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Libre choix de l'avocat en protection juridique : ce que dit la loi

Pouvez-vous choisir votre avocat quand l'assureur de protection juridique intervient ? En principe oui, dès que le sinistre est couvert. Voici le cadre, les exceptions et la marche à suivre.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre d’assurance.

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Dans cette page
  1. Ce que prévoit la loi
  2. Selon la procédure : le choix en un coup d'œil
  3. Procédure judiciaire : le cas le plus clair
  4. Procédure administrative et démarches hors procédure
  5. Honoraires : ce qui est pris en charge
  6. Les exceptions et situations particulières
  7. Comment faire valoir ce droit
  8. En cas de désaccord avec l'assureur
  9. Questions fréquentes

Le libre choix de l'avocat en protection juridique est un droit que la loi accorde à l'assuré : dès que votre contrat vous permet de réclamer l'intervention de l'assureur, vous pouvez confier la défense de vos intérêts à un avocat indépendant que vous choisissez vous-même. Ce principe connaît toutefois des nuances : il dépend du type de procédure, de la façon dont l'assureur est organisé et des conditions de votre contrat.

Ce que prévoit la loi

Une entreprise d'assurance qui offre la protection juridique en même temps d'autres branches doit choisir entre deux solutions. Soit elle confie le règlement des sinistres de protection juridique à une entreprise juridiquement distincte, soit elle accorde aux assurés le droit de confier leur défense à un avocat indépendant de leur choix (art. 32 al. 1).

Concrètement, cela signifie que le libre choix n'est pas une faveur commerciale. C'est l'une des deux garanties d'indépendance voulues par le législateur, pour éviter qu'un assureur qui pourrait être aussi la partie adverse d'un autre assuré ne conduise lui-même votre dossier.

Ce droit naît dès que vous êtes en droit de réclamer l'intervention de l'assureur au titre du contrat. Il peut aussi s'exercer en faveur d'une autre personne, pour autant qu'elle ait les qualifications exigées par la loi de procédure et que celle-ci le permette.

Pour le détail de ce que le contrat couvre ou exclut, voyez ce que couvre la protection juridique et le guide général sur l'assurance protection juridique.

Selon la procédure : le choix en un coup d'œil

La liberté de choix ne se vit pas de la même manière devant un tribunal, devant une administration ou en dehors de toute procédure. Le schéma ci-dessous résume les grandes situations ; votre contrat peut prévoir des variantes.

Choix de l'avocat selon le type de procédureUne procédure est-elle ouverte devant un tribunal ouune autorité ?OuiS'agit-il d'une procédure judiciaire(tribunal civil ou pénal) ?OuiLe sinistre est-il couvert par votrecontrat ?OuiVous choisissez votre avocat, pourautant qu'il soit autorisé à plaiderselon la loi de procédure.NonLe choix reste libre, mais leshonoraires ne sont pas pris en chargepar l'assureur.NonLa procédure est-elle administrative(autorité, recours) ?OuiLe libre choix s'applique en principe; vérifiez que votre contrat couvre cetype de litige.NonDemandez à l'assureur comment iltraite ce type de procédure.NonL'assureur propose-t-il d'abord une démarcheamiable par ses juristes ?OuiVous pouvez accepter cette phase, puischoisir un avocat si une procéduredevient nécessaire.NonInformez l'assureur de votre souhaitavant de mandater, pour savoir ce quisera pris en charge.
Choix de l'avocat selon le type de procédure

Procédure judiciaire : le cas le plus clair

Quand l'affaire arrive devant un tribunal, le droit de choisir son avocat est le plus net. C'est l'hypothèse que vise la loi : défendre vos intérêts en justice par un mandataire de confiance, sans que l'assureur impose son interlocuteur.

Deux limites à garder en tête. D'abord, l'avocat doit être habilité à représenter les parties selon la loi de procédure applicable. Ensuite, le mandat n'est pris en charge que si le litige entre dans le champ du contrat : un sinistre exclu reste exclu, même avec l'avocat de votre choix. L'article délai de carence en protection juridique explique pourquoi un litige déjà né avant la signature n'ouvre en général pas ce droit.

Phase de conciliation

Avant d'aller au tribunal, la conciliation est obligatoire dans les cas prévus par la loi (art. 197 ss CPC). Certaines conciliations sont gratuites, notamment pour les litiges de consommation. Votre avocat peut vous accompagner, mais à Genève, devant les prud'hommes, les parties doivent comparaître personnellement à l'audience de conciliation, avec des exceptions limitées (domicile hors du canton, maladie, âge). Elles peuvent ensuite se faire représenter.

Procédure administrative et démarches hors procédure

En matière administrative (recours contre une décision d'autorité, par exemple), le principe reste que vous pouvez mandater l'avocat de votre choix, à condition que votre contrat couvre ce type de litige. Les contrats distinguent souvent les domaines : circulation, bail et logement, travail ou encore santé et patient.

Hors procédure, c'est-à-dire pour une simple négociation ou un avis juridique, la situation dépend des conditions générales. Beaucoup d'assureurs commencent par une prise en charge interne ou par un partenaire juridique. La loi ne vous oblige pas à vous contenter de cette étape lorsqu'une défense plus poussée s'impose, mais la manière dont les frais préalables sont traités se lit dans votre contrat.

Honoraires : ce qui est pris en charge

Choisir son avocat ne signifie pas que tout est remboursé sans limite. Les montants maximaux, la franchise éventuelle et les prestations incluses sont fixés par votre contrat. Le plus sûr est de demander à l'assureur, avant le mandat, ce qu'il prend en charge et selon quelles modalités. Notre page sur les plafonds et franchise en protection juridique montre comment lire ces clauses.

À distinguer de l'avocat de l'assureur : certains contrats prévoient que le règlement du sinistre est confié à une entité juridiquement distincte. Dans ce cas, c'est cette structure qui gère le dossier, mais le principe d'indépendance demeure.

Les exceptions et situations particulières

Assistance judiciaire

Sans assurance, ou lorsque celle-ci ne couvre pas, l'assistance judiciaire peut jouer. Elle bénéficie à la personne qui n'a pas de ressources suffisantes et dont la cause n'apparaît pas dépourvue de toute chance de succès (art. 117 CPC). Elle comprend l'exonération d'avances et de sûretés, l'exonération des frais judiciaires et, lorsque c'est nécessaire, la commission d'office d'un conseil juridique (art. 118 CPC).

Attention : à Genève, quand l'aide est accordée, un avocat est désigné d'office. Le choix initial n'est donc pas libre dans ce cadre. C'est une différence importante avec la protection juridique privée.

Litiges de travail

Certains litiges liés au contrat de travail sont sans frais judiciaires lorsque la valeur litigieuse est inférieure à 30 000 francs, ce qui se retrouve notamment dans le canton de Vaud. Cela allège les frais, mais ne supprime pas la question des honoraires d'avocat.

Comment faire valoir ce droit

  • Annoncer le litige à l'assureur par écrit dès qu'il apparaît, avant tout mandat
  • Vérifier que le cas entre dans la couverture de votre contrat
  • Indiquer le nom de l'avocat choisi et demander une confirmation de prise en charge
  • Demander quels honoraires et quels frais seront couverts
  • Conserver toute la correspondance et les pièces du dossier
  • Signaler votre désaccord par écrit si l'assureur refuse votre choix sans motif clair

Exemple : un locataire établi à Lausanne, en conflit avec son bailleur sur une résiliation, annonce d'abord le cas à son assureur, puis lui communique le nom de l'avocat qu'il a consulté. L'assureur confirme la prise en charge selon les conditions du contrat, et le locataire mandate cet avocat.

En cas de désaccord avec l'assureur

Si l'assureur et vous divergez sur les mesures à prendre pour régler le sinistre, une procédure particulière est prévue : le Conseil fédéral fixe les règles du contrat de protection juridique, notamment celle applicable en cas de divergence (art. 32 al. 2). Relisez la clause correspondante dans vos conditions.

L'ombudsman de l'assurance peut aussi être saisi gratuitement. Un point important : il ne traite pas un cas dans lequel un spécialiste, assureur de protection juridique ou avocat, a déjà été mandaté. Mieux vaut donc le contacter avant de mandater si vous contestez la position de l'assureur.

Questions fréquentes

L'assureur peut-il m'imposer son avocat ?

En principe non : si l'assureur gère lui-même les sinistres de protection juridique, la loi vous donne le droit de confier votre défense à un avocat indépendant de votre choix. L'autre voie légale est que l'assureur confie ces dossiers à une entité juridiquement distincte.

Puis-je choisir un avocat hors de mon canton ?

La loi de procédure détermine qui peut représenter une partie. Si l'avocat est habilité à plaider devant l'autorité concernée, rien n'empêche de le choisir. Le contrat peut cependant limiter la prise en charge de certains frais, par exemple de déplacement.

Le libre choix s'applique-t-il à une procédure administrative ?

En principe oui, pour autant que votre contrat couvre ce type de litige. Les conditions générales précisent souvent quels domaines sont inclus.

L'assureur doit-il rembourser tous les honoraires de mon avocat ?

Non. La prise en charge dépend du contrat : plafonds, franchise, prestations incluses. Demandez une confirmation écrite avant de mandater.

Que se passe-t-il si je bénéficie de l'assistance judiciaire ?

Dans ce cadre, un avocat est commis d'office. À Genève, le choix initial n'est pas libre quand l'aide est accordée.

Puis-je saisir l'ombudsman si l'assureur refuse mon avocat ?

Oui, la procédure est gratuite, mais l'ombudsman ne traite pas un cas dans lequel un avocat ou un assureur de protection juridique a déjà été mandaté. Agissez donc avant le mandat.

Sources

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