Dans cette page
- Le cadre juridique en bref : trois questions à poser dans l'ordre
- Qui doit s'assurer, et dans quel système ?
- Les cas par pays de résidence
- Le droit d'option expliqué pas à pas
- Si vous optez pour la LAMal : ce que cela change
- Se faire soigner des deux côtés de la frontière
- Accident, perte de gain et chômage : ne pas oublier les autres couvertures
- Famille et enfants du frontalier
- Subsides et réduction des primes
- Assurances complémentaires : ce qui vaut la peine d'être examiné
- Retraite et fin d'activité en Suisse
- Changer d'assureur ou de modèle : le calendrier
- Les pièges à éviter avant de signer ou de résilier
- Check-list du frontalier avant toute décision
- En cas de litige avec un assureur
- Questions fréquentes
L'assurance maladie du frontalier suisse est l'un des sujets où les règles se croisent le plus : vous gagnez votre vie dans un pays, vous dormez dans un autre, et vos soins peuvent être dispensés des deux côtés de la frontière. Beaucoup de lecteurs reçoivent des informations contradictoires, parce que chaque conseil vaut pour un pays de résidence précis et pas pour un autre. Ce guide pose d'abord le cadre juridique, puis détaille les cas pays par pays, le droit d'option, les soins, la famille, les subsides, les assurances complémentaires et la retraite. Il s'agit d'une information générale : votre cas dépend de votre domicile, de votre permis, de votre employeur et de la composition de votre foyer.
Le cadre juridique en bref : trois questions à poser dans l'ordre
Pour savoir comment vous êtes assuré, il faut répondre à trois questions successives. Où êtes-vous domicilié ? Quel régime les accords entre la Suisse et votre pays de résidence vous attribuent-ils ? Et, si une option existe, l'avez-vous exercée ? Tant que l'on ne connaît pas la première réponse, toute comparaison de caisses ou de contrats est prématurée.
Ce schéma résume la logique : les accords bilatéraux ne choisissent pas un assureur à votre place, ils répartissent les compétences entre les systèmes. C'est ensuite le pays de résidence, et parfois votre choix formel, qui désigne le régime applicable.
Qui doit s'assurer, et dans quel système ?
La règle de base pour les personnes domiciliées en Suisse
Selon la LAMal (art. 3 al. 1), toute personne domiciliée en Suisse doit s'assurer pour les soins en cas de maladie. Cette obligation vise le domicile, pas le lieu de travail. Un frontalier, par définition, n'habite pas en Suisse : l'obligation générale ne s'applique donc pas à lui de la même manière qu'à un résident.
Ce que prévoit la réglementation pour les frontaliers
L'ordonnance d'application de la loi (art. 3 al. 1) prévoit que les frontaliers qui ne sont pas tenus de s'assurer au titre des catégories visées à l'art. 1 al. 2 let. d à e, et qui exercent une activité lucrative en Suisse, ainsi que leur famille, sont soumis à l'assurance suisse sur requête de leur part. Une condition limite cette possibilité : ils ne doivent pas exercer à l'étranger une activité qui implique l'assujettissement à une assurance maladie obligatoire.
Dit simplement : pour certains frontaliers, rejoindre la LAMal est une faculté qui s'exerce sur demande. Pour d'autres, le système du pays de résidence s'impose, ou la loi suisse s'applique sans qu'un choix soit offert. Tout dépend de la combinaison entre votre pays de résidence et votre situation d'emploi, c'est pourquoi le chapitre suivant sépare les cas.
Obligatoire ou facultatif : la distinction à garder en tête
L'assurance de base, qu'il s'agisse de la LAMal ou du régime du pays de résidence, relève de la loi. Les assurances complémentaires (hospitalisation, dentaire, médecines alternatives), régies par la LCA, relèvent du contrat : on les souscrit librement, sous réserve de l'acceptation de l'assureur. Un frontalier qui confond les deux niveaux risque de croire qu'il est couvert pour une chambre privée ou des soins dentaires alors qu'il n'a que la couverture de base.
Les cas par pays de résidence
Chaque pays voisin a son propre système de santé et ses propres arrangements avec la Suisse. Les lignes ci-dessous ne se transposent pas d'un pays à l'autre.
| Critère | Résident en France | Résident en Italie | Résident en Allemagne ou en Autriche |
|---|---|---|---|
| Question de départ | Droit d'option entre LAMal et système français | Vérifier la règle applicable selon la région et le statut | Vérifier la règle applicable selon l'employeur et le statut |
| Choix formel à exercer | Oui, auprès du service cantonal | Selon le cas | Selon le cas |
| Effet d'un choix | Irrévocable selon la page cantonale genevoise | À confirmer par l'autorité compétente | À confirmer par l'autorité compétente |
| Soins en Suisse | Possibles si LAMal | Selon le régime retenu | Selon le régime retenu |
| Point de vigilance | Tout est lié à l'option exercée | Les règles régionales peuvent différer | Les caisses étrangères ont leurs propres conditions |
Frontalier résidant en France
C'est le cas le plus fréquent en Suisse romande, notamment à Genève, dans le canton de Vaud et dans l'Arc jurassien. Le frontalier domicilié en France et travaillant en Suisse dispose d'un droit d'option : il choisit entre l'assurance suisse (LAMal) et un régime relevant de la France. La page officielle du canton de Genève rappelle que ce choix, une fois effectué, est irrévocable et qu'il doit être exercé formellement auprès du service cantonal compétent (le service de l'assurance-maladie à Genève). Cette page date de 2017 et ne donne pas de délai actuel : il faut donc interroger le service cantonal avant de se fier à un délai lu sur un forum. Le chapitre suivant détaille le mécanisme, et un article dédié approfondit le droit d'option du frontalier.
Pour comparer concrètement les deux voies, notre page sur la CMU ou la LAMal pour un frontalier présente les critères de décision, et celle sur le formulaire S1 explique à quoi sert ce document dans les cas où il intervient.
Frontalier résidant en Italie
Le frontalier italien relève d'un cadre propre, qui n'est pas le copier-coller de l'option française. Selon la région de résidence et le type d'activité, la couverture peut être assurée par le système italien ou par l'assurance suisse. Les modalités de cette articulation étant techniques et évolutives, la seule méthode fiable consiste à demander à l'autorité compétente la règle applicable à votre profil, puis à conserver la réponse écrite. Ne reprenez pas telles quelles les informations qui circulent pour les frontaliers français.
Frontalier résidant en Allemagne ou en Autriche
Pour les résidents de ces deux pays, l'organisation est encore distincte : les caisses d'assurance maladie locales ont leurs propres conditions d'affiliation, qui s'ajoutent aux règles de coordination. Là encore, la question décisive est celle du régime que les accords vous attribuent, et non celle du tarif d'une caisse. En cas de doute, le service cantonal suisse chargé de l'assurance maladie et l'institution du pays de résidence sont les deux interlocuteurs à solliciter, dans cet ordre.
Autres situations proches
Les travailleurs détachés à l'étranger forment un cas à part. Selon la réglementation, ceux dont l'employeur a son domicile ou son siège en Suisse, et qui étaient obligatoirement assurés en Suisse immédiatement avant le détachement, restent soumis à l'assurance obligatoire suisse. Cette assurance est prolongée de deux ans et, sur requête, jusqu'à six ans en tout. Cette règle concerne le détachement et ne doit pas être confondue avec la situation du frontalier au sens habituel du terme.
Le droit d'option expliqué pas à pas
Le droit d'option est la décision la plus lourde de conséquences que prend un frontalier résidant en France. Voici la logique, sans la déformer.
Pourquoi l'option existe
Le frontalier cotise à la sécurité sociale suisse par son travail, mais il vit et se fait soigner en bonne partie dans un autre pays. Plutôt que d'imposer un régime unique, la coordination laisse un choix formel dans certains cas. Le frontalier qui opte pour la LAMal paie des primes suisses et obtient les prestations de l'assurance obligatoire des soins. Celui qui retient le système de son pays de résidence reste dans ce dispositif local.
Comment l'exercer
Le choix s'exerce par une démarche écrite et formelle, auprès du service cantonal compétent. À Genève, il s'agit du service de l'assurance-maladie. Un simple appel à une caisse ou à un employeur ne vaut pas exercice du droit d'option. Conservez une copie de votre déclaration et l'accusé de réception.
Irrévocable : ce que cela implique
D'après la page officielle du canton de Genève, le choix est irrévocable une fois effectué. Concrètement, une décision prise sous la pression d'un démarchage, ou sur la seule base d'une prime comparée à la hâte, peut se révéler difficile à corriger. Avant de signer, vérifiez auprès du service cantonal ce que l'irrévocabilité signifie pour votre cas précis : fin de l'activité en Suisse, changement de pays de résidence, changement de situation familiale. Cette réserve est volontairement prudente, car la source consultée est ancienne et ne détaille pas les exceptions.
Les erreurs fréquentes
- Choisir sur la base d'une prime mensuelle sans regarder le panier de soins ni la manière dont les frais sont avancés.
- Oublier que le choix concerne aussi la famille, selon la situation des proches.
- Exercer l'option trop tard ou auprès d'un interlocuteur non compétent.
- Croire qu'un courtier peut défaire le choix à votre place.
Si vous optez pour la LAMal : ce que cela change
Ce que couvre l'assurance de base
La LAMal régit l'assurance maladie sociale (art. 1a al. 1), qui comprend l'assurance obligatoire des soins et une assurance facultative d'indemnités journalières. L'assurance obligatoire rembourse les prestations définies par la loi, selon des règles identiques pour tous les assurés : les différences d'un assureur à l'autre portent sur la prime, le service et les modèles proposés, pas sur le contenu légal de la couverture de base. La couverture des accidents entre aussi en jeu : l'assurance maladie sociale alloue des prestations en cas d'accident dans la mesure où aucune assurance accidents n'en assume la prise en charge (art. 1a al. 2 let. b).
Modèles d'assurance : une limite pour les frontaliers
Beaucoup de lecteurs découvrent avec surprise que les modèles alternatifs (médecin de famille, télémédecine, pharmacie en premier recours) ne leur sont pas ouverts. L'Office fédéral de la santé publique indique que les assurés domiciliés dans un État de l'UE ou de l'AELE, ou au Royaume-Uni, ne peuvent pas choisir une forme particulière d'assurance ; le cas de la franchise à option n'est pas précisé sur la page consultée. Les modèles de choix limité listés par l'OFSP sont notamment PRAXIS (médecin de famille), TEL_DIG (consultation téléphonique ou numérique), FLEX et PHARM (pharmacie en premier recours). Pour comprendre ce que ces modèles font changer chez un résident, consultez notre page sur les modèles d'assurance maladie, en gardant à l'esprit que le frontalier n'y a pas accès.
Autre précision du même site : l'assurance avec bonus ne se combine pas avec une franchise à option. Ce point technique mérite d'être vérifié avant toute souscription.
La franchise et la quote-part
Comme pour les résidents, l'assurance de base comporte une franchise et une quote-part. Le montant de la franchise et les options disponibles pour un frontalier doivent être confirmés auprès de l'assureur ou de l'office compétent, puisque la possibilité de choisir une franchise à option n'est pas précisée dans la source officielle consultée. Notre page sur le guide des frontaliers à Genève et Vaud rassemble les spécificités romandes.
Se faire soigner des deux côtés de la frontière
Le frontalier a souvent son médecin de famille d'un côté, et ses consultations de spécialiste ou ses examens de l'autre. La question pratique n'est pas de savoir où l'on peut être soigné, mais qui paie et comment la facture circule.
Soins dans le pays de résidence
Le frontalier qui a retenu le système de son pays de résidence se fait soigner chez lui selon les règles locales. S'il a opté pour la LAMal, ses soins dans son pays de résidence sont, en principe, pris en charge selon les règles de coordination, ce qui suppose des formalités entre caisses. Un document d'attestation, parfois le formulaire S1 dans les cas qui l'exigent, permet à l'institution du pays de résidence de savoir qui supporte la dépense.
Soins en Suisse
Un frontalier affilié à la LAMal se fait soigner en Suisse comme un assuré résident, avec les règles de facturation du pays. Se pose alors la question de l'avance des frais : notre page sur le tiers garant ou tiers payant explique qui avance le montant de la facture selon le mode de remboursement. Pour les hospitalisations, l'assuré doit tenir compte du canton où se situe l'établissement et de la liste des hôpitaux reconnus.
Un exemple fictif
Exemple : un frontalier domicilié près de la frontière genevoise travaille à Genève et consulte un médecin dans sa commune de résidence pour ses soins courants, puis un spécialiste à Genève pour une intervention programmée. Avant l'intervention, il demande à son assureur si un accord préalable est nécessaire et comment la facture sera présentée. Cette précaution, simple, évite le piège le plus courant : une facture adressée au mauvais organisme et un remboursement retardé.
Urgences et séjours en dehors des deux pays
En cas de soins imprévus lors d'un déplacement dans un autre pays, la couverture dépend du régime d'affiliation et de la carte attestant les droits. Notre guide général sur les frais médicaux à l'étranger pose les repères, mais il vaut mieux savoir avant de partir quelle carte emporter.
Accident, perte de gain et chômage : ne pas oublier les autres couvertures
L'assurance maladie n'est qu'une partie du dispositif. Un frontalier salarié en Suisse est en principe couvert contre les accidents professionnels par l'assurance accidents obligatoire de son employeur, régie par la LAA. La couverture des accidents non professionnels dépend de l'activité. Lorsque la personne quitte son emploi ou cesse d'être assurée contre les accidents non professionnels, l'employeur doit l'informer par écrit qu'elle doit le signaler à son assureur maladie ; la même obligation incombe à l'assurance chômage à l'expiration du droit aux prestations sans nouvel emploi (art. 10 al. 1). Le piège est ici de laisser une lacune de couverture sans s'en apercevoir. Pour approfondir, consultez notre guide de l'assurance accidents.
La perte de gain en cas de maladie ne figure pas dans l'assurance de base de soins : l'assurance d'indemnités journalières est facultative dans la loi, mais l'employeur peut avoir conclu une couverture collective. Demandez à votre employeur ce qui est prévu, puisque ce point conditionne votre revenu en cas d'arrêt de travail prolongé.
Famille et enfants du frontalier
La famille suit la logique du pays de résidence et du choix exercé. La réglementation prévoit que les frontaliers soumis à l'assurance suisse sur requête, ainsi que leur famille, relèvent de cette assurance. En pratique, cela signifie que le choix du frontalier a des effets sur le conjoint et les enfants, selon leur situation propre : activité professionnelle du conjoint dans le pays de résidence, affiliation de l'un ou l'autre à un autre régime, âge des enfants.
Exemple : un couple avec deux enfants, domicilié en France, dont un parent travaille à Lausanne tandis que l'autre travaille dans son pays de résidence. La situation du second parent peut impliquer une affiliation obligatoire locale, ce qui empêche d'assurer toute la famille sous un seul régime. Il faut donc examiner chaque membre du foyer, et pas seulement le frontalier.
Les allocations familiales relèvent d'un autre régime. Les indépendants obligatoirement assurés à l'AVS à ce titre ont droit aux allocations familiales, réglées par le régime du canton visé par la loi (art. 13 al. 3). Pour les personnes sans activité lucrative, le droit n'est accordé que si le revenu imposable est égal ou inférieur à une fois et demie le montant d'une rente de vieillesse complète maximale de l'AVS et qu'aucune prestation complémentaire AVS/AI n'est perçue (art. 19 al. 4). Ces règles se vérifient auprès de la caisse d'allocations compétente.
Subsides et réduction des primes
Les cantons accordent aussi une réduction des primes aux frontaliers de condition économique modeste résidant dans un État membre de l'UE, en Islande, en Norvège ou au Royaume-Uni, ainsi qu'aux membres de leur famille (art. 65a let. a de la LAMal). Cette réduction concerne les frontaliers affiliés à la LAMal ; elle n'a pas de sens pour celui qui a retenu un régime étranger.
Chaque canton fixe ses propres règles de calcul, mais la loi fédérale impose un plancher au budget global : le montant annuel total accordé par un canton doit correspondre au moins à un pourcentage des coûts bruts de l'assurance obligatoire des soins, qui s'élève à 3,5 % si les primes représentent moins de 11 % du revenu et à 7,5 % si elles en représentent 18,5 % ou plus, avec une progression linéaire entre les deux (art. 65 al. 1quater). Ce chiffre concerne l'enveloppe cantonale, pas ce que touche une personne.
Le canton de Genève propose une demande de subside d'assurance maladie spécifique aux frontaliers de l'UE, de l'AELE et du Royaume-Uni. Pour les résidents genevois, le subside est en principe accordé automatiquement selon le revenu et la situation familiale, sans demande, mais certaines catégories de personnes doivent déposer une demande. Un frontalier ne doit pas supposer que l'automatisme joue pour lui : vérifiez-le. Notre page sur les subsides à l'assurance maladie détaille le fonctionnement en Suisse romande.
Assurances complémentaires : ce qui vaut la peine d'être examiné
L'assurance de base couvre l'essentiel, pas le confort ni tous les soins. Les assurances complémentaires, régies par la LCA, comblent certains écarts : hospitalisation en division semi-privée ou privée, soins dentaires, médecines alternatives, lunettes, séjours de cure. Elles sont facultatives et se concluent avec un questionnaire de santé, ce qui permet à l'assureur d'émettre des réserves ou de refuser.
Les questions propres au frontalier
- Où se déroulent les soins ? Un contrat conçu pour des prestataires suisses peut limiter la prise en charge à l'étranger, ou imposer des conditions pour les établissements du pays de résidence.
- Quel est le lien avec le choix de base ? Selon le régime retenu pour l'assurance de base, la complémentaire peut être plus ou moins utile ou compatible. Vérifiez-le avant de signer.
- Que couvre l'hospitalisation ? Les différences portent sur la liberté de choix de l'établissement, du médecin et la catégorie de chambre.
- Que dit le contrat sur la résiliation ? Les conditions générales fixent la durée et les échéances : lisez-les avant, pas après.
Le démarchage et les intermédiaires
Les frontaliers sont fréquemment démarchés. Dans l'assurance maladie complémentaire, les assureurs peuvent conclure un accord réglementant notamment le démarchage téléphonique, la formation des intermédiaires, la limitation de leur rémunération et les procès-verbaux des entretiens de conseil ; le Conseil fédéral peut lui donner force obligatoire générale à la demande d'entreprises encaissant au moins 66 % des primes (art. 31a al. 1 et 2). Pour le lecteur, la conséquence est simple : exigez un procès-verbal de l'entretien de conseil, ne signez pas sous pression et prenez le temps de comparer. Notre page sur les assurances complémentaires vous aide à distinguer l'utile du superflu.
Retraite et fin d'activité en Suisse
Le frontalier qui cesse de travailler en Suisse, qu'il parte à la retraite, perde son emploi ou change d'employeur dans son pays de résidence, voit son rattachement évoluer. Plusieurs scénarios se présentent.
- Retraite sans autre activité : le lien avec le régime suisse, notamment celui découlant du travail, s'interrompt. La couverture maladie dépend alors du pays de résidence et de la règle applicable aux anciens frontaliers. Anticipez cette étape bien avant la date du départ.
- Perte d'emploi en Suisse : l'assurance chômage et la couverture accident posent des questions de transition, comme on l'a vu plus haut avec l'information par écrit exigée de l'employeur.
- Déménagement en Suisse : si vous devenez domicilié en Suisse, l'obligation générale de s'assurer en LAMal s'applique à vous, avec des délais à respecter pour la nouvelle affiliation.
- Retour dans le pays d'origine : informez l'assureur et les services compétents.
Pour la prévoyance proprement dite (AVS, caisse de pension, pilier 3a), consultez notre page sur la prévoyance du frontalier en Suisse et en France. La santé et la retraite sont deux dossiers distincts, mais ils se décident souvent en même temps.
Changer d'assureur ou de modèle : le calendrier
Si vous êtes affilié à la LAMal, le changement d'assureur suit le calendrier annuel. Les assureurs doivent communiquer les primes 2027 aux assurés jusqu'à fin octobre 2026, et le changement d'assureur ou de modèle est possible jusqu'à fin novembre 2026. Le communiqué officiel ne détaille pas la règle de réception de la lettre de résiliation : vérifiez avec votre assureur à quelle date la lettre doit lui parvenir, et envoyez-la sous une forme qui laisse une preuve. Retenez que le droit d'option est un autre sujet, distinct du changement de caisse : changer de caisse n'efface pas un choix de régime déjà exercé.
Les pièges à éviter avant de signer ou de résilier
- Décider sur la seule base de la prime du premier mois, sans comparer les prestations, les modes de remboursement et la facilité des démarches.
- Signer un contrat complémentaire dans la foulée d'un appel de démarchage.
- Ne pas conserver la preuve de la déclaration d'option ni de l'envoi d'une résiliation.
- Oublier la couverture accident lors d'un changement d'emploi.
- Négliger la situation du conjoint et des enfants.
- Penser que « frontalier » désigne un statut unique : les règles dépendent du pays de résidence.
Check-list du frontalier avant toute décision
- Identifier avec certitude le pays de résidence et le permis
- Vérifier si un droit d'option existe pour votre cas
- Demander par écrit au service cantonal la règle applicable et le délai actuel
- Examiner la situation de chaque membre de la famille
- Se renseigner sur la couverture accident et la perte de gain via l'employeur
- Comparer les assurances complémentaires seulement après avoir réglé la base
- Conserver les accusés de réception et les procès-verbaux d'entretien
En cas de litige avec un assureur
Un désaccord sur un remboursement peut d'abord se régler par la réclamation écrite auprès de l'assureur. Sachez que l'assurance maladie sociale relève de l'Ombudsman de l'assurance maladie, alors que l'Ombudsman de l'assurance privée et de la Suva se déclare hors compétence pour l'assurance maladie et pour la plupart des questions de prévoyance professionnelle. Pour une complémentaire relevant de la LCA, le recours à l'ombudsman de l'assurance privée est possible. Notre page sur l'ombudsman des assurances explique l'orientation selon la nature du litige.
Questions fréquentes
Un frontalier est-il obligé de s'assurer en Suisse ?
Cela dépend de son pays de résidence. L'obligation générale de la LAMal vise les personnes domiciliées en Suisse. Pour un frontalier, la réglementation prévoit que certains d'entre eux sont soumis à l'assurance suisse sur requête, à condition de ne pas exercer à l'étranger une activité qui implique l'affiliation à une assurance maladie obligatoire. Pour d'autres, c'est le régime du pays de résidence qui s'applique. La première étape est donc de faire confirmer votre situation.
Le choix entre LAMal et système du pays de résidence est-il définitif ?
Pour les frontaliers domiciliés en France et travaillant en Suisse, la page du canton de Genève indique que le choix, une fois effectué, est irrévocable. Cette page date de 2017 et ne donne pas de délai actuel. Avant de décider, demandez au service cantonal ce qui s'applique à votre cas aujourd'hui et gardez une trace de sa réponse.
Puis-je choisir un modèle médecin de famille ou télémédecine comme frontalier ?
L'Office fédéral de la santé publique indique que les assurés domiciliés dans un État de l'UE ou de l'AELE, ou au Royaume-Uni, ne peuvent pas choisir une forme particulière d'assurance. La situation de la franchise à option n'est pas précisée sur la page consultée : renseignez-vous auprès de l'assureur.
Mon conjoint et mes enfants sont-ils assurés avec moi ?
Pas automatiquement. La réglementation mentionne la famille du frontalier soumis à l'assurance suisse sur requête, mais chaque membre du foyer peut avoir une situation particulière, par exemple une activité dans le pays de résidence qui impose une affiliation locale. Il faut examiner chaque personne séparément.
Ai-je droit à un subside si je suis frontalier ?
La loi prévoit que les cantons accordent une réduction des primes aux frontaliers de condition économique modeste résidant dans un État membre de l'UE, en Islande, en Norvège ou au Royaume-Uni, ainsi qu'à leur famille. Genève propose une demande spécifique pour ces frontaliers. Les conditions de revenu sont cantonales : vérifiez-les auprès du canton où vous travaillez.
Une assurance complémentaire est-elle nécessaire ?
Non, elle est facultative. Elle peut être utile selon vos besoins : hospitalisation, soins dentaires, médecines alternatives. Avant de souscrire, vérifiez si elle couvre les soins dans votre pays de résidence, comment elle s'articule avec votre assurance de base et quelles sont ses conditions de résiliation. Notre FAQ des frontaliers répond à d'autres questions pratiques.
Que se passe-t-il si je perds mon emploi en Suisse ?
Votre rattachement peut changer. L'employeur, ou l'assurance chômage à l'expiration du droit aux prestations, doit vous informer par écrit de l'obligation de signaler la fin de la couverture accident à votre assureur maladie. Pour le reste, la couverture maladie dépend de votre régime et de votre pays de résidence.
Sources
- Loi fédérale sur l'assurance-maladie (LAMal) : obligation de s'assurer — Fedlex
- LAMal : obligation d'assurance, couverture accident, libre choix — Fedlex
- LAMal : suspension de la couverture des accidents — Fedlex
- LAMal : réduction des primes — Fedlex
- LAMal : réduction des primes pour les frontaliers — Fedlex
- Ordonnance sur l'assurance-maladie : frontaliers, étudiants et exceptions (art. 3) — Fedlex
- Ordonnance sur l'assurance-maladie : travailleurs détachés (art. 4) — Fedlex
- Loi sur le contrat d'assurance : obligations d'information et rémunération des intermédiaires — Fedlex
- Loi sur les allocations familiales : droit des indépendants — Fedlex
- Loi sur les allocations familiales : personnes sans activité lucrative — Fedlex
- Frontaliers (permis G) : exercice du droit d'option — Canton de Genève
- Demander un subside d'assurance maladie, frontalier UE/AELE/UK — Canton de Genève
- Informations générales sur le subside d'assurance maladie — Canton de Genève
- Formes particulières d'assurance : frontaliers et résidents UE/AELE/UK — OFSP
- Modèles alternatifs, rabais, bonus — Priminfo
- Primes moyennes 2027 de l'assurance maladie — admin.ch
- Ombudsman de l'assurance privée et de la Suva
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