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Question

Hospitalisation hors canton : que rembourse la LAMal ?

Se faire soigner dans un hôpital d'un autre canton est possible, mais le remboursement de base s'aligne sur le tarif de votre canton de résidence. Voici ce qui est pris en charge, ce qui peut rester à votre charge et quand la complémentaire intervient.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre d’assurance.

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Dans cette page
  1. Ce que dit la loi sur le libre choix de l'hôpital
  2. Raison médicale, urgence ou convenance personnelle
  3. Qui paie quoi : assureur, canton et vous
  4. Le rôle de l'assurance complémentaire
  5. Avant une hospitalisation planifiée : les bons réflexes
  6. Facturation : qui avance l'argent ?
  7. Questions fréquentes

Oui, l'assurance obligatoire des soins (LAMal) rembourse une hospitalisation hors canton, à condition que l'hôpital figure sur la liste hospitalière de votre canton de résidence ou sur celle du canton où il se trouve. Le remboursement de l'hospitalisation hors canton va toutefois au maximum jusqu'au tarif applicable dans un hôpital répertorié de votre canton de résidence. Si l'établissement choisi facture davantage, la différence peut rester à votre charge, sauf si l'hospitalisation s'explique par une raison médicale ou une urgence.

Ce que dit la loi sur le libre choix de l'hôpital

En traitement hospitalier, vous avez le libre choix entre les hôpitaux aptes à vous soigner qui figurent sur la liste de votre canton de résidence ou sur celle du canton où l'hôpital est situé. L'assureur et votre canton de résidence prennent en charge leur part jusqu'à concurrence du tarif applicable dans un hôpital répertorié de votre canton de résidence (art. 41 al. 1bis LAMal).

Deux notions sont à bien distinguer :

  • l'hôpital répertorié : il figure sur la liste cantonale et dispose d'un mandat de prestations ;
  • le tarif de référence : c'est le tarif d'un hôpital répertorié de votre canton, et non le prix de l'hôpital que vous choisissez ailleurs.

Cette règle vaut pour la couverture de base. Elle ne dit rien des conditions de chambre ni des suppléments liés à un confort particulier : ceux-là relèvent du contrat de la complémentaire, pas de la loi.

Raison médicale, urgence ou convenance personnelle

La prise en charge dépend du motif pour lequel vous êtes soigné ailleurs. La loi parle de « raisons médicales » dans deux situations : le cas d'urgence, et le cas où les prestations nécessaires ne peuvent pas être fournies dans un hôpital répertorié de votre canton de résidence (art. 41 al. 2bis LAMal).

Prise en charge selon le motif de l'hospitalisation1Le motif de l'hospitalisationUrgence, soin introuvable dans le canton, ou simplepréférence pour un autre hôpital ?2UrgenceIl s'agit d'une raison médicale, sans autorisationpréalable à demander.3Indication médicaleLe soin n'est pas disponible dans votre canton ; lecanton de résidence doit en général autoriser letraitement.4Convenance personnelleVous choisissez un hôpital répertorié d'un autrecanton ; le remboursement s'arrête au tarif deréférence.5Facture reçueVérifiez la part payée par l'assureur et le canton,puis la différence éventuelle.
Prise en charge selon le motif de l'hospitalisation

L'urgence

En cas d'urgence, par exemple après un malaise en vacances ou un accident loin de chez vous, vous n'avez rien à demander avant d'être soigné. L'hôpital le plus proche prend en charge le patient, et l'urgence compte comme raison médicale. L'assurance-maladie intervient aussi en cas d'accident lorsqu'aucune assurance-accidents ne couvre la prise en charge (art. 1a al. 2 let. b LAMal) ; pour savoir qui paie dans votre situation, consultez notre page sur l'assurance accidents en Suisse.

L'indication médicale

Parfois, le traitement dont vous avez besoin n'existe pas dans un hôpital répertorié de votre canton : intervention très spécialisée, équipement rare, équipe particulière. On parle alors d'indication médicale. Pour un traitement dans un hôpital non répertorié du canton de résidence, fondé sur des raisons médicales, une autorisation du canton de résidence est nécessaire, sauf en cas d'urgence (art. 41 al. 3 LAMal).

Concrètement, c'est votre médecin qui constate que le soin n'est pas disponible près de chez vous. Il vaut mieux clarifier la prise en charge avant l'entrée à l'hôpital, avec votre assureur et le service cantonal compétent, plutôt qu'après la facture.

La convenance personnelle

Vous préférez un hôpital réputé dans un autre canton, plus proche de votre famille ou de votre lieu de travail ? C'est permis tant que l'établissement figure sur une liste hospitalière. Mais comme il ne s'agit ni d'une urgence ni d'un besoin médical qui manquerait chez vous, le remboursement reste plafonné au tarif de référence de votre canton de résidence.

Qui paie quoi : assureur, canton et vous

Dans l'hospitalisation, le coût est réparti entre l'assureur et le canton de résidence. Ces deux parts s'arrêtent à la limite du tarif applicable dans un hôpital répertorié de votre canton. Ce qui dépasse cette limite, lorsque l'hôpital choisi est plus cher et que le séjour relève de la convenance, n'est pas pris en charge par la base.

À cela s'ajoutent les participations habituelles de l'assurance de base :

Élément Règle générale Ce que cela change hors canton
Franchise Franchise ordinaire adulte : CHF 300 par an ; enfants exemptés jusqu'à 18 ans Elle s'applique comme dans votre canton
Quote-part Proportion des frais restant à votre charge après la franchise Elle s'applique aussi, selon les règles de la base
Contribution journalière à l'hospitalisation la loi prévoit CHF 15 par jour d'hospitalisation ; enfants, jeunes adultes de moins de 25 ans en formation et femmes pour la maternité en sont exemptés Elle est due quel que soit le canton
Différence tarifaire Écart entre le tarif de l'hôpital et le tarif de référence À votre charge en cas de convenance personnelle

Pour comprendre l'interaction entre ces montants, lisez aussi notre explication de la participation de 10 % (quote-part) et la page sur le choix de la franchise.

Exemple : un Genevois hospitalisé à Zurich

Exemple fictif : un habitant de Genève, soigné pour une opération planifiée dans un hôpital zurichois figurant sur la liste de son canton, choisit cet établissement parce qu'un chirurgien y est réputé. Le libre choix lui permet de s'y faire opérer. L'assureur et le canton de Genève paient leur part, mais seulement jusqu'au tarif d'un hôpital répertorié genevois. Si l'hôpital zurichois facture plus, l'écart reste à la charge du patient, sauf s'il s'avère que le soin n'était pas disponible à Genève.

Si, au contraire, cette personne avait fait un malaise pendant un séjour à Zurich et avait été hospitalisée en urgence, la même question ne se poserait pas de la même façon : l'urgence est une raison médicale, et aucune autorisation n'est à demander au préalable.

Le rôle de l'assurance complémentaire

La complémentaire (régie par la LCA, loi sur le contrat d'assurance) est facultative. Elle ne remplace pas la base : elle vient s'y ajouter selon les conditions générales du contrat. Selon la formule choisie, elle peut notamment couvrir :

  • un confort supérieur (chambre à plusieurs lits, semi-privée ou privée) ;
  • le libre choix de l'hôpital sur un périmètre plus large ;
  • certaines différences de tarif lors d'un séjour hors canton.

Ces éléments dépendent entièrement du contrat. Deux assurés qui partent dans le même hôpital peuvent donc être traités différemment. Avant une hospitalisation planifiée, relisez la formule de votre contrat, notamment ses exclusions et ses éventuelles réserves. Notre page sur l'assurance complémentaire détaille les logiques en jeu, et le comparateur de formules d'hospitalisation complémentaire aide à repérer les différences entre formules. Pour le confort de chambre, voyez aussi hospitalisation commune, semi-privée ou privée.

Avant une hospitalisation planifiée : les bons réflexes

  • Vérifier que l'hôpital figure sur la liste hospitalière de votre canton ou de celui où il se situe
  • Demander au médecin si le soin est disponible dans un hôpital répertorié de votre canton
  • Si le soin n'existe pas chez vous, faire examiner la question de l'autorisation cantonale avant l'entrée
  • Interroger l'assureur sur la part prise en charge et la différence éventuelle
  • Relire les conditions de votre complémentaire pour le confort et les écarts de tarif
  • Conserver la facture et les décomptes pour contrôler les montants

Facturation : qui avance l'argent ?

Sauf convention contraire, c'est l'assuré qui est le débiteur de la rémunération envers le fournisseur de prestations et qui a le droit d'être remboursé par son assureur : c'est le système du tiers garant. L'assureur et le fournisseur peuvent convenir que l'assureur paie directement, c'est le tiers payant (art. 42 al. 1 et 2 LAMal). Dans la pratique, ce sont des règles de facturation qui dépendent de l'hôpital et de l'assureur ; elles sont expliquées sur la page tiers garant ou tiers payant.

Questions fréquentes

Puis-je choisir librement un hôpital dans un autre canton ?

Oui, parmi les hôpitaux aptes qui figurent sur la liste de votre canton de résidence ou sur celle du canton où ils se trouvent. Le libre choix existe, mais le remboursement de base s'arrête au tarif de référence de votre canton de résidence.

Que se passe-t-il en cas d'urgence loin de chez moi ?

L'urgence est une raison médicale. Vous êtes soigné par l'hôpital le plus proche sans autorisation préalable du canton. Les modalités de facturation se règlent ensuite avec l'hôpital et votre assureur.

Dois-je demander une autorisation avant d'aller dans un autre canton ?

Seulement si le traitement a lieu dans un hôpital non répertorié de votre canton de résidence pour des raisons médicales : une autorisation du canton de résidence est alors nécessaire, sauf urgence. Pour un hôpital répertorié choisi par convenance, aucune autorisation de ce type n'est prévue, mais le tarif de référence s'applique.

Qui paie la différence si l'hôpital est plus cher ?

En cas de convenance personnelle, la différence entre le tarif de l'hôpital et le tarif de référence de votre canton peut rester à votre charge. Une complémentaire adaptée peut en couvrir une partie, selon son contrat. Lisez attentivement ses conditions avant l'entrée à l'hôpital.

Ma franchise et ma quote-part s'appliquent-elles aussi hors canton ?

Oui, les participations de l'assurance de base ne changent pas selon le lieu du traitement. La franchise ordinaire adulte est de CHF 300 par an, et la loi prévoit une contribution de CHF 15 par jour d'hospitalisation, avec des exemptions pour les enfants, les jeunes adultes de moins de 25 ans en formation et les femmes pour la maternité.

Mon hôpital peut-il refuser de me prendre en charge ?

Dans les limites de leurs mandats de prestations et de leurs capacités, les hôpitaux répertoriés sont tenus de garantir la prise en charge des assurés qui résident dans leur canton (art. 41a al. 1 LAMal). Pour les patients venus d'un autre canton, l'admission dépend de la disponibilité et du motif du séjour.

Ma complémentaire garantit-elle le libre choix dans toute la Suisse ?

Pas automatiquement. L'étendue géographique, le type de chambre et les écarts de tarif pris en charge sont fixés par le contrat. Seule la lecture des conditions générales de votre formule, ou une analyse individuelle de votre situation, permet de répondre.

Sources

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