Dans cette page
Vous venez d'avoir un enfant, ou vous y pensez, et vous cherchez une solution d'épargne enfant en Suisse pour lui constituer un capital à sa majorité. Il n'existe pas de produit unique : on choisit entre un compte d'épargne, des titres et une assurance épargne, selon le temps dont vous disposez, votre tolérance aux fluctuations et le besoin de protéger l'enfant si un parent décède ou devient invalide.
Cette page présente les options dans l'ordre où on les rencontre, rappelle ce qui est possible ou non avec le pilier 3a, et propose une checklist. Il s'agit d'information générale : la bonne combinaison dépend de votre situation familiale, de votre canton et de votre budget.
Un exemple pour fixer les idées
Exemple : une famille établie à Lausanne accueille un premier enfant. Les parents veulent qu'il dispose d'un capital à la majorité, pour des études ou un permis. Ils hésitent entre un compte ouvert au nom de l'enfant, un plan de placement en titres et une police d'assurance épargne proposée par un conseiller. Leur vraie question n'est pas « quel produit rapporte le plus ? », mais « que se passe-t-il si l'un de nous deux ne peut plus verser ? »
C'est cette lecture, objectif, horizon, protection, que reprennent les sections suivantes.
Pourquoi pas un 3e pilier pour l'enfant ?
Le réflexe est fréquent : « ouvrons un 3a pour notre enfant ». Or le pilier 3a est réservé aux personnes qui perçoivent un revenu soumis à l'AVS. Les salariés et les indépendants peuvent y verser des cotisations et les déduire de leur revenu pour les impôts directs de la Confédération, des cantons et des communes. Un enfant sans activité lucrative n'y a donc pas accès, et il ne profite d'aucune déduction propre.
Cela ne rend pas l'épargne enfant inutile : cela signifie qu'elle relève de la prévoyance libre, avec une fiscalité différente. Pour comprendre la différence, consultez 3e pilier a ou b et le guide du 3e pilier en Suisse. Les parents, eux, peuvent continuer leur propre 3a : c'est un autre sujet, traité dans 3e pilier : compte bancaire ou assurance.
Les trois grandes familles de solutions
Le compte d'épargne au nom de l'enfant
C'est la solution la plus simple. Le capital reste disponible, il n'est pas exposé aux fluctuations de marché et les versements sont libres. Le compte est généralement géré par les parents tant que l'enfant est mineur. La contrepartie : il n'offre aucune protection en cas de décès ou d'invalidité d'un parent. Si un parent cesse de verser, rien ne remplace ses versements.
Pour les démarches, voyez ouvrir un compte pour son enfant.
L'épargne en titres
Placer régulièrement une somme dans des fonds ou des titres convient quand l'horizon est long. Le capital peut évoluer à la hausse comme à la baisse : à la majorité de l'enfant, la valeur peut être inférieure à la somme versée. Ce risque se gère par la durée et par la régularité, pas par une promesse de rendement. À titre de comparaison, la loi encadre l'épargne-titres du pilier 3a de manière stricte (les fonds liés doivent passer par une banque, certains placements collectifs étrangers non surveillés sont exclus), alors que l'épargne libre au nom d'un enfant ne suit pas ces règles : c'est à vous de borner le risque.
L'assurance épargne pour enfant
Elle associe un capital à terme et, selon le contrat, des garanties : libération des primes si le parent payeur décède ou devient invalide, capital versé en cas de décès de l'enfant, rente d'invalidité. Ce n'est pas une obligation : tout est affaire de contrat, donc de conditions générales. Lisez-les (lire ses conditions générales) et comparez ce qui est inclus, ce qui est en option et ce qui est exclu.
Deux points de droit à connaître :
- l'assureur doit vous informer sur les risques assurés, l'étendue de la couverture, les primes, la durée et la fin du contrat, ainsi que sur le droit de révocation ;
- l'assurance au décès d'une autre personne est nulle si cette personne n'a pas donné son consentement écrit avant la conclusion ; pour un enfant, c'est le représentant légal qui consent.
Pour approfondir, lisez assurance vie en Suisse et assurance vie risque pur ou mixte.
Comparer les trois solutions
Le tableau ci-dessous résume des tendances générales ; les conditions exactes dépendent de chaque établissement et de chaque contrat.
Protéger l'enfant si un parent disparaît
Épargner n'a de sens que si le plan résiste aux accidents de la vie. Trois niveaux se superposent.
Ce que prévoit déjà l'assurance sociale
Les enfants dont le père ou la mère est décédé ont droit à une rente d'orphelin de l'AVS ; en cas de décès des deux parents, ils ont droit à deux rentes. Cette rente s'élève à 40 % de la rente de vieillesse correspondant au revenu annuel moyen déterminant, et à 60 % pour les enfants qui n'avaient un rapport de filiation qu'avec le parent décédé. Si les deux parents sont décédés, la somme des rentes ne peut pas dépasser 60 % de la rente de vieillesse maximale.
Un enfant né après le décès de son père a droit à une rente d'orphelin dès le premier jour du mois qui suit sa naissance. C'est un socle, pas un substitut à une épargne : pour le chiffrer dans votre cas, consultez AVS et 1er pilier et le calculateur du besoin de couverture décès et invalidité.
Ce qu'une assurance privée peut ajouter
Une assurance décès ou invalidité complète les prestations légales. La libération des primes, souvent proposée en option dans une assurance épargne, dispense de payer la suite des primes si le parent payeur est empêché ; le capital continue alors de se constituer. Quand le contrat a une valeur de transformation, le preneur peut demander qu'il soit transformé, totalement ou partiellement, en assurance libérée du paiement des primes.
Pour choisir, voyez assurance décès : protéger sa famille et protéger son conjoint et ses enfants.
Désigner les bénéficiaires
En cas de décès du preneur d'un 3a, l'ordre légal des bénéficiaires place d'abord le conjoint ou le partenaire enregistré survivant, puis les descendants directs et certaines personnes proches. Le Conseil fédéral a annoncé un élargissement : à compter du 1er juin 2027, les personnes mariées ou en partenariat enregistré pourront désigner leurs enfants comme bénéficiaires prioritaires, y compris en famille recomposée. Pour une assurance privée, la clause bénéficiaire figure au contrat : vérifiez-la, surtout si votre situation change (concubins, divorce, remariage).
Fiscalité et gestion par les parents
L'épargne d'un enfant mineur est en principe administrée par ses parents, qui représentent l'enfant. La fortune et ses revenus sont, selon les règles de chaque canton, pris en compte dans la déclaration fiscale des parents tant que l'enfant est mineur. Une assurance épargne peut avoir un traitement fiscal propre à la forme du contrat. Comme ces règles varient, demandez à l'administration fiscale de votre canton, ou à un spécialiste, comment déclarer l'avoir de votre enfant.
Retenez surtout que le capital appartient à l'enfant : un compte ouvert à son nom ne se reprend pas pour des dépenses des parents, et il lui revient à la majorité. Si vous préférez garder le contrôle plus longtemps, une police d'assurance dont le preneur est le parent permet de décider du moment du versement, au prix d'une moindre souplesse.
Dans quel ordre agir
Voici un ordre simple pour une famille qui accueille un enfant :
- régler d'abord l'assurance maladie de l'enfant (voir naissance : quelles assurances prévoir) ;
- vérifier la protection des parents (décès, invalidité) ;
- fixer un objectif et un horizon pour l'épargne ;
- choisir la forme : compte, titres, assurance, ou une combinaison ;
- relire le plan à chaque changement familial ou professionnel.
Pour une vue d'ensemble de la planification, voyez aussi épargne et prévoyance.
Checklist avant de choisir
- Définir l'objectif de l'épargne et la date à laquelle l'enfant doit en disposer
- Vérifier que vos propres protections (décès, invalidité) sont en place
- Comparer la disponibilité du capital avant la majorité
- Demander par écrit si la libération des primes est incluse ou en option
- Contrôler les exclusions et la durée du contrat dans les conditions générales
- Désigner et relire les bénéficiaires
- Demander à votre canton comment déclarer l'épargne de l'enfant
- Prévoir un rendez-vous de révision à chaque changement familial
Questions fréquentes
Un enfant peut-il avoir un pilier 3a ?
Non, tant qu'il n'a pas de revenu soumis à l'AVS. Le pilier 3a s'adresse aux salariés et aux indépendants, qui y déduisent leurs cotisations de leur revenu imposable. Pour un enfant, on recourt à l'épargne libre : compte, titres ou assurance épargne.
Quelle est la solution la plus sûre pour épargner pour un enfant ?
Le compte d'épargne limite le risque de perte, mais il ne protège pas le plan si un parent n'est plus en mesure de verser. La sécurité dépend donc de ce que vous voulez protéger : le capital lui-même, ou la capacité à continuer d'épargner.
La libération des primes est-elle automatique ?
Non. C'est une garantie optionnelle, définie par le contrat. Elle ne s'applique que dans les cas prévus (décès ou invalidité du parent payeur, selon les conditions) et après d'éventuelles conditions d'attente. Lisez le contrat avant de signer.
L'enfant reçoit-il quelque chose si un parent décède ?
Oui, l'AVS prévoit une rente d'orphelin, dont le montant dépend du revenu moyen déterminant du parent décédé. D'autres prestations peuvent s'y ajouter, par exemple celles de la caisse de pension ou d'une assurance privée, selon les cas.
Peut-on assurer la vie d'un enfant ?
Oui, mais le consentement écrit de la personne assurée est nécessaire avant la conclusion ; pour un enfant, c'est le représentant légal qui le donne. Sans ce consentement, l'assurance sur la vie d'autrui est nulle.
Qui gère l'argent de l'enfant avant sa majorité ?
Les parents, qui le représentent. Ils doivent gérer l'avoir dans l'intérêt de l'enfant. Ce capital ne sert pas à financer leurs propres dépenses.
Faut-il combiner plusieurs solutions ?
C'est souvent raisonnable : un compte pour la partie disponible, des titres pour un horizon long, une protection de risque pour l'imprévu. Une analyse individuelle permet de doser chaque brique ; la demande de comparaison gratuite sert à cela.
Sources
- Bénéficiaires et ordre successoral — Fedlex
- Formes reconnues de prévoyance liée (3a) — Fedlex
- Déduction fiscale des cotisations 3a — Fedlex
- 3e pilier a — plafonds de déduction — admin.ch
- Rentes de survivants et rente pour enfant — Fedlex
- Rentes de vieillesse : ajournement, anticipation, calcul — Fedlex
- Obligation d'information de l'assureur — Fedlex
- Assurance sur la vie — Fedlex
Vous voulez comparer pour votre situation ?
Décrivez votre besoin en quelques lignes. Votre demande est étudiée et vous recevez une réponse écrite, sans engagement.