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Question

Congé paternité en Suisse : durée, conditions et allocation

Oui : en Suisse, le père ou l'autre parent légal a droit à deux semaines de congé, indemnisées par les APG. Voici les conditions, le délai pour le prendre et le montant versé.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre d’assurance.

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Dans cette page
  1. Qui a droit à l'allocation ?
  2. Combien de temps dure le congé ?
  3. Dans quel délai prendre son congé ?
  4. Quel est le montant de l'allocation ?
  5. Quels liens avec vos assurances ?
  6. Cas particuliers
  7. Questions fréquentes

Le congé paternité suisse existe bel et bien : l'autre parent de l'enfant (le père, le plus souvent) a droit à quatorze indemnités journalières au plus, soit l'équivalent de deux semaines de congé, versées par le régime des allocations pour perte de gain (APG). Il faut remplir quelques conditions d'assurance et d'activité, et prendre le congé dans un délai de six mois après la naissance. Cette allocation n'est pas une prestation de l'assurance maladie : elle relève de l'assurance sociale APG, mais elle touche à plusieurs de vos autres couvertures.

Cette réforme est née d'une votation populaire : le congé de paternité rémunéré a été introduit après un débat de société sur la place des pères auprès du nouveau-né. Depuis, il complète le congé de maternité, qui reste distinct.

Qui a droit à l'allocation ?

La loi parle d'« autre parent » plutôt que de « père », car le droit suit la filiation légale. Vous y avez droit si vous êtes l'autre parent légal de l'enfant au moment de la naissance, ou si vous le devenez dans les six mois qui suivent (art. 16i al. 1 let. a).

Trois conditions s'ajoutent :

  • avoir été assuré obligatoirement à l'AVS pendant les neuf mois précédant la naissance ;
  • avoir exercé une activité lucrative pendant au moins cinq mois de cette période ;
  • être, à la date de la naissance, salarié, indépendant ou travailler dans l'entreprise de son épouse contre un salaire en espèces (art. 16i al. 1 let. b, c et d).

Exemple : un frontalier qui travaille à Genève depuis plusieurs années remplit en général ces critères, puisqu'il cotise à l'AVS suisse. Une personne arrivée en Suisse le mois précédant la naissance, elle, devra vérifier sa durée d'assurance : votre cas précis se contrôle auprès de la caisse de compensation.

Combien de temps dure le congé ?

Le maximum est de quatorze indemnités journalières (art. 16k al. 1 et 2). Deux manières de le prendre :

Forme du congé Indemnités versées
Par semaines entières Sept indemnités journalières par semaine
Par journées isolées Deux indemnités supplémentaires pour cinq jours indemnisés

Concrètement, vous pouvez poser vos deux semaines d'un bloc ou les fractionner en journées, selon l'accord avec votre employeur. Le calendrier exact dépend de l'organisation de votre entreprise : discutez-en tôt.

Du jour de la naissance à l'allocationNaissance de l'enfantLe délai-cadre commence à courir ce jour-là.Prise du congéDeux semaines d'un bloc, ou des journées isolées.Fin du délai de six moisLe congé doit être pris avant cette limite.Demande à la caisse de compensationL'employeur ou l'ayant droit dépose la demande.Versement de l'allocationLes indemnités journalières sont payées pour lesjours pris.PrescriptionCinq ans après la fin du délai-cadre, lesallocations non versées s'éteignent.
Du jour de la naissance à l'allocation

Dans quel délai prendre son congé ?

L'allocation peut être perçue dans un délai-cadre de six mois, qui commence le jour de la naissance (art. 16j al. 1 et 2). Passé ce délai, le droit s'éteint. Il s'éteint aussi après la perception du nombre maximal d'indemnités, en cas de décès de l'autre parent ou de l'enfant, ou si la filiation est annulée par jugement (art. 16j al. 3).

Si vous avez oublié de faire valoir votre droit, tout n'est pas perdu : les allocations non versées se prescrivent cinq ans après la fin du délai-cadre (art. 20 al. 1).

Quel est le montant de l'allocation ?

L'indemnité journalière correspond à 80 % du revenu moyen de l'activité lucrative obtenu avant le début du droit, dans la limite d'un montant maximal fixé par la loi (art. 16l al. 1 et 3). Un revenu élevé est donc plafonné : l'allocation ne remplace pas toujours l'intégralité du salaire. Certaines entreprises ou conventions collectives complètent la différence, mais ce n'est pas une obligation légale : cela dépend de votre contrat.

Quels liens avec vos assurances ?

L'allocation APG exclut le versement, pour la même période, des indemnités journalières de l'assurance-chômage, de l'assurance-invalidité, de l'assurance-accidents, de l'assurance militaire et du régime des allocations pour service (art. 16m al. 1). Pendant votre congé, vous ne cumulez donc pas deux revenus de remplacement.

Pour le reste, la naissance est un bon moment pour faire le point :

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Cas particuliers

Naissance avec hospitalisation de l'enfant. La prolongation prévue pour la mère suppose que le nouveau-né soit hospitalisé sans interruption pendant au moins deux semaines après sa naissance, et que la mère prouve qu'elle comptait reprendre une activité lucrative (art. 16c al. 3 let. a et b).

Accouchement avant terme. La durée d'assurance de neuf mois est réduite en conséquence si l'accouchement survient avant la fin du neuvième mois de grossesse (art. 16b al. 1).

Décès de l'autre parent. Si l'autre parent décède dans les six mois suivant la naissance, la mère a droit à quatorze indemnités journalières supplémentaires pour les jours de congé pris (art. 16c).

Adoption. Un congé comparable existe : l'allocation d'adoption peut être perçue dans un délai-cadre d'une année dès l'accueil de l'enfant, pour quatorze indemnités journalières au maximum (art. 16u et 16v). En cas d'adoption conjointe, il n'y a qu'un seul droit, et les parents qui se partagent le congé touchent chacun l'allocation pour leur part (art. 16t al. 2).

Questions fréquentes

Le congé paternité est-il obligatoire ?

Non. Il s'agit d'un droit : vous décidez de le prendre ou non, dans le délai de six mois. Si vous ne le faites pas valoir, il s'éteint à la fin du délai-cadre.

Peut-on fractionner le congé paternité ?

Oui. Vous pouvez le prendre par semaines entières ou par journées isolées. Dans ce second cas, deux indemnités supplémentaires sont versées pour cinq jours indemnisés.

Un indépendant a-t-il droit à l'allocation ?

Oui, à condition de remplir les critères d'assurance et d'activité. La loi cite expressément les personnes exerçant une activité indépendante à la date de la naissance.

Mon employeur peut-il refuser le congé ?

Le droit à l'allocation est fixé par la loi, mais les dates précises se règlent avec l'employeur selon l'organisation de l'entreprise. En cas de désaccord, une analyse de votre situation est utile.

Les indemnités équivalent-elles à mon salaire complet ?

Pas toujours. L'indemnité représente 80 % du revenu moyen antérieur, dans la limite d'un maximum légal. Un complément éventuel dépend de votre contrat de travail ou d'une convention collective.

Que se passe-t-il si je ne suis pas marié à la mère ?

La loi retient l'autre parent légal de l'enfant à la naissance, ou qui le devient dans les six mois. Le lien juridique avec l'enfant compte, pas le statut marital.

Puis-je réclamer l'allocation après coup ?

Oui, tant que la prescription n'est pas atteinte : cinq ans après la fin du délai-cadre pour les allocations non versées.

Sources

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