Dans cette page
- En bref : les repères officiels
- Le principe : une assurance de base pour les urgences
- Le plafond du double du tarif suisse, expliqué
- En Europe : la carte européenne d'assurance maladie
- Hors UE, AELE et Royaume-Uni : l'urgence, le plafond et le pourcentage
- Hospitalisation d'urgence à l'étranger : le plafond de 90 %
- Tableau récapitulatif : qui rembourse quoi selon la destination
- Médicaments, moyens auxiliaires et transports
- Se faire soigner à l'étranger par choix : le traitement planifié
- Études, séjours linguistiques et expatriation
- Ce que la LAMal ne rembourse pas à l'étranger
- Combler l'écart : la complémentaire voyage
- Trois situations, trois réponses (exemples fictifs)
- Avant de partir : la checklist
- Les erreurs fréquentes
- Questions fréquentes
Vous partez en vacances, en voyage d'affaires ou en séjour d'études et vous vous demandez ce que couvre la LAMal à l'étranger. La réponse courte : l'assurance obligatoire des soins vous protège en cas d'urgence, mais elle n'a pas été conçue comme une assurance voyage. Elle rembourse selon des règles qui dépendent de la destination, avec un plafond lié aux tarifs suisses, et elle laisse de côté plusieurs frais qui peuvent peser lourd sur un budget : rapatriement, annulation, soins non urgents, frais qui dépassent le plafond.
Ce guide reprend le sujet de bout en bout : le principe, la différence entre l'Europe et le reste du monde, le plafond du double du tarif suisse, l'hospitalisation, les médicaments, les soins dentaires, les frais qui restent à votre charge et la manière de combler l'écart.
En bref : les repères officiels
90 % maximum
Remboursement maximal d'une hospitalisation d'urgence à l'étranger, par rapport à ce qu'aurait coûté le traitement en Suisse
Source: LAMal à l'étranger : séjour temporaire
la moitié des frais, jusqu'à concurrence de 500 francs par an
Transports médicalement nécessaires, plafond annuel de l'assurance obligatoire des soins
Source: Transport, sauvetage et rapatriement
15 CHF par jour
Contribution aux frais de séjour hospitalier
Source: Franchises, quote-part, contribution hospitalière
En résumé :
- la LAMal reste applicable lors d'un séjour temporaire à l'étranger, mais elle ne rembourse que ce qui est médicalement nécessaire et urgent ;
- le remboursement d'un traitement d'urgence est plafonné « jusqu'à concurrence du double du montant qui aurait été payé si le traitement avait eu lieu en Suisse » ;
- en cas d'hospitalisation d'urgence, l'assureur prend en charge au maximum 90 % de ce qu'aurait coûté le traitement en Suisse ;
- dans l'UE, l'AELE et au Royaume-Uni, la carte européenne d'assurance maladie (CEAM) ouvre l'accès aux soins aux conditions du pays d'accueil ;
- ce qui dépasse ces règles se règle par une assurance voyage, souvent appelée complémentaire voyage.
Le principe : une assurance de base pour les urgences
La LAMal, c'est l'assurance obligatoire des soins : toute personne domiciliée en Suisse doit s'assurer pour les soins en cas de maladie (art. 3 al. 1). Cette obligation ne s'éteint pas à la frontière lors d'un voyage. Votre contrat reste en vigueur, vos primes continuent d'être dues et votre franchise ainsi que votre quote-part s'appliquent comme en Suisse. Pour comprendre le mécanisme général, voyez notre guide sur la LAMal : obligation, prestations et modèles.
Mais le périmètre change dès que vous êtes à l'étranger. Pour un séjour temporaire, la logique de l'OFSP est celle de l'urgence : si une maladie ou un accident survient et que vous ne pouvez pas, pour des raisons médicales, rentrer en Suisse, le traitement est pris en charge. Tout ce qui peut attendre votre retour relève en principe de la Suisse, pas du pays de séjour.
Deux idées structurent donc tout le sujet :
- le caractère urgent du traitement, apprécié médicalement ;
- le plafond lié aux tarifs suisses, qui ne tient pas compte des prix réellement facturés sur place.
C'est ce second point qui surprend le plus. Un hôpital étranger facture selon ses propres tarifs, et la LAMal rembourse en référence à ce qu'aurait coûté le même traitement chez vous.
Le plafond du double du tarif suisse, expliqué
Pour un traitement d'urgence à l'étranger, la règle publiée par l'OFSP fixe un remboursement « jusqu'à concurrence du double du montant qui aurait été payé si le traitement avait eu lieu en Suisse ». Concrètement, l'assureur calcule d'abord ce que la prestation aurait donné lieu à rembourser en Suisse, puis accepte de payer jusqu'au double de ce montant.
Pour visualiser, voici un exemple purement théorique, qui n'est pas une facture réelle : si un traitement d'urgence valait une unité de référence au tarif suisse, le plafond de remboursement à l'étranger serait de deux unités. Si la facture étrangère dépasse ces deux unités, la différence reste à votre charge. Si elle est inférieure, vous êtes remboursé sur la base de la facture, sous réserve de la franchise et de la quote-part.
Le graphique ci-dessous ne peut montrer que des montants officiels sourcés ; il présente donc deux autres repères chiffrés de la LAMal qui interviennent souvent dans un séjour à l'étranger : la contribution hospitalière journalière et le plafond annuel des transports.
Une précision importante : le plafond du double n'est pas une promesse de remboursement. C'est une limite supérieure. La LAMal ne rembourse que ce qui est couvert par l'assurance de base, et seulement pour des prestations qu'elle prend en charge en Suisse. Une prestation exclue chez vous reste exclue ailleurs.
En Europe : la carte européenne d'assurance maladie
Dans l'UE, l'AELE et au Royaume-Uni, le régime est plus favorable grâce à la carte européenne d'assurance maladie. Avec la CEAM, sont couvertes les prestations en nature médicalement nécessaires en cas de maladie, d'accident ou de maternité. « En nature » signifie que vous êtes soigné aux conditions d'un assuré du pays : vous présentez la carte au médecin ou à l'hôpital conventionné, et vous vous faites soigner comme les habitants du pays, en payant la part qui reste à leur charge.
Le catalogue des prestations dépend du pays d'accueil. C'est une différence essentielle avec la LAMal suisse : dans un pays, certains soins sont gratuits ou presque, dans un autre l'assuré local avance une partie des frais, et vous êtes traité de la même manière. Il n'existe donc pas de règle unique à l'échelle européenne : votre couverture est celle du système de santé local.
Notre fiche sur la carte européenne d'assurance maladie détaille la manière de l'obtenir et de l'utiliser. Retenez trois réflexes :
- demandez-la à votre assureur avant le départ, pas le jour de l'urgence ;
- présentez-la dès le premier contact avec un prestataire de soins du système public ou conventionné ;
- conservez factures, ordonnances et justificatifs de paiement, car certaines dépenses vous sont facturées sur place et se réclament à votre retour.
Attention : la CEAM n'est pas une assurance voyage. Elle ne couvre ni le rapatriement, ni les soins dans une clinique privée non conventionnée, ni l'annulation d'un séjour. Un soin que vous choisissez de faire à l'étranger sans urgence n'entre pas non plus dans son champ.
Et dans l'autre sens : les visiteurs en Suisse
Le mécanisme fonctionne symétriquement. Les personnes affiliées à un système légal d'assurance maladie d'un État de l'UE ou de l'AELE, ou du Royaume-Uni, peuvent se faire soigner en Suisse pendant un séjour temporaire avec leur propre CEAM. Les touristes d'autres pays doivent veiller à être suffisamment assurés : une assurance voyage couvrant les soins médicaux est recommandée. Si vous accueillez des proches venus de l'étranger, notre page sur l'assurance des visiteurs et le visa Schengen vous explique ce qui s'applique.
Hors UE, AELE et Royaume-Uni : l'urgence, le plafond et le pourcentage
Pour une destination hors UE, AELE et Royaume-Uni (par exemple les États-Unis ou le Canada), il n'y a pas de CEAM. La règle OFSP applicable est l'urgence, avec le plafond du double du tarif suisse. Sont prises en charge les « traitements effectués d'urgence (maladie ou accident ne permettant pas, pour des raisons médicales, un retour en Suisse) ».
Voilà ce que cela signifie sur le terrain. Si vous êtes hospitalisé d'urgence aux États-Unis, l'hôpital vous facture selon ses tarifs, sans rapport avec ceux de la Suisse. Votre assureur calcule ce que le même traitement aurait donné en Suisse, puis rembourse au plus le double de ce montant. Dans plusieurs pays hors Europe, les prix médicaux sont sensiblement plus élevés qu'en Suisse : l'écart entre la facture et le plafond peut alors rester à votre charge sans que personne n'ait commis d'erreur.
Pour les assurés qui vivent à l'étranger en séjour temporaire hors de cet espace, les autres prestations médicales fournies à l'étranger ne sont en principe pas couvertes par l'assurance de base. Autrement dit : en dehors de l'urgence, pas de prise en charge.
Notre page sur l'assurance voyage en Suisse montre comment compléter un tel dispositif pour une destination lointaine.
Hospitalisation d'urgence à l'étranger : le plafond de 90 %
L'hospitalisation obéit à une règle supplémentaire. En cas d'hospitalisation d'urgence à l'étranger, « l'assureur doit prendre en charge au maximum 90 % de ce qu'aurait coûté ce traitement s'il avait eu lieu en Suisse ». La règle OFSP applicable hors UE, AELE et Royaume-Uni combine donc deux limites :
- le plafond du double du tarif suisse ;
- le plafond de 90 % pour l'hospitalisation.
Le mot « maximum » compte. Le pourcentage n'est pas un taux garanti : c'est une limite. Dans la pratique, votre remboursement dépend de la facture, de la prestation prise en charge, de votre franchise annuelle et de la quote-part. Pour la mécanique de la participation aux coûts, voyez la page sur la franchise LAMal et celle sur la quote-part.
À cela s'ajoute la contribution légale de CHF 15 par jour d'hospitalisation. Les enfants, les jeunes adultes de moins de 25 ans en formation et les femmes pour les prestations de maternité en sont exemptés. Vérifiez auprès de votre assureur comment cette contribution est appliquée lors d'un séjour hospitalier hors de Suisse, car les modalités dépendent du dossier.
Un point souvent oublié : l'accord préalable et l'avance
Dans un hôpital étranger, il est fréquent qu'on vous demande une avance ou une garantie de paiement avant d'accepter le patient, surtout hors d'Europe. La LAMal ne verse pas cette avance. Une assurance voyage avec centrale d'assistance peut intervenir directement auprès de l'établissement, ce que ne fait pas l'assurance de base. C'est l'un des arguments majeurs en faveur d'une couverture complémentaire pour un séjour lointain.
Tableau récapitulatif : qui rembourse quoi selon la destination
Le tableau compare les deux grandes situations. Il décrit les règles générales : votre dossier individuel peut s'en écarter.
| Critère | UE, AELE, Royaume-Uni (avec CEAM) | Hors UE, AELE, Royaume-Uni |
|---|---|---|
| Logique de prise en charge | Prestations en nature nécessaires, aux conditions du pays d'accueil | Traitement d'urgence uniquement |
| Document utile | Carte européenne d'assurance maladie | Aucune carte équivalente |
| Plafond de référence | Catalogue et tarifs du pays d'accueil | Au plus le double du tarif suisse |
| Hospitalisation d'urgence | Selon les règles du pays d'accueil | Au maximum 90 % du coût suisse |
| Soins non urgents | Selon le pays, si médicalement nécessaires | Non couverts en principe |
| Avance de frais | Parfois demandée sur place | Souvent demandée, à votre charge |
| Rapatriement sanitaire | Non couvert par la CEAM | Non couvert par l'assurance de base |
Médicaments, moyens auxiliaires et transports
Médicaments et moyens auxiliaires
Les médicaments et les moyens auxiliaires ne sont remboursés que s'ils étaient nécessaires pour traiter une maladie pendant le séjour temporaire à l'étranger. Un stock de médicaments emporté pour des vacances de longue durée, ou l'achat d'un appareil pour confort, ne passe pas. Pour votre traitement habituel, prévoyez la quantité nécessaire avant le départ et gardez l'ordonnance : voyez aussi notre page sur les moyens auxiliaires et appareils de la LAMal.
Transports, sauvetage et rapatriement
Les transports médicalement nécessaires sont couverts par l'assurance obligatoire des soins à hauteur de la moitié des frais, jusqu'à concurrence de 500 francs par an. Ce plafond est faible comparé à la réalité d'un rapatriement sanitaire en avion médicalisé ou d'une évacuation en montagne à l'étranger. C'est précisément le trou que comble une assurance voyage avec assistance : notre page sur le rapatriement sanitaire explique qui paie et comment être assuré.
Soins dentaires
Les soins dentaires ne sont pris en charge par la LAMal que dans des cas limités : lorsqu'ils sont occasionnés par une maladie grave et non évitable du système de la mastication, par une autre maladie grave ou ses séquelles, ou lorsqu'ils sont nécessaires pour traiter une maladie grave ou ses séquelles (art. 31 al. 1). Les lésions du système de la mastication causées par un accident sont aussi prises en charge.
À l'étranger, la règle est la même, avec les contraintes de l'urgence. Une carie, un détartrage, une couronne ou un appareil ne deviennent pas remboursables parce que vous les faites ailleurs. Une rage de dents à l'autre bout du monde reste donc, dans la plupart des cas, à votre charge. Notre page sur les soins dentaires à l'étranger détaille les cas particuliers, y compris le « tourisme dentaire ».
Se faire soigner à l'étranger par choix : le traitement planifié
Tout ce qui précède vaut pour l'urgence. Partir à l'étranger pour se faire soigner est un cas différent : un traitement planifié n'est possible que dans des situations particulières, par exemple lorsque le traitement n'existe pas en Suisse ou que les délais sont trop longs. Le médecin traitant adresse alors une demande motivée, et l'assureur décide après consultation de son service de médecins-conseils.
Sans accord préalable, ne partez pas en comptant sur un remboursement : un traitement programmé à l'étranger sans autorisation expose à un refus de prise en charge, même si le prix est inférieur à celui de la Suisse. Pour une comparaison des prestations en Suisse même, voyez notre page sur l'hospitalisation hors canton.
Études, séjours linguistiques et expatriation
Étudiants et séjours linguistiques
Dans l'UE, l'AELE ou au Royaume-Uni, les étudiants restent couverts par la LAMal à condition de ne pas exercer d'activité rémunérée parallèle ; ils obtiennent les mêmes prestations que les assurés du pays, sur présentation de la CEAM. Hors de cet espace, les étudiants restent soumis à la LAMal. Une exemption peut être demandée à l'autorité cantonale compétente si une assurance locale obligatoire crée une double couverture et qu'une protection équivalente existe pour les soins en Suisse. Le détail se trouve dans notre page sur l'assurance d'un séjour linguistique.
Détachés, fonctionnaires et départ durable
Pour les détachés et les fonctionnaires, la couverture à l'étranger s'effectue sur la base des tarifs et prix applicables à leur dernier lieu de résidence en Suisse. Pour les personnes qui s'installent hors UE, AELE et Royaume-Uni, les assureurs peuvent proposer des contrats privés : cette couverture est facultative et hors LAMal. Si votre projet est un départ plus long, consultez notre page sur la protection d'un Suisse partant à l'étranger.
Ce que la LAMal ne rembourse pas à l'étranger
La liste des frais qui restent à votre charge est plus longue que ce que l'on imagine :
- la différence entre la facture étrangère et le plafond du double du tarif suisse ;
- la part dépassant le pourcentage maximal en cas d'hospitalisation ;
- l'avance de frais et les frais bancaires de change ;
- le rapatriement sanitaire, au-delà du plafond de transport rappelé plus haut ;
- les soins non urgents, qui peuvent attendre le retour en Suisse ;
- la plupart des soins dentaires ;
- l'annulation ou l'interruption du voyage, les bagages, les frais de recherche et de sauvetage non médicalisés ;
- les frais d'accompagnement d'un proche, de prolongation de séjour à l'hôtel ou de retour anticipé.
Aucun de ces postes n'est une exception exotique : un accident de ski à l'étranger, une appendicite pendant un séjour hors d'Europe ou un genou blessé en randonnée suffisent à les cumuler.
Combler l'écart : la complémentaire voyage
Une assurance voyage (ou complémentaire voyage) est une assurance privée, relevant de la LCA, donc facultative et définie par le contrat. Elle n'est pas fixée par la loi comme la LAMal : ses garanties dépendent des conditions générales de chaque assureur. Les éléments à contrôler sont les suivants :
| Élément du contrat | Pourquoi il compte |
|---|---|
| Frais médicaux à l'étranger | Prennent en charge la part que la LAMal ne rembourse pas |
| Plafond de la garantie | Doit rester cohérent avec le coût possible d'une hospitalisation dans le pays visité |
| Assistance et rapatriement | Organisation et paiement d'un retour sanitaire |
| Avance de frais | Intervention directe auprès de l'hôpital |
| Exclusions | Sports à risque, maladies préexistantes, certaines destinations |
| Durée maximale du séjour | Un séjour long peut sortir du cadre de la couverture |
| Annulation | Garantie distincte, à choisir selon le voyage |
Plusieurs pistes méritent un examen avant d'acheter : vérifier ce que votre assurance complémentaire santé comprend déjà (certaines formules contiennent une garantie à l'étranger), ce que propose votre carte de crédit, et ce que couvre une assistance d'automobile-club. Mais ne supposez rien : demandez les conditions écrites. Notre guide Comparer des assurances : méthode et critères donne une grille de lecture utile, et la page sur l'assurance annulation de voyage traite l'autre risque majeur d'un séjour.
Nous ne publions aucune prime : pour connaître les offres adaptées à votre profil, le formulaire de comparaison gratuite permet d'obtenir une analyse individuelle.
Trois situations, trois réponses (exemples fictifs)
Une famille en Italie. Une famille de Lausanne passe l'été dans un pays de l'UE. L'un des enfants se blesse à la plage. Munie des cartes européennes, la famille se rend dans une structure conventionnée et est soignée aux conditions des assurés du pays. Le jour du départ, elle réclame les justificatifs. Si elle avait choisi une clinique privée non conventionnée, la logique de la CEAM ne se serait pas appliquée.
Un voyageur aux États-Unis. Un frontalier qui travaille à Genève et réside en Suisse part trois semaines à l'ouest américain. Une pneumonie nécessite une hospitalisation d'urgence. L'hôpital facture selon ses tarifs. L'assureur calcule le coût suisse équivalent, applique le plafond du double et la limite de 90 % en cas d'hospitalisation. L'écart avec la facture reste à sa charge, sauf assurance voyage. Pour un frontalier, la question du statut d'assuré est à vérifier avec soin : voyez notre guide de l'assurance maladie du frontalier.
Une étudiante en séjour linguistique. Une étudiante part dans un pays de l'AELE sans activité rémunérée. Elle reste couverte par la LAMal, avec la CEAM, comme une assurée locale. Elle ajoute une assurance voyage pour le rapatriement et les bagages, que la CEAM ne comprend pas.
Avant de partir : la checklist
- Vérifier que la carte européenne d'assurance maladie de chaque voyageur est valable
- Contrôler ce que votre complémentaire santé prévoit à l'étranger
- Comparer les garanties d'une assurance voyage : frais médicaux, assistance, rapatriement
- Emporter les ordonnances et la liste de vos médicaments
- Noter le numéro d'assistance de votre assureur dans votre téléphone et sur papier
- Prévoir un moyen de paiement pour une éventuelle avance de frais
- Conserver toutes les factures, quittances et rapports médicaux
- Annoncer le sinistre dès que possible, selon les conditions de votre contrat
Notre page Avant de partir en vacances : la checklist reprend ces points avec les démarches administratives.
Les erreurs fréquentes
- Croire que la LAMal couvre tout partout. Elle couvre l'urgence, avec des plafonds, pas le confort ni le rapatriement.
- Confondre CEAM et assurance voyage. La carte ouvre l'accès aux soins du système local, elle ne finance pas un retour en avion médicalisé.
- Partir sans carte. En Europe, l'oubli force parfois à avancer la totalité des frais.
- Ne pas garder les justificatifs. Sans facture détaillée, le remboursement est compromis.
- Choisir un traitement à l'étranger sans accord préalable. Le traitement planifié suppose une demande motivée.
- Sous-estimer le coût de certains pays. Le plafond se calcule sur les tarifs suisses, pas sur les prix locaux.
- Attendre le retour pour déclarer. Une urgence suppose souvent de contacter l'assistance tout de suite.
Si un litige apparaît avec votre assureur, vous pouvez vous appuyer sur nos pages relatives aux droits de l'assuré et à la déclaration d'un sinistre.
Questions fréquentes
La LAMal rembourse-t-elle les soins à l'étranger ?
Oui, mais de manière limitée. Lors d'un séjour temporaire, l'assurance de base couvre les traitements d'urgence, c'est-à-dire lorsqu'une maladie ou un accident ne permet pas, pour des raisons médicales, un retour en Suisse. Le remboursement est plafonné et dépend de la destination. Les soins qui peuvent attendre votre retour ne sont en principe pas couverts.
Quel est le plafond de remboursement à l'étranger ?
Pour un traitement d'urgence, l'assureur rembourse au plus le double du montant qui aurait été payé si le traitement avait eu lieu en Suisse. En cas d'hospitalisation d'urgence, la prise en charge atteint au maximum 90 % de ce qu'aurait coûté le traitement en Suisse. La différence avec la facture reste à votre charge.
La carte européenne d'assurance maladie suffit-elle pour voyager ?
Elle suffit pour accéder aux soins médicalement nécessaires dans l'UE, l'AELE et au Royaume-Uni, aux conditions du pays d'accueil. Elle ne couvre pas le rapatriement, l'annulation, les bagages ni les soins dans un établissement privé non conventionné. Pour ces risques, il faut une assurance voyage.
Mes soins dentaires à l'étranger sont-ils remboursés ?
Rarement. La LAMal ne prend en charge les soins dentaires que dans des cas particuliers : maladie grave du système de la mastication, autre maladie grave ou ses séquelles, ou lésion causée par un accident. Une douleur dentaire ordinaire ne rentre pas dans ce cadre, en Suisse comme à l'étranger.
Puis-je me faire opérer à l'étranger avec la prise en charge de la LAMal ?
Seulement dans des cas particuliers, par exemple si le traitement n'existe pas en Suisse ou si les délais sont trop longs. Votre médecin adresse une demande motivée et l'assureur décide après avis de son service de médecins-conseils. Sans accord préalable, ne comptez pas sur un remboursement.
Les médicaments achetés à l'étranger sont-ils remboursés ?
Les médicaments et les moyens auxiliaires ne sont remboursés que s'ils étaient nécessaires pour traiter une maladie pendant le séjour temporaire. Un achat de confort ou de prévention n'est pas pris en charge. Gardez l'ordonnance et la facture.
Le rapatriement sanitaire est-il couvert par la LAMal ?
Seulement très partiellement : les transports médicalement nécessaires sont couverts pour la moitié des frais, jusqu'à concurrence de 500 francs par an. Un rapatriement médicalisé coûte en général bien plus, d'où l'intérêt d'une assurance voyage avec assistance.
Faut-il une assurance voyage en plus de la LAMal ?
Ce n'est pas une obligation légale, c'est un choix. Il dépend de la destination, de la durée, de votre état de santé et de ce que votre complémentaire santé prévoit déjà. Pour un séjour hors d'Europe, un séjour long ou une activité à risque, la couverture de base est souvent insuffisante. Une analyse individuelle permet de situer le bon niveau.
Sources
- LAMal à l'étranger : séjour temporaire — OFSP
- LAMal à l'étranger : assurés vivant à l'étranger — OFSP
- Séjour linguistique et études à l'étranger — OFSP
- Transport, sauvetage et rapatriement — OFSP
- Franchises, quote-part, contribution hospitalière — OFSP
- Visa Schengen : assurance des touristes en Suisse — OFSP
- Départ de Suisse, expatriés, Suisses de l'étranger — OFSP
- Loi fédérale sur l'assurance-maladie (LAMal) — Fedlex
- LAMal, art. 31 : prestations — Fedlex
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