'objet d'une réserve pour raison de santé durant trois ans au plus. Cette réserve n'est pas admissible si la personne s'assure moins d'une année après avoir été soumise à l'assurance obligatoire pendant au moins six mois. Pour un ancien salarié qui se met à son compte, la date compte donc beaucoup.

La sécurité de la caisse

Une caisse qui assume elle-même la couverture des risques doit prendre des mesures de sécurité supplémentaires si elle compte moins de cent assurés actifs ou, pour les institutions créées après le 31 décembre 2005, moins de trois cents assurés actifs. De plus, les placements sans garantie et les participations financières chez l'employeur ne peuvent pas, ensemble, représenter plus de 5 % de la fortune de l'institution. Ce sont des garde-fous : ils ne dispensent pas de lire le rapport annuel de sa caisse, ni de s'informer sur son degré de couverture, comme l'explique le guide sur la caisse de pension en découvert.

Le 3e pilier : l'épargne personnelle, 3a et 3b

Le troisième pilier est entièrement facultatif. Il se divise en deux familles : le pilier 3a, lié et fiscalement encouragé, et le pilier 3b, libre. Pour une vue complète des deux, voir le guide du 3e pilier en Suisse.

Pilier 3a : lié, avec un avantage fiscal

Les salariés et les indépendants peuvent verser des cotisations à des formes reconnues de prévoyance et les déduire de leur revenu pour les impôts directs de la Confédération, des cantons et des communes. En contrepartie, l'argent est bloqué jusqu'à un âge donné. Il peut prendre deux formes : un compte bancaire 3a, ou une police d'assurance 3a qui combine épargne et couverture de risque (invalidité ou décès). Le choix entre les deux fait l'objet d'un guide à part : 3e pilier, compte bancaire ou assurance.

Les prestations de vieillesse du 3a peuvent être versées au plus tôt cinq ans avant l'âge de référence, et les contrats ne peuvent pas prévoir la fin du contrat après la 70e année.

Avant cela, un versement anticipé n'est possible que dans des cas limités :

  • le rachat dans une institution de prévoyance professionnelle ;
  • l'invalidité complète sans couverture ;
  • le début ou le changement d'une activité indépendante ;
  • l'acquisition d'un logement en propriété pour ses propres besoins ;
  • le départ définitif de Suisse.

Un versement anticipé est aussi possible lorsque le rapport de prévoyance est résilié parce que le preneur reçoit une rente entière d'invalidité de l'AI et que le risque d'invalidité n'est pas assuré.

Qui reçoit le 3a en cas de décès

Le 3a ne fait pas partie de la succession ordinaire : l'ordre des bénéficiaires est fixé par la réglementation, et il ne suit pas toujours les liens affectifs. L'ordre est le suivant :

  1. le conjoint ou le partenaire enregistré ;
  2. les descendants directs, les personnes qui subviennent à une charge substantielle de la personne décédée, ou le concubin qui a vécu cinq ans ininterrompus avec elle ou qui a des enfants communs avec elle ;
  3. les parents, les frères et sœurs, puis les autres héritiers.

Le concubin figure donc dans l'ordre, mais seulement sous conditions. Pour les couples non mariés, vérifier ce point et, au besoin, déposer la bonne clause auprès de la fondation est un geste simple et peu coûteux en démarches.

Pilier 3b : libre, sans blocage

Le pilier 3b regroupe toute l'épargne libre : assurances vie hors cadre 3a, placements, immobilier. Il n'offre pas la même déduction fiscale que le 3a, mais il reste disponible à tout moment, selon les conditions du contrat. Les assurances vie de risque pur ou mixte en font partie ; voir à ce sujet l'assurance vie en Suisse. Pour comparer les deux familles, le guide 3e pilier a ou b pose les critères.

Où se situent les trous de couverture

Les 3 piliers ont chacun été pensés pour un risque central, mais plusieurs situations restent mal couvertes. Voici les cinq endroits où l'on découvre le plus souvent un déficit, généralement trop tard.

Un revenu familial qui disparaît

Une rente AVS d'orphelin ou de veuve, plus une rente de caisse de pension, ne remplacent pas un salaire complet. Pour une famille avec un crédit, des enfants jeunes et un seul revenu principal, l'écart entre ce que versent les deux premiers piliers et les charges réelles peut être considérable. C'est ici qu'une assurance décès privée, ou un 3a avec couverture de risque, joue son rôle de comblement. Le calculateur du besoin de couverture décès et invalidité aide à mesurer l'écart pour votre ménage.

L'invalidité, le risque le plus sous-estimé

Beaucoup de personnes pensent à la retraite et au décès, peu à l'invalidité. Pourtant, l'AI verse un minimum, la caisse de pension une prestation proportionnée au salaire assuré, et l'ensemble peut laisser un manque durable. Il existe aussi une période de transition : entre la fin du salaire et le début des rentes, il peut s'écouler un temps pendant lequel seule l'assurance de perte de gain maladie, quand elle existe, assure un revenu. Le guide invalidité : AI, LPP et assurance privée détaille cet enchaînement.

Les indépendants, sans filet d'office

Un indépendant n'a pas de caisse de pension obligatoire, pas d'employeur qui cotise, et souvent aucune couverture en cas d'accident ou de maladie prolongée. Il doit construire son propre deuxième pilier, avec le 3a élargi, une affiliation facultative à la LPP, et des assurances de personnes. La réserve pour raison de santé évoquée plus haut peut compliquer l'entrée tardive dans une couverture.

Les couples non mariés et les familles recomposées

Sans mariage, pas de rente de survivant AVS. La caisse de pension ne prévoit une prestation que si son règlement l'indique et si les conditions sont remplies. Le 3a reconnaît le concubin sous conditions. Le reste dépend de ce que vous avez écrit : clause bénéficiaire, testament, assurance de risque. Faute de dispositions, l'ordre légal s'applique et peut surprendre.

Les parcours interrompus ou à temps partiel

Un temps partiel réduit le salaire assuré, donc les cotisations et les prestations du deuxième pilier. Une pause pour s'occuper des enfants, une carrière à l'étranger ou une période sans emploi créent des lacunes AVS ou LPP. Le guide sur la retraite d'un parent au foyer montre comment s'en protéger.

Quelle assurance privée comble quel trou ?

Trou de couverture Piste privée possible À vérifier
Revenu de la famille en cas de décès Assurance décès, ou 3a avec couverture de risque Montant du capital, clause bénéficiaire
Revenu en cas d'invalidité Assurance invalidité privée, rente d'incapacité de gain Définition de l'invalidité, délai d'attente, exclusions
Retraite insuffisante 3a, rachat dans la caisse de pension, épargne libre 3b Plafonds, déductibilité, liquidité
Concubin non protégé Clause bénéficiaire, assurance décès, testament Conditions de la caisse et de la fondation 3a
Indépendant sans 2e pilier Affiliation LPP facultative, 3a, perte de gain individuelle Réserve pour raison de santé, délais
Hypothèque à rembourser Assurance décès liée au crédit, amortissement indirect Lien avec le contrat de prêt

Ce tableau indique des pistes, pas une recommandation : le produit adapté dépend de l'âge, de la santé, des revenus et du statut professionnel. Les conditions générales de chaque assureur diffèrent, et ce que la loi fixe (par exemple les règles des deux premiers piliers) se distingue de ce que le contrat décide (étendue de la couverture privée, exclusions, délai d'attente). Pour lire correctement un contrat, voir le guide pour lire ses conditions générales.

Exemple fictif : un salarié de 40 ans, marié, avec deux enfants

Illustration inventée, sans donnée réelle. Julien, 40 ans, travaille comme ingénieur à Lausanne. Il est marié à Sophie, qui a réduit son activité pour s'occuper de leurs deux enfants. Le couple a une hypothèque. Voici comment les piliers s'articulent pour cette famille.

Retraite. Julien cotise à l'AVS et à la caisse de pension de son employeur. Sophie cotise sur son salaire réduit : sa rente de caisse de pension sera plus faible que celle de Julien. Le couple se demande si un 3a pour chacun, ou un rachat, est pertinent. Réponse : cela dépend de la capacité d'épargne et de la fiscalité cantonale, d'où l'intérêt d'une analyse individuelle.

Invalidité. Si Julien tombait gravement malade, l'AI et la caisse de pension verseraient des rentes, avec des suppléments pour les enfants selon les règles vues plus haut. Mais le revenu global serait inférieur au salaire d'avant, alors que les charges (loyer, hypothèque, études) resteraient. Le couple vérifie le règlement de la caisse, puis examine une couverture privée du risque d'incapacité de gain.

Décès. Si Julien décédait, Sophie et les enfants recevraient des rentes de survivants AVS et des prestations de la caisse de pension. Le couple compare ces montants avec le coût de vie de la famille, puis envisage un capital décès privé, au moins le temps que les enfants soient indépendants.

Hypothèque. Le couple s'interroge sur l'amortissement indirect avec un 3a et sur la manière dont une assurance décès pourrait sécuriser le remboursement.

Au final, la famille n'achète rien dans la précipitation : elle dresse la liste de ce qui est déjà couvert par la loi, calcule l'écart, puis demande une comparaison pour les seuls besoins restants.

Les pièges fréquents

  • Croire que la caisse de pension suffit. Elle couvre le salaire assuré, pas toujours le salaire entier, et ses prestations varient selon le règlement.
  • Oublier les rentes de survivant pour les concubins. Elles n'existent pas à l'AVS ; il faut les prévoir par contrat ou par clause.
  • Ne pas contrôler sa clause bénéficiaire 3a. L'ordre légal peut ne pas correspondre à vos souhaits.
  • Négliger la période qui suit un départ d'employeur. La couverture risque décès et invalidité ne dure qu'un mois après la fin des rapports avec l'institution.
  • Souscrire sans lire les exclusions. Une assurance invalidité privée peut exclure des atteintes précises ; la définition de l'invalidité varie d'un contrat à l'autre.
  • Cumuler des couvertures qui se recoupent. Avant d'ajouter une assurance, comptez ce que couvrent déjà l'AI, la LPP et votre employeur.
  • Ignorer la santé au moment de s'assurer. Un questionnaire médical peut conduire à des réserves ou à un refus ; mieux vaut s'assurer avant qu'un problème de santé n'apparaisse.

Checklist avant de signer ou de modifier sa prévoyance

  • Demander un extrait de compte AVS pour repérer d'éventuelles lacunes
  • Lire le certificat de prévoyance de la caisse de pension : prestations en cas d'invalidité et de décès
  • Vérifier la clause bénéficiaire de la caisse et celle du 3a
  • Évaluer le revenu nécessaire à la famille si l'un des conjoints disparaît ou ne peut plus travailler
  • Contrôler les exclusions et les délais d'attente de toute assurance de personnes
  • Noter la date d'échéance et le délai de résiliation de chaque contrat
  • Comparer plusieurs offres sur la même base de couverture avant de choisir

Pour passer en revue l'ensemble de votre situation, la checklist des assurances selon votre situation de vie peut compléter cette liste.

Questions fréquentes

Les 3 piliers sont-ils tous obligatoires ?

Non. Le premier pilier (AVS et AI) est obligatoire pour toute la population. Le deuxième pilier (LPP) est obligatoire pour les salariés qui remplissent les conditions d'entrée, et facultatif pour la plupart des indépendants. Le troisième pilier est entièrement volontaire. Le 3a offre une déduction fiscale, le 3b reste libre.

À quel âge commence la couverture du deuxième pilier ?

La couverture contre le décès et l'invalidité commence le 1er janvier qui suit les 17 ans du salarié. La partie vieillesse commence le 1er janvier qui suit ses 24 ans. Entre les deux, le jeune salarié est donc déjà protégé contre les risques, sans avoir encore de capital de retraite constitué par la caisse.

Que se passe-t-il pour ma caisse de pension si je perds mon emploi ?

Durant un mois après la fin des rapports avec l'institution, vous restez assuré pour les risques de décès et d'invalidité. Passé ce délai, la protection de la caisse cesse. Votre avoir de vieillesse est transféré sur un compte ou une police de libre passage. Pensez à vérifier quelle couverture vous reste pendant une période sans emploi.

Mon concubin touchera-t-il quelque chose si je décède ?

L'AVS ne verse pas de rente de survivant à un concubin. La caisse de pension peut prévoir une prestation, mais seulement si son règlement l'autorise et si vous avez rempli les conditions. Pour le 3a, un concubin peut être bénéficiaire s'il a vécu cinq ans ininterrompus avec vous ou s'il a des enfants communs avec vous. Une clause écrite est la meilleure précaution.

Peut-on retirer son 3a avant la retraite ?

Seulement dans des cas précis : rachat dans une institution de prévoyance professionnelle, invalidité complète sans couverture, début ou changement d'activité indépendante, achat d'un logement pour ses propres besoins, ou départ définitif de Suisse. À défaut, les prestations de vieillesse peuvent être versées au plus tôt cinq ans avant l'âge de référence. Le guide sur le retrait du 3e pilier détaille les démarches.

L'assurance invalidité privée est-elle nécessaire si j'ai une caisse de pension ?

Cela dépend de votre situation. La caisse de pension et l'AI versent des rentes, mais elles ne maintiennent pas toujours le niveau de vie du ménage, surtout avec des enfants et une hypothèque. Une assurance privée comble l'écart. Mesurez-le d'abord, puis comparez les conditions : définition de l'invalidité, délai d'attente et exclusions varient beaucoup.

Un indépendant doit-il s'assurer à la LPP ?

Pas obligatoirement, mais il peut le faire à titre facultatif. L'assurance facultative est soumise à des règles propres : une réserve pour raison de santé pour les risques de décès et d'invalidité est possible jusqu'à trois ans, sauf si l'indépendant s'assure dans l'année après avoir été soumis à l'assurance obligatoire pendant au moins six mois. Le 3a élargi et une perte de gain individuelle complètent souvent le dispositif.

Sources

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